Meditation Samedi 17 Octobre 2009

Frères et sœurs en Christ, chers amis,

Dieu ne se contente pas de la foi intérieure, il en demande la confession extérieure et publique, et nous invite à une plus grande confiance et à un total abandon à son Esprit-Saint qui fera de nous un instrument nécessaire de témoignage. Notre effort à nous est de confesser toujours et partout que Jésus est Seigneur et de croire en notre cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, et nous serons sauvés. La récompense de ce témoignage au Christ devant les hommes est le témoignage que le Christ nous rendra devant les anges. Qu’y aura-t-il de plus glorieux que de voir le Fils unique, le Verbe de Dieu, rendant témoignage au jour du jugement, et donnant dans son amour une récompense sensible au témoignage qui lui a été rendu sur la terre, à l’âme qu’il aura jugée digne de cette récompense ?

Nous sommes donc invités à revoir nos manières de renier le Christ (schisme, hérésie ou apostasie) et nos manières de le confesser. Si certains le renient aux approches des persécutions en abjurant la foi, d’autres par contre font profession de connaître Dieu, mais le renoncent par leurs actions. Et s’il y a plusieurs manières de renier Jésus-Christ, il est évident qu’il y a autant de manières de le confesser ou plus, et celui qui aura confessé le Sauveur de ces différentes manières, entendra cette voix si consolante de Jésus-Christ, lui rendre un glorieux témoignage. Ce n’est pas par notre propre force que nous le confessons, mais avec sa grâce même, sa force même, l’Esprit-Saint qui fait de nous des témoins véritables de la cause du Christ.

Et l’on se rend coupable du blasphème contre l’Esprit Saint, quand après avoir reçu ce divin Esprit par le baptême, on retourne s’éterniser dans ses anciens péchés, alors que l’Esprit-Saint est comme le sceau des âmes arrivées à la perfection. On pèche contre l’Esprit-Saint quand on attribue aux démons les œuvres de la divinité. Celui qui attribue au démon les œuvres de l’Esprit Saint, ne peut espérer de pardon ni en ce monde ni en l’autre, non pas que Dieu soit incapable de lui pardonner s’il pouvait se repentir, mais parce qu’il lui est presque impossible après tel blasphème, non seulement d’obtenir son pardon, mais de faire de dignes fruits de pénitence. L’incrédulité est déjà un péché ; à plus forte raison, se mettre encore à raisonner pour justifier son incrédulité, ne serait-ce pas pécher contre l’Esprit-Saint ? Qu’en est-il de ceux-là qui nient l’existence de la divinité de l’Esprit saint ? Agissent-ils par ignorance naturelle ? Ou sont-ils animés par le même principe d’envie diabolique qui animait les principaux d’entre les Juifs ? Mais quel est ce blasphème irrémissible contre l’Esprit Saint ?

Frères et sœurs en Christ, le premier bienfait dont nous sommes redevables à l’Esprit Saint, c’est la rémission des péchés, c’est contre ce don purement gratuit que blasphème le cœur impénitent ; l’impénitence est donc le blasphème contre l’Esprit saint, qui ne sera remis ni en ce monde ni en l’autre, parce que c’est la pénitence seule qui obtient en cette vie la rémission des péchés dont nous devons recueillir les fruits en l’autre. Nous avons donc à cultiver une crainte salutaire et à nous préparer à résister généreusement par une vie déterminée de témoins à ceux qui s’écartent de la vraie foi. La forme et le fond de notre témoignage nous sont assurés par l’Esprit-Saint qui habite les âmes bien disposées pour les instruire. Lorsque nous sommes conduits devant les tribunaux pour la cause de Jésus-Christ, nous devons nous contenter de lui offrir notre bonne volonté, pour le reste, la grâce du Saint-Esprit nous assistera dans nos réponses.. Donc nous ne pouvons rendre raison de l’espérance qui est en nous sans la grâce de l’Esprit-Saint (1 P 3, 13). Nous avons à espérer contre toute espérance. Abraham demeure notre modèle en cela (1ère lecture). Nous croyons en Jésus, non pour adopter une spiritualité privée ou un code moral (du genre moi je suis chrétien, même si je ne pratique pas, même si je ne mets pieds à l’Eglise que lors du mariage ou de la messe d’enterrement d’un proche). Je suis chrétien parce que je crois au Christ et j’appartiens à la communauté de ceux qu’il a appelés à le suivre. Selon un vieil adage latin, Unus christianus, nullus christianus (un chrétien isolé n’est pas un chrétien). Témoigner, ce n’est donc pas enfouir sa tête dans le sable. Daigne l’Esprit-Saint purifier notre témoignage et le débarrasser de tout ce qui pourrait assombrir le visage du Christ, vrai Dieu et vrai Homme.

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 17 octobre 2009.

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