Méditation : Mardi 6 Octobre 2009

Frères et soeurs en Christ, chers amis,
Hier, nous méditions sur la notion du "prochain" et aujourd’hui nous sommes invités à choisir la meilleure part, comme Jonas qui revient en lui-même et qui obéit à l’ordre de Dieu en allant vers les Ninivites, et comme Marie qui se fait "prochain" de Jésus en s’asseyant à ses pieds et en savourant les paroles du divin Maître. Marie a choisi la meilleure part et elle ne lui sera pas enlevée.
Tout est parti de l’nquiétude de Marthe, maîtresse de maison, qui s’affaire à accueillir Jésus et sa suite, et qui, débordée et doublement choquée par l’attitude paresseuse de Marie et le silence de Jésus face à ce comportement, interpelle ce dernier de la sorte : "Seignuer, cela ne te dit-il rien ? Ma soeur me laisse seule à faire le service, dis-lui de m’aider"
Une tradition oppose certes Marthe et Marie, l’une considérée comme active et l’autre comme contemplative. En respect de cette tradition qui a formé beaucoup de mystiques, nous voyons dans ces deux attitudes, des attitudes complémentaires avec cette particularité que toute action ou toute activité doit partir de la contemplation et revenir à la contemplation. Marthe a tout de même vu sa soeur écouter la parole de Jésus. Or pour tout bon Juif, l’écoute passe d’abord et de ce que l’on entend, naît la foi. Le "sh’ma Israël"« Écoute Israël » implique un engagement de toute la personne et la communauté dans l’écoute, une disponibilité intérieure en lien avec le divin et une capacité à l’obéissance. Et c’est là qu’est Marie, écoutant, alors que Marthe était dans les soucis de la cuisine et de l’accueil, chose honorable, mais pas primordiale. Tandis que Marthe s’affairait à donner à manger au corps de Jésus, Jésus donne à manger à l’âme de Marie la plus suave des nourritures : "l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu".
Où en sommes-nous, nous autres, par rapport à nos inquiétudes ? Nous sommes inquiets de ce que les gens pensent de nous, alors que nous pensons le bien. Nous sommes inquiets de ce que les gens racontent ou raconteront sur nous, et nous nous replions sur nous-mêmes. Nous sommes inquiets de l’avenir, nous sommes inquiets de l’évolution de nos enfants, de notre propre évolution, de notre vocation de prêtres, laïcs, religieuses ou religieux, de notre situation matrimoniale alors que l’âge avance et nous attendons toujours le prince charmant ou la princesse charmante avec qui nos vivrons en couple. L’essentiel pour nous, c’est de ne pas être inquiets, mais de choisir la meiilleure part qui ne s’enlève pas. Où mettons-nous notre meilleure part ? Ne doit-elle pas être dans la recherche constante et permanente de la volonté de Dieu en tout et pour tout, avant quelque décision bonne à prendre ? Notre meilleure part, n’est-elle pas de vivre simplement pour le Bien ? Notre meilleure part, n’est-elle pas de penser constamment le bien de l’autre ? Notre meilleure part, n’est -elle pas de dire constamment du bien de l’autre ? Dis-moi ta meilleure part et je te dirai si tu es ami(e) de Marthe servante ou de Marie écoutant ou même de Jésus enseignant. La meilleure part, c’est "d’aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa force, de tout son esprit et d’aimer son prochain comme soi-même"

Abbé Hermann NADOHOU

Publié le 6 octobre 2009.

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