(Année liturgique 2010–2011 : A)
Première Lecture : Genèse 12.1–9
Psaume : Psaume 33.12–13, 18–20, 22
Évangile : Matthieu 7.1–5
Mes frères et sœurs,
L’évangile de ce jour nous parle de la paille et la poutre. En fait, très habituellement ceux qui se considèrent comme le parti des bons, ou le groupe des convertis, jugent et critiquent ceux qui sont de l’autre bord. C’est là une forme d’orgueil que les auteurs spirituels appellent le “défaut des commençants”. Elle est tellement inscrite dans la nature humaine que bien des “justes” de la Bible exprimaient leur réprobation des “pécheurs” qui n’observent pas la loi de Dieu. Et la nouvelle loi nous dit au contraire de ne pas nous croire supérieurs ou nous faire juges de ceux qui vont — ou que Dieu mène, par un chemin différent du nôtre.
Ne jugez pas. Nous devons juger dans le sens de distinguer entre le bien et le mal autour de nous. Même si c’est un facteur de réussite que de ne jamais mécontenter personne, il faudra avoir le courage de dire à d’autres ce qu’ils font de mal. Mais ici juger a le sens de condamner. Jésus nous révèle l’unité profonde de tous et de tout en Dieu. Dès que nous barrons le passage à la miséricorde, nous nous laissons retomber du monde de Dieu, et c’est nous qui la perdons. Autrement, nous devons tout quitter, comme le souligne la 1ère lecture de ce jour, pour le pays radieux que Dieu nous propose : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père pour le pays que je te montrerai ».
Que l’Esprit nous y aide.
In Christo,
Père Adelphe Tadagbé ADAMBADJI