30ème semaine du temps ordinaire ‘’C’’
Réf. : Eph. 5,21-33 ; Ps. 127,1-5 ; Lc 13,18-21.
« Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ».
Bien aimés du Seigneur, bonjour !
C’était le jeudi 14 Octobre 2010 dernier que j’écoutais le journal parlé de 6h30 sur l’O.R.T.B. Dans la partie magasine de ce journal parlé, il était question de la polygamie et de la monogamie. Et le commentateur expliquait que l’autre nom de la polygamie est la polygynie quand c’est le cas d’un homme qui a plusieurs femmes et la polyandrie quand c’est le cas d’une femme qui a plusieurs hommes. Et pour finir, le journaliste précisait que la polygamie est passée d’un fait à un phénomène. Ce phénomène est celui d’une polygamie qui ne dit pas son nom, car l’homme se présente avec une seule femme mais avec « n maîtresses » en cachette et donc non déclarées (plusieurs bureaux dirions-nous). Ce phénomène coure les rues au point où tout se passe comme si la moralité avait déserté le forum de notre civilisation.
Et pourtant, la liturgie de ce jour nous propose en 1ère lecture un texte fondateur du mariage chrétien où St Paul use de toute sa verve littéraire pour mettre en lumière le sens unique du mariage dans lequel l’union entre l’homme et le femme est semblable à celle qui existe entre le Christ et son Eglise : « vous les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Eglise, il s’est livré pour elle ; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du Baptême et la parle de vie ». En effet, comme le note le Catéchisme de l’Eglise Catholique, ‘’ la vocation au mariage est inscrite dans la nature même de l’homme et de la femme, tels qu’ils sont issus de la main du Créateur. Le mariage n’est pas une institution purement humaine malgré les variations nombreuses qu’il a pu subir au cours des siècles, dans les différentes cultures, structures sociales et attitudes spirituelles’’. (C.E.C. N° 1603). S’inspirant d’une telle affirmation, on conçoit que le texte de ce jour est un élément fédérateur des différentes figures que peut prendre le mariage malgré son unique valeur. C’est une institution divine qui trouve sa force dans le fait qu’elle soit voulue par Dieu. En ces années qui passent, on se rend compte au jour le jour que ce sacrement perd de son sens et de son ampleur, car l’homme comme la femme s’inscrivent irrésistiblement sur la page du libertinage existentiel qui fait appel à ce que Paul RICŒUR désigne par « le recul du sens ». Ceci doit être repensé pour que le mariage chrétien (puisque c’est ce qui nous concerne pour l’heure) retrouve ses lettres de noblesse. Car, c’est Dieu qui a créé l’homme et la femme et c’est encore lui qui veut les unir dans un même amour mutuel et dans une unité de vie et de chair. C’est à la lumière d’une telle vie que l’engagement réciproque et les responsabilités de la famille nucléaire seront observés dans le sens d’une vie ordonnée à la volonté de l’auteur de la vie et ouverte à l’universel. C’est pourquoi St Paul préconise le respect mutuel autant que l’amour fidèle entre les époux, gage d’une vraie paix pour la sauvegarde de la famille qu’elle soit nucléaire ou même simplement chrétienne. Si donc, le mariage a cette valeur que l’homme et la femme doivent reconquérir aujourd’hui, c’est parce qu’il n’y a pas d’union plus intime que celle des époux. C’est pour cette raison précisément que Dieu l’a fondée pour nous faire comprendre à quelle profondeur, il veut nous faire partager sa vie. Inversement, les époux doivent prendre pour modèle l’amour qui unit le Christ à son Eglise. Ils trouveront alors dans leur vie conjugale, une source de progrès spirituel.
Malgré les avatars du temps, cette institution divine demeure fondamentale et doit aujourd’hui plus que jamais subjuguer notre jeunesse chrétienne qui pour une large part cherche et trouve sa liesse amoureuse dans la dépravation des mœurs, dans les films érotiques surtout avec le phénomène ambiant du ‘’Worosso’’ selon lequel on danse avec une nudité affichée du sexe dans les boîtes de nuit. Les repères de dignité et de mémoire sont ainsi perdus. Le prestige de l’Afrique d’être le berceau de l’humanité est –il encore évident ? C’est un échec à l’amour dans tous ses sens et cela nous interpelle tous. Et nous devons chercher à retrouver cette dignité première qui fonde notre identité intérieure selon les mots de Bruno FORTE
Sur un plan plus évolué, Jésus identifie le Règne de Dieu à l’action d’un homme qui jette une graine de moutarde dans son jardin ou à celle d’une femme qui enfouit du levain dans trois grandes mesures de farine. Action d’un seul homme, action d’une seule femme. Quelle belle image ! Dans l’un comme dans l’autre cas, les résultats ont été concluants. Cela me donne comme idée que les bonnes actions de l’homme et celles de la femme les unissent pour la cause du bien et pour le mieux être de l’unité de vie qui appelle à la radicalité du choix à faire pour se retrouver dans l’amitié de Dieu pour avoir part à son règne source d’amour, d’humilité, de fidélité et de paix.
Que le Seigneur nous y aide. AMEN !
P. Maxime AHOMAGNON