Mardi 19 Octobre 2010

Mardi de la 29ème semaine du temps ordinaire ‘’C’’
Réf. : Ep. 2, 12-22 ; Ps 84, 9-14 ; Lc. 12, 35-38.
« Des deux, Israël et les païens, il a fait un seul peuple ; par sa chair crucifié, il a fait tomber … le mur de la haine ».

Bien aimés du Seigneur, bonjour !
Nous sommes en plein 21ème siècle et pourtant, le sistre de l’histoire du monde est encore scandé par des divisions raciales, politiques, tribales, économiques et même religieuses. Alors me vient à l’esprit une série de questions : L’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ a-t-il pu changer concrètement quelque chose dans les cœurs des hommes du point de vue de la mentalité depuis les premiers siècles après Jésus-Christ ? Les querelles de personnes ou les guerres de leadership ont –elles fait avancer d’un pouce le changement des cœurs tant souhaité par le Christ qui a ouvert les portes du salut à tout le genre humain sans distinction de race ou de religion ? La crise Israélo-palestinienne au sujet des terres connaîtra –elle un dénouement pacifiste dans les mois qui viennent ? le débat sur de telles préoccupations me paraît loin de connaitre son épilogue. Est-ce le Christ qui n’a pas accompli sa mission ou est-ce l’Homme qui ne veut pas faire le pas vers la lumière de la vérité de la paix que Dieu donne au monde par son Fils Jésus ?
Quoiqu’il en soit, l’événement Christ dont nous rappelons la Mort et la Résurrection dans le chant de l’anamnèse à Chaque Eucharistie souligne fort bien que le christ a belle et bien accompli sa mission rédemptrice en annonçant à tous les hommes et les femmes de son temps la Bonne Nouvelle du Salut et en accomplissant le sacrifice suprême et réconciliateur de la Croix pour offrir à Dieu son Père, un peuple chèrement acquis par le Sang de sa Croix. Ainsi l’unité du peuple de Dieu est consacrée et c’est pourquoi avant sa Passion, dans sa longue prière sacerdotale, le Christ a adressé au Père Saint la prière de l’unité de ses disciples et de tous les hommes qui accueilleront son message de paix et d’amour. Et si malgré tout cela l’unité des hommes souffre toujours d’une grande précarité, c’est à cause de cette obstination humaine à ne pas prêter flan ou adhérer à ce programme de paix et d’amour que le Christ donne au monde. Car la haine abyssale et les problèmes endogènes liés aux guerres et aux artifices du monde font patiner cette unité qui du reste est consommée pour Dieu. La question raciale est aussi cause de cette désunion qui frappe de plein fouet et qui bat de son plein dans le concert des nations. Pour preuve, évoquons la question de l’Apartheid en Afrique du Sud au sujet duquel Winnie MANDELA dénonçait ceci : « Il y avait une différenciation au regard de tous les aspects de la vie (…) Les Noirs n’étaient pas autorisés à travailler dans certains secteurs. En fait, les lois du pays étaient conçues de manière à ne pas permettre aux Noirs d’accéder à des postes de responsabilité. Tout devait être séparé en quatre selon la couleur de la peau » (in Ma part de vérité, P. 61).
C’est en raison de ce motif de race et d’autres du genre que, dans la première lecture de ce jour, St Paul avise les Ephésiens en leur adressant cette lettre de rappel historique lié à l’événement Jésus-Christ : « Frères, souvenez-vous qu’au temps où vous étiez païens, vous n’aviez pas de Messie à attendre (…) Vous étiez étrangers aux alliances et à la promesse… Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C’est Lui le Christ qui est notre paix ». c’est en Jésus en effet que tombe le voile de la haine et que s’estompent les prescriptions juridiques qui oppriment l’homme plutôt que de le relever dans son intégralité. L’actualité du monde que nous suivons sur les chaines radio et télévision ne dit pas le contraire de cette réalité de la précarité de la paix, menacée aujourd’hui surtout par les questions de liberté, de justice, de démocratie, etc. C’est cette paix portant menacée que notre monde a besoin surtout que la division en toute chose devient vecteur de la fissure de l’édifice humain et social perclus des mots comme la violence, la méchanceté gratuite, le manque de pardon, la haine, les empiètements injustifiés, la corruption ; autant de maux qui barrent la route à la compétence dans les affaires et à la vérité dans les relations. C’est là pour nous chrétiens du 21ème siècle, une mission qui doit nous rappeler le souvenir de notre baptême et les enjeux qui lui sont liés propres.
Cela requiert un grand effort de réalisme et de conviction et surtout de vigilance pour ne pas battre en brèche le sens ultime de l’existence humaine : aimer l’autre et se reconnaître avec lui, citoyen de la même patrie, le Ciel, car notre pèlerinage connaîtra un jour son épilogue et qu’est-ce qui nous restera si nous avons passé notre existence à tout diviser ? C’est par ce moyen que prendra forme la véracité de notre vie de foi et d’amour au cœur de la quelle le seigneur souhaite venir nous voir en toute disponibilité offerte. Je pense avec le pape Benoît XVI, au Cardinal O’Connor qui a fondé à New York un congrégation religieuse pour soigner les malades du Sida et qui a consacré une journée par semaine à ce travail. Je pense aussi à cette Mère Teresa et à sa communauté de sœurs. Heureusement qu’il y ace témoignage de foi vécu de manière radicale qui est d’une efficacité certaine et preuve tangible du mérite que le maître reconnaîtra à son retour « heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ». L’unité passe aussi par là et cela nous incombe quelque soit notre rang social ou notre statut professionnel. Que le Seigneur nous aide à avoir nos lampes toujours allumées afin qu’au jour de sa venue, nous soyons prêts à l’accueillir en accueillant déjà dans l’aujourd’hui de Dieu nos frères humains. AMEN !

Père Maxime AHOMAGNON

Publié le 19 octobre 2010.

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