Mardi 12 Octobre 2010

Mardi de la 28ème semaine du temps ordinaire Année ‘’C’’
Réf. : Gal.5, 1-6 ; Ps. 118,41 … 48 ; Lc. 11, 37-41.
« … Le Christ nous a libérés … pour que nous soyons vraiment libres ». Bien aimés du Seigneur !
Un jour, alors que les disciples de Jésus étaient allés en ville pour acheter de quoi manger, Jésus se retrouva seul au puits de Jacob avec la femme Samaritaine qui venait remplir sa jarre d’eau. Et dans leur dialogue ‘’rangé’’, Jésus incita celle-ci à dépasser la querelle entre Juifs et Samaritains et à reconnaître en Lui Jésus, la source d’eau vive. C’est Didier DECOIN dans son ouvrage, Jésus le Dieu qui riait qui donne la mesure de ce dialogue dans un style très romancé en s’inspirant des propos convaincus de Jésus : « … Vois-tu, dit-il en désignant la jarre pleine, qui boit de cette eau que tu as remontée du puits aura encore soif. Tandis que celui qui boira l’eau que Moi je Lui donnerai, celui-là n’aura plus jamais soif. Il aura –comment te le dire ?- une source en lui…. Pour la vie éternelle » (P. 192).
Partons d’un tel épisode biblique pour réaliser dans les textes de ce jour, les implications du grand passage que le Christ nous fait vivre au moyen du don gratuit de son Esprit. C’est cet Esprit qui nous éclaire sur les liens du passé et ouvre notre intelligence sur la Nouvelle Alliance qui nous incorpore désormais dans la vie divine grâce à l’Incarnation Rédemptrice du Fils de Dieu. Car le Christ a pris a partagé notre condition humaine à l’exception du péché, pour nous rendre participant de la vie divine. Ceci passe absolument par la libération et le rachat opérés par Lui qui nous rend entièrement libre de toute servitude liée à la loi Mosaïque. La lettre tue, mais l’Esprit vivifie dira St Paul qui se fait assez explicite à ce sujet en soutenant que : « tout homme qui reçoit la circoncision est obligé de mettre en pratique la loi de Moïse tout entière. Vous qui pensez devenir des justes en pratiquant la loi, vous vous êtes séparés du Christ, vous êtes déchus de la grâce. Mais nous, c’est par l’Esprit en vertu de la foi, que nous attendons de voir se réaliser pour nous l’espérance des Justes » (Gal. 5,4-5). Autrement dit, la nouvelle donne du salut est fondée sur la foi acquise par l’adhésion à l’Esprit dans l’espérance. Il s’agit pour nous chrétien de rompre raisonnablement avec ce qui nous alourdit et nous empêche de tendre vers Dieu pour s’inscrire dans la dynamique de l’homme nouveau ; il s’agit là d’une nouveauté qui s’inaugure dans le Christ et qui incite aussi à un renouveau spirituel, gage de la liberté intérieure. Le Cardinal Jean-Marie LUSTIGER restitue le sens de la liberté intérieure à ce niveau et déclare : « la volonté divine donne à l’homme sa liberté, car l’homme se débat dans l’esclavage tant qu’il n’a pas été recueilli par Dieu » (Le choix de Dieu, P. 202).
La liberté intérieure dont nous parlons plus haut s’assimile, dans l’Evangile de ce jour à une purification intérieure. En effet, Jésus fait remarquer à son hôte que les gestes rituels de purification rappellent à l’homme que son cœur a besoin d’être purifié. En d’autres termes, il nous invite à tourner la page de nos formalismes aveuglants pour ouvrir celle de la liberté qui ordonne l’existence humaine en général et celle chrétienne en particulier à l’amour, à la vérité, au pardon et à la charité, socle de tout agir. Car ce ne sont pas les actions ou les gestes qui donnent de la pureté à notre personne mais c’est la pureté qui les produit et passe au-delà. C’est un tremplin de combat qui doit nous aider à nous arracher des forces du légalisme ambiant dont notre monde actuel est encore victime. C’est notre hypocrisie spirituelle que le Seigneur touche ainsi du doigt. En définitive, la purification du cœur est conséquence de la purification extérieure et source de bonnes actions, source de liberté, de vérité et d’amour.
Que Dieu source de toute pureté, nous garde de toute hypocrisie et fasse que notre quête de vérité et de pureté ne s’arrête pas au dehors des choses mais qu’elle engage notre être tout entier pour la suite de nos jours. AMEN !

Père MAXIME AHOMAGNON

Publié le 12 octobre 2010.

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