Mot de bienvenue de Mgr Fidèle AGBATCHI, Archevêque de Parakou

Le Dieu du ciel, le Père des miséricordes, dans la générosité de son cœur et le désintéressement de son Amour décide de sauver les hommes du péché et, à la suite des prophètes, il leur envoie son Fils unique Jésus Christ, son Verbe qui traverse l’histoire de part en part pour accomplir intégralement la volonté de Dieu. Les oreilles de beaucoup d’hommes se sont ouvertes à son message et un grand nombre d’entre eux s’est écrié à la suite de l’Apôtre : malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile. Animés de ce zèle sans égal, ils sont partis dans le monde entier porter la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Certains sont arrivés sur les côtes du Dahomey en 1861, il y a bientôt cent cinquante ans, et c’est l’annonce de cet anniversaire qui, en ce lieu, rassemble indistinctement Archevêques et Evêques, prêtres, religieux, religieuses, âmes consacrées, fidèles laïcs, hommes et femmes , adultes et anciens, enfants et jeunes, avec le soutien effectif et efficace des autorités municipales, la présence réelle de toutes autres formes d’autorité. Je me permets d’adresser à tous et à chacun une même salutation déférente et cordiale.
Dans une pareille circonstance, vous qui êtes présents me permettriez bien d’évoquer la mémoire de glorieux absents que sont les Pères de la Société des Missions Africaines (SMA) et les sœurs Notre Dame des Apôtres (NDA) et qui ont disparu après avoir combattu vaillamment le combat de l’Evangélisation de notre pays. Il convient aussi de saluer leurs intrépides descendants incarnés et validement représentés par son Excellence Mgr Jean BONFILS, le président de cette assemblée du Seigneur. Vous-même, Monseigneur, vous êtes ancien missionnaire au Bénin, ancien fonctionnaire de la Curie Romaine, Evêque émérite de Viviers, puis de Nice, et je vous salue au nom de tous.
Au nom de la Province Ecclésiastique de Parakou et de toutes autorités liées à ce territoire, je manifeste de la gratitude pour le choix qu’a fait la Conférence Episcopale du Bénin de cette capitale septentrionale comme site pour abriter la présente célébration. A voir comment les choses se déroulent, qui n’y penserait pas en termes d’honneur et de privilège ?
Cent Cinquante ans de l’Evangélisation du Bénin. Une notion remplie d’histoire, une histoire qu’on ne saurait entreprendre de narrer dans le contexte d’un discours d’accueil et de salutation. Il pourrait cependant être intéressant de montrer seulement la complexité de cette notion des cent cinquante ans de notre évangélisation.
Cent Cinquante ans d’Evangélisation....Il n’est pas vrai que ce délai coïncide avec l’Evangélisation de l’Afrique. En effet, après la bienheureuse Asie, le continent africain comme tel est bien le premier sur lequel la Bonne Nouvelle a retenti et l’Evangile y a été porté par l’intendant de la Reine Candace d’Ethiopie, qui avait été évangélisé et baptisé par le diacre Philippe. (cf. Ac 8, 26-40)
Cent cinquante ans d’Evangélisation.....Ce délai ne correspond exactement ni à celui de l’évangélisation des côtes occidentales de l’Afrique subsaharienne, ni à celui de l’évangélisation du Dahomey, car des tentatives antérieures ne laissent pas seulement beaucoup de souvenir. Cent cinquante ans d’Evangélisation. Ce délai précède la constitution de notre réalité nationale actuelle.
Cent cinquante ans d’Evangélisation.... La réalité béninoise toute entière n’a pas commencé à être évangélisée en 1861. Sans compter les lieux où l’Evangile n’est pas encore parvenu, les autres ont des délais beaucoup plus courts à proposer à l’histoire de leur Evangélisation.
Il est intéressant enfin de faire remarquer que, à la différence de la colonisation du Bénin qui se déroule du sud vers le nord, l’Evangélisation du pays suit un parcours sensiblement différent. Elle procède bien du sud vers le nord jusqu’à un certain niveau, mais le septentrion béninois connaît son début d’évangélisation à partir du nord, lorsque, rendu disponible par l’arrivée d’autres missionnaires à Niamey, Mgr FAROUD quitte cette ville pour venir créer la préfecture apostolique de Parakou en 1948.
Dans le mystère divin de l’Evangélisation de notre pays, l’ordination sacerdotale de l’Abbé AGBANGLA Ursule ne saurait être hors contexte, et vous comprenez bien le langage de cet événement : les missionnaires ont commencé l’œuvre, maintenant ils donnent la main au clergé local pour la poursuivre, et c’est la fête. Qu’elle soit belle pour chacun et pour chacune.

+Mgr Fidèle AGBATCHI

Publié le 2 décembre 2009.

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