
Première Lecture : Ézéquiel 24.15–24
Cantique : Deutéronome 32.18–21
Évangile : Matthieu 19.16–22
Frères et sœurs bien aimés de Dieu,
Une seule question posée à Jésus dans l’évangile de ce jour. Il en découvre les divers aspects et il donne trois réponses : Un seul est Bon. Cet homme a été séduit par la personne de Jésus, et Jésus le renvoie au Père comme il le fait toujours. Il existe en effet une distorsion de la foi chrétienne, dangereuse parce qu’elle est très subtile : ne parler que de Jésus : “Jésus te regarde… Jésus t’aime… Jésus est amour…” alors que Jésus est tout entier tourné vers le Père et qu’il est venu pour nous conduire à lui, le prologue de Saint Jean nous le rappelle. Aimer le Père signifie vouloir être parfait à la façon du Père et travailler pour son Royaume. Il faudra d’abord se rendre libre, et le riche ne sera libre que par la pauvreté volontaire : c’est la 1ère réponse.
Cet homme voulait aussi savoir comment on acquiert la vie éternelle (le texte dit selon le style hébraïque : “avoir en héritage”) et Jésus dira clairement à la fin que, même si on observe les commandements, on ne “mérite” pas la vie éternelle : le salut est toujours un don de Dieu. c’est la 2nde réponse.
Enfin il y a la question qui nous préoccupe le plus car tout ce qui touche à l’argent nous atteint au cœur, et c’est là que l’Évangile nous fait peur : Il est plus facile pour un chameau… Cet appel du jeune homme riche a toujours été considéré comme le modèle de la vocation religieuse et apostolique. Sans la pauvreté effective et volontaire, on n’atteindra jamais l’union à Dieu qui est le but du vrai religieux. Par ailleurs, tant que les apôtres partageront la vie des gens plus installés, ils pourront être leurs amis mais n’obtiendront pas de conversions profondes. Et pendant ce temps ils n’atteindront pas le monde immense des pauvres. c’est la 3ème réponse.
Il nous faut apprendre à nous détacher des choses de la terre, surtout les plus chères à nos yeux ; l’exemple d’Ezéchiel aussi nous est donné en ce jour : « Le matin je parlais au peuple, et le soir ma femme était morte » (Ez2’,18).
Que Dieu nous y aide par sa grâce inépuisable.
Père Adelphe ADAMBADJI