Lundi 13 Septembre 2010

« Seigneur je ne suis pas digne que tu entres sous mon toi [….] mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. ».Voilà une parole de foi professée par un païen, mais parole de foi qui devient, en ce moment, inégalable en Israël ; une expression de foi qui suscite admiration de Jésus et avertissement de la part de Jésus à l’égard de ses disciples. Chers frères et sœurs, avant de cristalliser notre attention sur le message reçu par Jésus de la part du centurion, examinons d’abord l’attitude de ce dernier vis-à-vis de son serviteur : acte de charité louable qui rencontre pleinement la volonté et la recommandation ultime de Dieu. Païen bien sûr, mais païen se situant dans la logique du créateur qui invite tous les hommes et tout homme à la charité. Si nous percevons dans l’attitude du centurion cette vérité essentielle, nous ne serions guère étonnés de l’entendre professer une si formidable foi. C’est en effet la charité manifestée à l’égard de son serviteur, qui lui a permis d’exprimer cette foi inouïe qui n’a pas son semblable en Israël au moment où il le professait.
A travers ce message qu’il a envoyé à Jésus, on perçoit indubitablement que pour lui, Jésus est Le Maître de la vie ayant pouvoir sur la maladie et sur les démons. Il discerne en Jésus une autorité suprême à laquelle il se soumet. C’est cette compréhension qu’il a du Christ qui justifie sa démarche et surtout cette ineffable confiance qui l’amène jusqu’à confesser son indignité d’homme pécheur : « Seigneur je ne suis pas digne que tu entres sous mon toi,… mais dis seulement un mot et mon serviteur sera guéri ». Cet aveu du centurion traduit sans doute l’impureté rituelle du païen face au juif, mais plus encore, l’attitude du croyant qui discerne en Jésus le porteur de la puissance divine. La base de sa foi repose ici non pas sur la reconnaissance du pouvoir thaumaturgique de Jésus en tant que tel, mais sur la confiance en l’autorité miraculeuse de sa parole. Autorité qui attaque le mal dans sa racine et qui a prise sur le péché qui atteint l’Homme au sein de sa liberté et paralyse entièrement ses forces. Il importe aussi de savoir que de son rang de chef d’armée, il sait par expérience que l’autorité consiste à vaincre les résistances et à rendre possible l’impossible. La reconnaissance de ce pouvoir Christique lui a valu une prompte réponse favorable à sa requête de la part de Jésus dont les actions doivent permettre à qui sait ouvrir les yeux, de discerner une réalité nouvelle et bouleversante à l’œuvre dans le monde. C’est ce qu’exprime le miracle : non une démonstration de puissance ou une preuve évidente de l’origine surnaturelle du message de Jésus, mais l’expression de la miséricorde de Dieu.
Chers frères et sœurs laissons-nous toucher par ce qui se passe dans l’évangile de ce jour ; ayons, comme ce centurion, une confiance totale et parfaite à l’autorité salvifique de Jésus sur les différents maux qui enveniment la quiétude de l’Homme. Ne restons pas indifférents face à cette admirable foi du centurion qui a valu la guérison de son serviteur. En effet, c’est surtout d’une telle foi que nous avons besoin pour que notre relation avec Dieu soit authentique. Car l’aveu de dénuement total et certitude audacieuse dans l’efficacité de la parole de Jésus doivent être l’état d’être de tout chrétien. Demandons à la Sainte Vierge Marie de nous obtenir cette foi qui lui a permis de dire son fiat dans la plus grande confiance.

Père René AGAINGLO

Publié le 13 septembre 2010.

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