
Chers frères et sœurs en Christ, chers Béninois et chères Béninoises, dans la communion et la solidarité, nous avons accueilli le Saint Père, le pape Benoît XVI chez nous au Bénin. Vous vous êtes tous mobilisés pour le recevoir si bien que selon son propre témoignage, il s’est senti accueilli comme un fils du Bénin.
Pendant que je vous adresse ces mots, je ressens à nouveau votre ferveur et votre enthousiasme, surtout vous les jeunes. J’admire encore les foules tout le long des artères et des routes. Je revois encore les jeunes en train de courir derrière la papamobile. De tout ce qui a été vécu, je tiens encore à remercier les Béninois. A vous tous et toutes, je souhaite beaucoup de bénédiction de la part du Seigneur en cette fête de Noël, prélude de la fête du nouvel an.
Ce cœur unanime que nous avons eu autour d’un événement de ce genre, ce cœur sans distinction ni de religion ni d’ethnie ni de sensibilité politique, gardons-le pour mieux vivre les idéaux de notre pays.
Le premier idéal qui nous permet de mieux vivre ensemble dans un contexte de pluralisme, c’est la démocratie elle-même. Puissions-nous construire, consolider et vivre la démocratie dans sa vérité. Puissions-nous l’étudier pour lui donner un jour un contenu africain. Et alors, nous vivrions mieux la fraternité, la justice et la paix, comme le Pape nous l’a rappelé. Grâce à une meilleure fraternité, nous considérerions les autres vraiment comme des frères, des sœurs, au lieu de passer le temps à soupçonner l’autre de malveillance. Nous irions vers lui et lui aussi s’ouvrirait à son frère et à sa sœur. Dans la solidarité, nous chercherions à construire tout le pays tous ensemble.
Si nous voulons que la vérité soit reçue par l’autre, il faut qu’elle sorte d’un cœur bon et fraternel. La vérité qui sort d’un cœur plein de haine n’aboutit jamais.
Prions pour que, avec cette fête de Noël et cette année nouvelle qui s’ouvre, nous ayons l’ardent désir de rendre à chacun ce qui lui revient de par sa dignité de fils de Dieu, pour que cessent les aigreurs et les amertumes. J’invite vraiment le gouvernement à faire tout son possible pour que les travailleurs aient le minimum décent et qu’ils ne soient pas obligés de se plaindre tout le temps. Et cela contribuera à nous faire aboutir à l’autre idéal qui est la paix. Le Saint-Père est venu de la part du Prince de la paix pour sensibiliser à cette justice et à cette paix.
Je vous invite chacun personnellement à accueillir en lisant, en méditant et en mettant en pratique l’exhortation apostolique Africae Munus et les discours du Pape au Bénin. La profondeur de ces textes nous démontre la profondeur avec laquelle son cœur s’exprime à nous tous. Je souhaite vraiment que ce message du Pape ne soit pas un vœu pieux, mais que chacun de nous se sente interpellé à devenir agent de réconciliation, de justice et de paix, pour que la joie et le bien-être nous visitent au cours de ces deux grandes fêtes de fin d’une année et du début d’une nouvelle année.
En terminant, je vous souhaite beaucoup de santé, beaucoup d’ardeur au travail et beaucoup d’amour pour aimer Dieu, les frères et sœurs et la patrie.
Dieu vous bénisse, tous et toutes.
Mgr Antoine GANYE, Archevêque de Cotonou