
Les émissions "Chronique sacerdotale" sont initiées dans le cadre de l’Année Sacerdotale par la Radio Immaculée Conception d’Allada, radio catholique du Bénin (Afrique). Les émissions sont assurées par le Père Frédéric Serge KOGUE, tous les jours du lundi au vendredi à 11H45 et le samedi à 14H00. La radio en diffuse trois thèmes par semaine (un thème les lundis et mardis, un autre les mercredis et jeudis, un troisième les vendredis et samedis).
Notre société n’affiche pas un réel et sincère intérêt pour la vérité ; nous n’avons pas de respect pour la vérité. Notre société vit une crise, la crise de la vérité, la crise du soupçon, la crise de la relativisation de tout, la crise du relativisme systématique absolu. Dans un monde qui produit une quantité inestimable de bruits par le truchement des médias, dans un monde qui nous couvre d’un flot de mots sans parole, dans un monde où nous sommes submergés par le déluge du ronronnement tapageur des colmateurs de demi-mensonges et de demi-vérités, nous ne savons plus qui croire et nous ne savons plus que croire. Les prétentions à la vérité sont légion. L’un des professeurs qui m’ont enseigné les ficelles du sacerdoce, aimait à dire que le mensonge est séduisant parce que les mensonges les mieux réussis ressemblent à la vérité. Le monde a faim de vérité, car la vérité est morte. Qui la ressuscitera, qui lui redonnera vie, qui la rappellera à la vie ? Dans son encyclique, Fides et Ratio, Jean-Paul II parle de l’exigence aujourd’hui d’une « diaconie de la vérité ». Car renchérit le Pape, jamais l’homme ne pourra fonder sa vie sur le doute, sur l’incertitude, sur le mensonge, sur les contre-vérités et les demi-vérités ; une telle existence serait sous la menace constante de la peur, de l’angoisse et de leurs dérivés, diaconie exercée et diaconie à exercer par le prêtre de Jésus-Christ dans un monde qui délibère, en actes et en paroles que toutes les vérités se valent, manière de signifier qu’il n’y a point de vérité absolue. Scepticisme et relativisme se donnent la main pour l’avènement d’une ère où l’homme devient à lui et à lui seul mesure de toutes choses. Et pourtant un désir inouï de vérité habite notre terre, notre monde et notre Continent et notre pays ; et pourtant un désir inouï de vérité habite le cœur de l’homme. Le prêtre accompagne cet homme dans sa quête de vérité. Seul le prêtre peut accompagner l’homme dans sa quête d’autant que la vérité sur la vie, la vérité sur le sens de la vie, la vérité sur la mort et la vérité sur le sens de la mort, la vérité sur l’homme, son origine et sa destinée, la vérité sur Dieu, la vérité qu’est Dieu Lui-même… l’homme ne la connaît que parce qu’en Jésus-Christ, Dieu la lui a révélée. Dieu dévoile dans l’humanité de Jésus-Christ ce qui était caché depuis les origines du temps. La Vérité, c’est Dieu, c’est Jésus Lui-même : « je suis la Voie, la Vérité et la Vie. » Cette Vérité transcende infiniment nos catégories humaines, elle est hors de notre portée ; voilà pourquoi Dieu nous la donne, non pas comme une propriété à posséder, mais à la manière d’un mystère à accueillir et à contempler Le désastre, le tremblement de terre serait de voir un prêtre qui –passez-moi le mot, un prêtre qui contourne la vérité ; un prêtre qui ne dit pas vrai est une négation sans nom du sacerdoce, il est une négation de lui-même, on ne peut pas être au service de celui qui est la VERITE et promouvoir ce qui n’est pas Vérité. C’est pourquoi vous ne verrez jamais un prêtre en porte à faux avec la vérité ! Cependant, il a peu, un prêtre aîné me confia ceci, les yeux tout embués de larmes : « Mon fils, que voulez-vous faire de l’Eglise, de l’héritage de Jésus-Christ ? As-tu appris qu’untel prêtre n’a pas dit vrai dans telle et telle affaire… N’en rajoutez pas aux péchés de l’Eglise… ? » J’ai décidé de ne jamais croire à la déception de ceux à qui un prêtre n’aurait pas été franc, véridique. La raison en est que ce n’est pas crédible. La tentation est grande, la tentation est forte certes ; cependant, un prêtre ne peut pas, un prêtre ne devrait jamais en être là. Pourquoi ? Parce que c’est contre-indiqué. Pourquoi ? Parce que contre-nature. En tout cas, Dieu nous en épargne, aujourd’hui, demain et toujours ! Amen !
Abbé Frédéric Serge KOGUE