Les émissions "Chronique sacerdotale" sont initiées dans le cadre de l’Année Sacerdotale par la Radio Immaculée Conception d’Allada, radio catholique du Bénin (Afrique). Les émissions sont assurées par le Père Frédéric Serge KOGUE, tous les jours du lundi au vendredi à 11H45 et le samedi à 14H00. La radio en diffuse trois thèmes par semaine (un thème les lundis et mardis, un autre les mercredis et jeudis, un troisième les vendredis et samedis).
Le prêtre est un homme d’espérance, un homme d’espérance au cœur d’un monde malade. Femmes et hommes n’ont plus d’espérance, ils n’espèrent ni dans l’avenir, ni en eux-mêmes, ni en les autres, ni en Dieu le Tout Autre. Cet état de chose naît le plus clair du temps de la désillusion qui sort de la déception due aux espoirs placés en ce qui ne saurait combler l’homme. Conséquence : que de nos contemporains sont blasés, malades, amers, acides, désorientés et désabusés. Et c’est à ce monde où certains ne croient pas à demain, c’est à ce monde ou d’autres doutent des lendemains qu’il faut annoncer la Bonne Nouvelle. C’est à des femmes et à des hommes privés d’emploi, à des femmes et à des hommes pleurant la disparition d’un être cher, c’est à des hommes enfermés dans la maladie, le deuil ou l’isolement, à des femmes en mal d’affection, trahies, exploitées, volées et violées…, c’est à elles et à eux qu’il faut pourtant faire entendre et écouter la Bonne Nouvelle d’un lendemain meilleur. Le rôle du prêtre n’en est que plus délicat. Espérer signifie avant tout tendre les deux mains pour accueillir et recevoir non seulement le don de ce jour mais aussi le don qu’est ce jour. Car aujourd’hui est un présent, au propre et au figuré. C’est dans l’aujourd’hui de sa présence que Dieu parle à l’homme et l’espérance qui subsiste dans le cœur du prêtre, c’est de voir chaque personne humaine s’abandonner à la grâce transformante de Dieu….L’espérance du prêtre, c’est aussi de conduire à l’espérance celles et ceux qui n’espèrent pas ; l’espérance du prêtre, c’est aussi d’oser espérer pour celles et ceux qui ne peuvent plus espérer, c’est également espérer pour ceux qui n’espèrent plus. Ils sont légion ceux qui ne croient plus à rien, ceux qui s’enferment dans la violence suicidaire de leur moi… C’est le prêtre qui indique l’espérance comme indispensable, l’homme ne peut pas vivre sans Dieu. L’espérance pour le prêtre, c’est aussi sa capacité à s’affranchir de tout préjugé, tout mépris, toute idée pré arrêtée vis-à-vis des personnes vers qui il est envoyé. Mais il faut que le prêtre soit assez convaincu de l’espérance en lui pour la proposer aux autres. Que de prêtres sans espérance, sans lueur pour demain, embarrassé pour le jour qui vient. Il faut que le prêtre respire l’espérance, espérant contre toute espérance, au milieu de ses sœurs et frères en humanité, en situations diverses et diversifiées. Chez nous, plusieurs prêtres célèbrent leur jubilé sacerdotal : qui cinquante ans, qui quarante, qui trente, qui vingt-cinq… cette fidélité monnayée et déclinée sur plusieurs décennies est aussi la fidélité du Seigneur qui ne déçoit jamais les siens. Cette fidélité secrète l’envie de devenir prêtre ainsi que l’envie de rester prêtre en y restant fidèle. La fidélité prend l’espérance par la main et la conduit jusqu’à la plénitude de l’amour .
Abbé Frédéric Serge KOGUE