CHRONIQUE SACERDOTALE

Le prêtre et le sacrement des malades

73ième émission

Les émissions "Chronique sacerdotale" sont initiées dans le cadre de l’Année Sacerdotale par la Radio Immaculée Conception d’Allada, radio catholique du Bénin (Afrique). Les émissions sont assurées par le Père Frédéric Serge KOGUE, tous les jours du lundi au vendredi à 11H45 et le samedi à 14H00. La radio en diffuse trois thèmes par semaine (un thème les lundis et mardis, un autre les mercredis et jeudis, un troisième les vendredis et samedis).

Le jour de mon ordination, beau jour parmi les plus beaux jours s’il en fût, à peine sortis, en procession solennelle, belle et longue, de l’Eglise où nous venions de naître au sacerdoce, une femme d’un âge certain m’accosta comme pour m’étreindre ; j’éprouvai une peur plus bleue que bleu. Sentant l’embarras du craintif que j’étais, elle s’empressa de me rassurer : « je voudrais simplement vous dire un mot, juste un mot. » Je tendis l’oreille et rétractai mon cœur. Elle eut le loisir de me souffler dans le creux de l’oreille droite : « Mon Père, félicitations. Dieu vous y aide, mais comme prêtre, dépêchez-vous toujours d’aller au chevet du malade dont quiconque vous rapportera le besoin de sacrement ! Dépêchez-vous toujours d’aller au chevet du malade dont quiconque vous rapportera le besoin de sacrement ! » Cette grave invitation tinta dans les oreilles du pauvre jeune prêtre que je suis à la fois comme un testament et comme un reproche par anticipation sur quelque probable erreur de méprise, de négligence ou de légèreté de ma part en cette sphère-là ! Le sacrement des malades revêt une importance des plus capitales. Pour la note historico-biblique, c’est dans la Lettre de Jacques (vv. 5, 14-15) que la théologie catholique a vu le fondement biblique du Sacrement de l’Onction des Malades. L’auteur de la Lettre, après avoir donné divers conseils concernant la vie chrétienne, offre une règle pour les malades : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Eglise et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis". Dans ce texte, l’Eglise a décelé le long des siècles, les éléments essentiels et constitutifs du Sacrement de l’Onction des Malades, que le Concile de Trente propose de façon systématique : a) sujet : le fidèle gravement malade ; b) ministre : "omnis et solus sacerdos" ; c) matière : l’onction avec l’huile bénite ; d) forme : la prière du ministre ; e) effets : grâce salvifique, pardon des péchés, soulagement du malade. De plus en plus, l’Eglise appelle ce sacrement, sacrement ou onction des malades. Expressions préférées à la compréhension négative interne qui accompagne la désignation extrême onction, celle-ci faisant voir en la personne du prêtre celui qui vient donner au malade le coup de grâce, le propulsant définitivement dans l’au-delà. Ce Sacrement n’est point valable ni valide si un diacre ou un laïc tente de l’administrer, action constituant un délit de simulation dans l’administration du Sacrement, punissable selon les normes du canon 1379 du Code de Droit Canonique. Celui qui agit dans ce Sacrement est Jésus Christ, le prêtre en est l’instrument vivant et visible, représentant le Christ de manière toute spéciale. Un jour, un prêtre me conta sa mésaventure. Alors qu’il était occupé à 5 Heures de l’après-midi à une réunion avec un groupe paroissial, deux hommes vinrent le solliciter pour administrer le sacrement à un malade le demandant. Le prêtre, après leur avoir fait constater gentiment par eux son indisponibilité du moment, prit avec eux un rendez-vous ferme pour le lendemain à 8 heures précises, juste après la messe. Mais voilà qu’à la fin de sa réunion, il apprit le décès du malade ! Et il s’en mord les doigts. A tort ou à raison ? Requiescat in pace !

Père Frédéric Serge KOGUE

Publié le 27 octobre 2010.

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