Accueil > Repères > Dossiers > Année sacerdotale > Le prêtre à l’heure de la pédophilie : le phénomène est préoccupant !

La question de l’heure préoccupe le Pape : l’Eglise est accusée de pédophilie. Répondant des actes ignominieux de certains prêtres, il est plutôt émouvant d’entendre ce que dit Benoît XVI aux victimes et à leurs familles : « Vous avez terriblement souffert et j’en suis profondément désolé. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez subi. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée (…). Ceux d’entre vous qui ont subi des abus dans les collèges doivent avoir eu l’impression qu’il n’y avait aucun moyen d’échapper à leur souffrance. Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l’Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remords que nous éprouvons tous. » Et aux parents en particulier, le Pape ajoute : « Vous avez été profondément bouleversés en apprenant les choses terribles qui eurent lieu dans ce qui aurait dû être le milieu le plus sûr de tous. » Le mal est profond, si profond qu’une action mérite d’être faite, le mal est si profond que l’Eglise, institution au service de la vérité qu’est Dieu, en est blessée, en est profondément blessé ! L’Eglise, blessée, prend les moyens de sa thérapie afin de guérir des blessures qui la meurtrissent. Benoît XVI s’engage à être le plus proche possible de tous ceux que l’affaire touche, il ne se fait pas tendre vis-à-vis des auteurs et des coupables. Impératif, le Pape n’occulte pas la gravité des actes ni leurs conséquences : « Vous avez trahi la confiance placée en vous par de jeunes innocents et par leurs parents. Vous devez répondre de cela devant Dieu tout-puissant, ainsi que devant les tribunaux constitués à cet effet. Vous avez perdu l’estime des personnes (…) et jeté la honte et le déshonneur sur vos confrères. (…) Des prêtres ont violé la sainteté du sacrement de l’Ordre sacré, dans lequel le Christ se rend présent en nous et dans nos actions. En même temps que le dommage immense causé aux victimes, un grand dommage a été perpétré contre l’Eglise et la perception publique du sacerdoce et de la vie religieuse. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice. » La pilule peut être dure à avaler pour l’Eglise confrontée à ce que le Pape lui-même indique comme crimes monstrueux. La gravité de l’heure induit à différents moyens spirituels de renouveau ; le Pape invite tous à consacrer les pénitences et les ascèses du vendredi, pendant une année entière, d’aujourd’hui jusqu’à Pâques 2011, à cette intention. Le Pape demande d’offrir notre jeûne, notre prière, notre lecture de la Sainte Ecriture et nos œuvres de miséricorde pour obtenir la grâce de la guérison et du renouveau pour l’Eglise. Le Pape encourage à redécouvrir le sacrement de la Réconciliation. La participation au même et unique sacrement de l’Ordre oblige tout prêtre non seulement à apporter son denier de solidarité spirituelle, mais encore et surtout à se reconnaître coupable en les coupables. Khalil GIBRAN écrit en effet : « (…) De même qu’une seule feuille ne jaunit qu’avec le silencieux assentiment de l’arbre tout entier, ainsi le malfaiteur ne peut agir mal sans le secret acquiescement de (…) tous... Et le juste n’est pas innocent des actions du méchant… » Le Pape souligne la souffrance commune à l’Eglise : « Nous souffrons tous à la suite des péchés de nos confrères qui ont trahi une consigne sacrée ou qui n’ont pas affronté de manière juste et responsable les accusations d’abus… En outre, je suis conscient qu’aux yeux de certains, tous les prêtres apparaissent coupables par association, et qu’ils sont vus comme s’ils étaient en quelque sorte responsables des méfaits d’autres personnes… » Prière, prière, prière encore…
Est-ce que tu dors, mon Dieu, est-ce que tu es sourd, mon Dieu, Est-ce que tu es aveugle, mon Dieu, est-ce que tu es sans entrailles, mon Dieu ? Où est ta justice, où est ta pitié pour ton Eglise ? Où est ta miséricorde, ta sollicitude pour tes prêtres ? Vas-tu plus longtemps encore laisser ta barque s’enfoncer ? L’ennemi sera-t-il le plus fort ? Montre, Seigneur, ton bras Dis seulement une parole et nous serons sauvés ! Amen.
Abbé Frédéric Serge KOGUE