Accueil > Le coin des familles > Jeunes > Le Père Ambroise KINHOUN fait le bilan de son ministère à l’Aumônerie des Jeunes.

Le Père Ambroise K. a été pendant 4 ans (2005-2009) Aumônier adjoint de la coordination générale des jeunes du diocèse de Cotonou. Il s'adresse aux jeunes du diocèse au terme de son ministère.
diocese-cotonou.org : Bonjour Abbé Ambroise KINHOUN. Vous avez passé 4 ans comme Aumônier adjoint à la tête de la Coordination générale des Jeunes. Quel bilan pouvez-vous en faire ?
Abbé Ambroise : Bonjour diocese-cotonou.org. Merci ! Rendons d’abord grâce à Dieu qui m’a donné la grâce de commencer ici dans cette grande maison de l’Aumônerie des œuvres mon ministère sacerdotal. C’est au niveau de l’Aumônerie des Œuvres que le secteur particulier de l’Apostolat de la jeunesse m’a été confié par mon responsable le Père Delphin VIGAN. Vous me demandez quel bilan faire.
Je commence par relever que le secteur jeunesse de l’Aumônerie des œuvres a à son actif un héritage non négligeable. J’appelle héritage le fruit de l’effort pastoral de mes vaillants prédécesseurs depuis le Père Pierre Legendre en passant par le Père Delphin VIGAN qui a joué un rôle très important dans l’histoire de l’Aumônerie avec les autres collaborateurs qu’il a eu avant moi : les Pères Cyrille MEGNIGBENA et Sylvain DOSSOU. Tous ces aînés ont travaillé à structurer l’apostolat de la jeunesse dans notre diocèse de sorte que depuis les paroisses en passant par les doyennés jusqu’à l’échelle du diocèse, il y a des coordinations de jeunes qui travaillent en corrélation. Cela est un grand acquis.
Il y a également de grandes activités devenues classiques à l’Aumônerie : les grands rassemblements comme le Pélé-jeunes en Février, les JMJ diocésaines (Journée mondiale de la jeunesse) le dimanche des Rameaux, l’assemblée générale de la jeunesse en Janvier, Noël et Pâques avec les Jeunes ; autant d’activités que je suis venu découvrir ici sans oublier les écoles de foi et de prière. Il faut vraiment rendre un hommage mérité et franc à tous ceux qui ont travaillé pour mettre en place cette belle et prometteuse structure. Il faut noter aussi l’accompagnement des groupes de jeunes affiliés à l’Aumônerie comme la Communauté Feu Nouveau, la JEC (Jeunesse Etudiante Catholique), la JOC (Jeunesse Ouvrière Catholique), pour nous en tenir à ces groupes les plus dynamiques.
Il y a donc toutes ces structures qui existaient déjà avant que je ne vienne. Le bilan se fera de façon générale sur le plan pastoral. J’ai en effet vu une jeunesse active qui cherche Dieu ; des jeunes vraiment désireux de réussir leur avenir professionnel, conjugal… Ces jeunes ont tellement de pesanteurs familiale, intellectuelle, matérielle et surtout au niveau spirituel qui les empêchent de s’envoler vers la contemplation de la Vérité (cf Platon). Ils ont comme du plomb dans les ailes. Tout mon travail a été de "déplomber" les jeunes en allégeant leur pesanteur en leur proposant Jésus comme l’Ami, le Frère, le Maître, le Médecin, le Seigneur. Je crois avoir présenté Jésus vivant et non conceptuel ; une personne vivante et concrète. Les mouvements ésotériques, les sectes et certaines émissions des médias sapé les rudiments catéchétiques de la plupart de nos jeunes. J’ai donc compris que notre Eglise est à un âge apologétique où il faut défendre la Foi en la présentant avec une pédagogie qui refute les erreurs, dissipe les ombres pour asseoir la splendeur de la Vérité. ( Cf Jean Paul II)
diocese-cotonou.org : Qu’avez-vous appris au contact de la jeunesse ?
Abbé Ambroise K. : Un acte de foi. J’ai vécu mes quatre années d’apostolat comme à une école. Je me suis mis à l’école des Jeunes et j’ai compris à leur école qu’il sommeille en nous - Jeunes – beaucoup de capacités dont l’éveil ne dépend que de bons maîtres, de bons témoins pouvant servir de levier. J’ai découvert personnellement que j’ai eu la grâce de ses bonnes rencontres à temps dans ma vie ; autrement... C’est pourquoi j’ai eu très vite le souci d’être avec eux ; faisant tout avec eux pourvu que nous soyons dans la vérité. Je me suis efforcé d’être pour eux, ce tremplin divin, ce levier que d’autres ont été pour moi et j’ai constaté que les fruits sont appréciables. Avis donc à ceux qui posent sur la jeunesse un regard dépréciatif. Chaque société mérite ses jeunes. Nous jeunes, nous sommes pour la plupart ce que les familles, la société et l’histoire ont fait de nous. Nous n’attendons que des mains secourables pour laisser exploser le potentiel qui gît en nous. il faut y croire. Oui ! osez croire en la jeunesse c’est un acte de foi !
A partir de mes acquis du séminaire, j’ai appris à leur école à être direct dans mes enseignements et prédications, à être simple dans mes rapports avec eux et surtout à cultiver l’écoute et l’accompagnement. Je ne crois pas avoir été vraiment plus que mes prédécesseurs mais j’estime que beaucoup a été fait. Je reconnais aussi avoir été beaucoup soutenu dans la fécondité de ma vie sacerdotale par les jeunes ; parce que autant vous êtes exigeant vis-à-vis d’eux, autant ils le sont vis-à-vis de vous. J’en revois qui me disent, « nous avons appris telles choses d’une tierce personne ; mais de vous, jamais nous n’allons tolérer une chose pareille. » Si je me suis efforcé de veiller sur eux autant ils me l’ont fait. Ce qui n’a pas pu aboutir, que Dieu fasse croître cela avec les nouveaux instruments qu’il aura suscités lui-même.
diocese-cotonou.org : Un mot à l’adresse de la jeunesse.
Abbé Ambroise : Chers jeunes, chers amis, cher chacun, cher tous. Je vous aime du plus profond de mon cœur de prêtre. Je vous aimerai toujours. S’il en est ainsi dans les pauvres limites de mon cœur, combien plus vous êtes aimé dans le cœur transpercé de Jésus. Comme au soir du Jeudi Saint, je vous mets tous dans la position de Jean, le plus jeune des apôtres, le disciple bien aimé qui a reposé sa tête sur la poitrine de Jésus ; comme au soir du vendredi saint, je vous mets tous dans la même position de Jean, debout, près de Marie, près de la croix ; et enfin comme au matin de Pâques, je vous mets dans la même position de Jean courant plus vite que Pierre pour aller au tombeau. Il vit et il cru. Je vous aime parce que j’ai compris que Dieu vous aime. Soyez donc toujours prêts à tout sacrifier pour honorer votre foi et votre âge. Ils sont sacrés. Dieu le sait j’en suis témoin !
diocese-cotonou.org : Cher Abbé, nous vous remercions pour cet entretien et au nom de la jeunesse, nous vous disons Au revoir.
Abbé Ambroise : Moi aussi, je vous dit au revoir. Arrivé à Rome, ami et pasteur des jeunes, je me ferai le devoir de prier pour chacun et pour tous.