Le pardon et la prière au sein du foyer pour une vie de couple réussie

La nécessité du pardon, de la réconciliation et de la vie de prière au sein du couple chrétien

Le pardon, la réconciliation et la prière pour l'entente et l'harmonie du couple, sources de paix pour une vie conjugale heureuse

Tout homme a en lui une nature pécheresse. Cette nature est foncièrement égoïste et corrompue. Dans Jérémie 17,9, Dieu nous Dit : « Le cœur de l’homme est rusé plus que tout et pervers, qui peut le pénétrer ? ». Ainsi le dialogue entre époux est souvent muselé par des réactions du conjoint ou de la conjointe. Certains ne supportent pas qu’on leur montre leurs fautes. Ils réagissent violemment, se mettent en colère, s’installent dans une longue période de silence. Et seul le pardon dans l’humilité intervient pour rétablir les relations. Le pardon est donc la plus haute forme de solidarité, sans lequel nos prières ne pourront être exaucées. Le Seigneur nous invite à la réconciliation. Il nous dit : « quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse-là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors, présente ton offrande » (Mt 5, 23-24).

Dans Siracide 28,2-7 nous lisons : « Pardonne à ton frère ses torts envers toi-même alors, quand tu prieras, le Seigneur effacera tes propres fautes. Si tu gardes ta colère contre quelqu’un comment peux-tu demander au Seigneur qu’il t’accorde sa grâce. Comment peux-tu prier qu’il pardonne tes fautes, si tu es sans pitié pour l’homme, ton semblable ? Si tu gardes rancune, toi, simple mortel, qui voudra annuler tes propres fautes ? Pense à la fin et renonce à la haine, pense à la mort, à ta pourriture et reste fidèle aux commandements de Dieu. Garde-les en mémoire et ne tiens pas rancune à ton prochain. Rappelle-toi les exigences de l’Alliance du Dieu très haut, ne pense plus au mal qu’on t’a fait par négligence.

De même rappelons-nous ce que nous disons lorsque nous récitons le « Notre Père » : ‘’Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé ‘’ (Mt 6,12). Cette phrase de la prière nous met devant un condition à laquelle Jésus répond : « Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous remettra aussi ; mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père céleste non plus ne vous remettra pas vos manquements » (Mt 6, 14-15)

Face à une telle situation, Pierre s’approche de Jésus pour lui demander : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrais-je lui pardonner ? Irais-je jusqu’à sept fois ? ». Jésus lui dit : « je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante dix sept fois… » (Mt 18, 21-22). Autrement dit, nous devons nous pardonner sans cesse : « que le soleil ne se couche sur notre colère » (Eph 4, 26).

Pour étudier ce thème qui s’intitule : la pardon, la réconciliation et la prière au sein du couple chrétien ; nous l’articulerons autour des points suivants :

I. Le sens du pardon (Définition) I-1) Pourquoi le pardon I-2) Le pardon au sein du couple et dans la famille

II. Vivre réconciliés II-1) Se réconcilier avec soi-même II-2) Se réconcilier dans le couple et avec les autres II-3) Se réconcilier avec Dieu

III. La vie de prière III-1) La prière personnelle III-2) La prière conjugale ou prière de couple III-3) La prière familiale ou la prière avec les enfants

I- Le sens du pardon

Le péché est la transgression consciente et volontaire de la loi divine (CEC 1840) : c’est-à-dire la désobéissance aux commandements de Dieu. (Lc10, 27). Le mot pardon vient du grec ‘’perdum’’ c’est-à-dire don par excellence. Le pardon est un don par-dessus tout. Pardonner, c’est donner de surcroît, gratuitement, sans calcul, sans intérêt. C’est la capacité d’aimer encore plus fortement malgré ou à cause de l’offense subie. Le pardon est une œuvre divine. Le pardon, c’est la vie en Dieu : « Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux » (Lc 6, 36)

Il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir. Mais qu’il est difficile de pardonner ! Cela est d’autant plus vrai que le Seigneur nous le recommande. « Pardonne à ton prochain ses torts envers toi-même alors quand tu prieras, le Seigneur effacera tes propres fautes … » (Si 28, 2-7), le pardon est d’une telle importance dans la vie du chrétien et celle du couple, qu’il est inscrit jusque dans la plus belle des prières, celle que Jésus nous a enseignée. « le Notre Père » (Mt 6,12). C’est une condition sine qua non de notre salut. Si nous ne pardonnons pas effectivement comme nous avons l’habitude de le dire, c’est que nous mentons et, le père du mensonge, c’est Satan et par là, nous commentons un autre péché. (Mat 6, 15-15). Le pardon est un acte de foi. C’est le fruit d’un regard contemplatif sur la miséricorde de Dieu ( Jn 3, 16). Jésus nous donne l’exemple : « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Ce que Jésus a dit, il l’a vécu. Jésus a pardonné tout et totalement, en nous aimant « jusqu’au bout ».

Il a pardonné ses bourreaux. (Mt 26, 59-68 ; Mt 27, 20-31 ; Mt 27,39-44). Il n’y a pas de pardon sans offense. Or toute sa vie publique, Jésus a connu des offenses. Mais avant de rejoindre son Père, il a pardonné : « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34)

I-1-) Pourquoi le pardon ?

Le chrétien ou tout couple est appelé à suivre Jésus (Mt 16, 24). De même que Jésus ne fait rien qu’il ne voit faire son Père (Jn 5, 19), de même l’ami de Jésus, le disciple du Christ (Jn 15, 14) ne fait rien que par imitation de son maître « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je commande. Je ne vous appellerai plus serviteurs mais amis » (Jn 15, 14-15). Cette imitation n’est en rien un formalisme qui n’implique pas le cœur. Elle est cet élan engageant et modelant tout l’être. Saint Paul nous invite à vivre des mêmes sentiments qui étaient dans le Christ Jésus (Ph2, 5) car toute la vie du Christ, - ses paroles et ses actes - s’inscrit sous le signe du pardon (la femme adultère ; la femme souffrante guérit de l’hémorragie ; le paralytique guérit…)

Le pardon est l’une des plus belles preuves d’amour. Le pardon est une puissance qui libère ceux qui l’acceptent. Le pardon délivre, guérit, vivifie. L’exercice du pardon exige de nous une conversion, une remise permanente. Si on ne sait pardonner, il faut le demander à Dieu. « Ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a parfaitement accompli la loi ». (Rm 13, 8-10). « L’amour prend patience, l’amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il n’entretient pas de rancune, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout. Il espère tout ». (1Co13, 4-7)

C’est pourquoi, l’apôtre Paul ne va pas par quatre chemins. Il dit : c’est d’aimer qu’il s’agit. Aimer comme dit Saint Augustin, c’est chercher le bonheur de l’autre. Aimer, c’est reconnaître l’autre dans son altérité, dans ce qu’il est différent de moi. Aimer, c’est donner à l’autre l’espace de liberté qui lui permettra de devenir pleinement lui-même. Aimer conduit toujours avec patience sur le chemin du pardon. Quel intérêt avons-nous à pardonner, si ce n’est de gagner un frère, notre conjoint ; si ce n’est tout simplement de chercher à aimer et d’aimer comme le Christ nous a aimé. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus nous dit : « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même ». Puis elle ajoute : « Dans le cœur de l’Eglise ma Mère, je serai l’amour ».

I-2-) Le pardon au sein de la famille.

Les blessures intérieures proviennent souvent des fautes des autres. On aime mettre des conditions pour pardonner. Ce qui n’est pas normal. Nous devons savoir que le refus de pardonner attire des maladies telles que maux de cœur, maux de ventre, les ulcères, les migraines, l’insomnie, hypertension… .

Et nous entendons des frères et sœurs et même certains couples dire : « çà, je ne lui pardonnerai jamais. Je lui montrerai ce que je suis ». Est-ce là des propos dignes des fils de Dieu ? le Seigneur nous dit : « Pardonnez-vous les uns les autres comme je vous ai pardonné » (Eph 4, 32). « Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux ».

Dans le Pater, nous disons : »Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé ». Que Dieu pardonne, si l’homme pardonne étonne et souvent dérange, parce que nous ne voulons pas pardonner. Pour autant cette condition est aussi indescriptible que la Parole de Dieu (Mt 5, 18-20). Ben Sirac le sage nous fait la relation, en unissant le pardon que l’homme accorde à son semblable au pardon qu’il demande à Dieu : « Pardonne à ton prochain ses torts, alors à ta prière, tes péchés te seront remis » (Si 28, 1-7).

Dans Matthieu 5, 23-24, rappelons-nous également que Jésus nous dit : « Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse-là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens et alors présente ton offrande ». La mission de chacun des époux au sein du couple et de la famille prend son relief dans l’oblation, l’humilité et le pardon, bref toutes les propriétés intrinsèques de l’amour du Christ pour son épouse. C’est une vie eucharistique c’est-à-dire d’oblation et de pardon total et renouvelé. Il s’agit d’aimer l’autre tel qu’il est sans chercher à le réduire à soi, à se lire en lui.

L’arbrisseau ne pousse droit qu’avec un tuteur. A cet effet, les époux chrétiens ont un rôle primordial et irremplaçable d’éducation à donner à leurs enfants dans ce domaine. Comme l’a dit Monseigneur AGBANOU, au cours de l’émission ‘’Famille en mission’’, le 10 Mars 2004 sur RIC à Allada « L’éducation est une parole adressée à une liberté » et cette liberté, il faut pouvoir la canaliser, l’orienter. Cette éducation, ce témoignage de vie des époux entre eux est capitale pour l’éducation des enfants même dans le domaine du pardon qu’ils se donnent. « Les parents, parce qu’ils ont donné la vie à leurs enfants, ils ont la très grave obligation de les élever et, à ce titre, ils doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs… » (FC n°36 p69). Ainsi, le témoignage du pardon au sein du couple est important et capital et même dans la famille. Pour ce faire le Seigneur nous dit : « Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché : que le soleil ne se couche pas sur votre colère » (Eph 4, 26). « Montrez-vous bons et compatissant les uns envers les autres, vous pardonnant mutuellement comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. »(Eph 4, 32). Nous le savons, c’est par la force de l’Amour répandu dans nos cœurs, « l’Esprit Saint » à notre baptême (Rm 5,5) que le chrétien, à la suite de Jésus pardonne à son ennemi en qui il discerne, un frère, une sœur, son ou sa partenaire dans le couple, ses enfants dans la famille. « Tout ce que tu fais à l’un quelconque de ses enfants qui est mon frère, c’est à moi, que tu l’as fait ». (Mt 25, 40). Alors vivons réconciliés.

II- Vivre réconciliés.

Si Jésus n’avait pas donné l’exemple du pardon et ne nous avait pas envoyé l’Esprit Saint, sa parole n’aurait pu être aussi radicale. A Pierre qui lui demande : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? » Jésus répond sans concession aucune : « Je ne dis pas jusqu’à sept fois, mais soixante dix sept fois » (Mt 18, 21-22). Le chrétien pardonne pour obéir à la parole, à la volonté de son bien-aimé Seigneur et bon Dieu (Mt : 6, 10). Mais cette loi est aussi révélatrice d’un bien. La loi du pardon n’est donc pas un dictat arbitraire, mais l’énoncé d’u profonde vérité sur la personne qui est source de bonheur. L’homme est appelé à l’amour et donc à la vie dans la communion heureuse et paisible des personnes. Le pardon s’inscrit parmi les béatitudes (Mat 5, 3-13) : « Bienheureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde ». En effet qui dit béatitude, dit bonheur, félicité, bien pour l’homme. Ceux qui aiment Dieu, c’est-à-dire les enfants du Père vivent dans une attitude intérieure qui les rend prêts à bannir de leur route tout ce qui empêcherait Dieu d’être pour eux. Avant tout, mettons de l’ordre dans nos rapports avec nos prochains, car nous savons que le moindre désaccord entre eux empêche la communion avec Dieu.

II 1-) Se réconcilier avec soi-même.

Ne pas se pardonner soi-même, c’est se faire injure et mépriser Dieu lui-même qui nous pardonne et persiste à le faire. « Si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il discerne tout » (1Jn 3, 20) En effet, comme l’enfant prodigue, reconnaissons nos péchés. Comme dans le Ps 50, 2 réconcilions-nous avec nous-même en reconnaissant nos faiblesses, en les apportant à Dieu. A cet effet, voici dix (10) dispositions pour la paix avec nous-même et ceux qui nous entourent par Godfreid Cardinal DANNELS).

1-Nous accepter nous-mêmes, tels que nous sommes et avec joie. 2- Considérer ce que nous avons reçu, plus que ce qui nous manque, remercier plutôt que se plaindre.(Ps 141, 4) 3- accepter les autres tels qu’ils sont à commencer par nos proches (notre conjoint(e), nos enfants, nos parents, nos voisins) 4-Dire du bien des autres et le dire à haute voix 5- Ne jamais nous comparer aux autres, car une telle comparaison ne conduira qu’à l’orgueil ou à la désespérance sans nous rendre heureux. 6- Vivre dans la société, sans craindre d’appeler « Bien » ce qui est bien, « Mal » ce qui est mal (Ez 33,7-9) 7- Résoudre les conflits par le dialogue (Mt 18, 15-17) non par la force. Garder en nous nos rancoeurs ne peut que nous enfermer dans la tristesse. Parler de l’autre en son absence conduit à casser du sucre sur son dos ou se plaindre inutilement. Mieux vaut ouvrir notre cœur dans un vrai dialogue. 8- Dans ce dialogue, commencer avec ce qui rassemble et n’aborder qu’ensuite ce qui divise 9- Faire le premier pas avant le soir : « que le soleil ne se couche pas sur votre ressentiment » (Eph 4, 26) 10- Etre persuadé que « Pardonner » passe avant « avoir raison » (Mt 5, 7-9)

II- 2-) Se réconcilier avec les autres.

Dans Mt 18, 15-17, Jésus nous dit : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes (témoins de mariage par exemple) afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l’Eglise, et s’il refuse d’écouter l’Eglise, considère-le comme un païen et un publicain » (Mt 18, 15-17)

Tout doit être fait pour gagner un frère, une sœur, son conjoint ou conjointe, ses enfants. Sur le chemin du pardon et de la réconciliation, le dialogue est indispensable. Le chemin du pardon et de la réconciliation est un long chemin, un chemin de guérison intérieure et physique, un chemin de réparation, un chemin sur lequel le Christ marche avec nous pour nous libérer et nous ouvrir à la paix du cœur, au bonheur. Jésus insiste donc sur la réconciliation que nous devons vivre avec le prochain. Cette réconciliation nous met dans les conditions pour recevoir celle de Dieu. Jésus insiste par une phrase de commentaire qui suit le « Notre Père » dans Mt 6, 14-15 « Si vous pardonnez aux autres leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera à vous aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes ». Pardonne à ton prochain son tort. Alors à ta prière, tes péchés te seront remis (Si 28, 2). Prenons en exemple le serviteur infidèle à qui son maître a remis ses dettes et qui à son tour ne veut pas les remettre à son frère, (Mt, 18, 23-35). Qu’est-ce que le Seigneur a dit : « c’est ainsi que mon Père céleste vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas à son frère, à son époux, son épouse, ses enfants ou proche, du fond du cœur » (Mt 18,35). Notre pardon est indispensable pour ramener la paix et l’entente « Heureux les artisans de paix » (Mt 5,9).

Certains pardons difficiles à accorder ne relèvent pas de la seule volonté de l’homme offensé. Il faut en plus une grâce et une force que l’on doit demander dans une prière fervente et persévérante. Il ne faut pas attendre l’offenseur. Contrairement aux apparences le pardon n’est pas un signe de faiblesse. Il est même la preuve d’une grande force, d’un grand courage peu commun.

II-3- Se réconcilier avec Dieu

Le péché étant une offense à Dieu, une rupture de la communion avec les hommes (Gn3,8-10). Le Christ a institué le sacrement de réconciliation pour tous les membres pécheurs de l’Eglise avant tout pour tous ceux qui après le baptême sont tombés et tomberont dans le péché et qui perdront la grâce baptismale et blesseront la communion ecclésiale. C’est pour se réconcilier avec nous que Dieu a envoyé son fils unique pour souffrir, mourir sur la croix pour nous sauver. Saint Augustin dit : « la miséricorde de Dieu a rencontré la misère et Jésus est venu pour nous racheter ( 1Jn4,10 ). C’est pourquoi Jésus, dans sa bonté, dans sa miséricorde éternelle a institué le sacrement de réconciliation (Jn20,23). Avant de quitter ce monde, Jésus a confié à ses disciples son propre pouvoir de pardonner les péchés et de réconcilier le pécheur avec la communauté et lui (Mt18,18).

Le pouvoir de pardonner les péchés est l’un des plus grands dons faits à l’Eglise. Le fidèle par ce sacrement récupère son intimité avec Dieu et avec ses frères, et retrouve la paix. Profitons-en au maximum pour notre sanctification. Aujourd’hui, les prêtres représentent les Apôtres pour nous donner le sacrement de réconciliation. Comme l’enfant prodigue retournons vers le Père. Reconnaissons que Dieu est lent à la colère et plein de miséricorde et reprenons chaque fois notre place de fils de Dieu. (Lc 15,17).

II- 4- Conditions pour vivre réconciliés

1- la parole de Dieu doit être la clé de route d’accès à l’humilité, sans oublier les enseignements doctrinaux de l’Eglise. « si quelqu’un veut à moi qu’il renonce à lui-même ». ( Mt16, 24). 2- La prière personnelle, conjugale et familiale. C’est dans la prière que nous puisons la force de l’Esprit Saint pour vivre réconciliés. Rendre visite au Saint Sacrement. 3- aller régulièrement au sacrement de réconciliation 4- Participer à l’eucharistie. A l’Epiclèse, moment de l’invocation du Saint-Esprit par le célébrant, confier l’offenseur à Dieu en demandant la grâce du pardon. Dieu attend aujourd’hui que les chrétiens vivent en paix entre eux, dans la réconciliation d’où naît l’unité dans l’amour. Tout cela ne pourra être réalité que par une vie de prière rigoureuse.

III- La vie de prière

Dans la prière, notre vie à la suite de Jésus prend une dimension nouvelle. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». (Jn15,5 ). « Demeurez en moi comme moi en vous… » ( Jn15,5 ).

Créés à l’image de Dieu, notre vie n’a et n’aura de sens qu’en Dieu notre créateur. Comme la vie du poisson hors de l’eau est vouée à la mort, ainsi la vie du chrétien, du couple ou de la famille n’a pas de sens, sans une communion parfaite et profonde avec Dieu. Le mariage étant une alliance à trois, Jésus n’a-t-il pas dit « demeurez dans mon amour » (Jn15,9b ). Dieu parle à l’homme pour lui exprimer son Amour. Il attend donc de l’homme une réponse d’amour qui s’exprime par la prière. La prière est l’élévation de notre âme vers Dieu, elle permet d’aboutir à un dialogue, un échange avec Dieu. Cependant, on n’apprend pas à prier en faisant de longs discours, mais en s’y exerçant dans le concret du quotidien. Prier c’est donc rencontrer son Dieu seul à seul dans un cœur à cœur, en couple ou en famille et dans un dialogue franc et clair. C’est une ouverture d’esprit vers son Père, son Dieu pour lui parler. C’est le cri d’amour du fils vers son Père. C’est aussi le cri de détresse, de demande, de supplication et de louange vers le créateur. (Mt6, 5-15). Saint Augustin dit : « Tu nous as faits Seigneur, nous sommes à toi, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ».

A ce sujet, nous développons trois formes de prière : 1) la prière personnelle 2) la prière conjugale 3) la prière familiale

III- 1- la prière personnelle Souvent, nous avons peur de la prière et nous ne savons comment nous y prendre. Or la vie chrétienne personnelle trouve sa loi non pas dans un code écrit mais dans l’action personnelle du Saint-Esprit qui anime et guide le chrétien. Pour le chrétien la vie de prière commence dès le baptême qui fait de lui fils de Dieu le Père, membre du corps du Christ qu’est l’Eglise.(1Co12,13).

Le chrétien devra l’entretenir en l’arrosant aux sources de la parole de vie (Saintes Ecritures) et du Sacrement de vie (l’eucharistie) qui n’est point à séparer du sacrement de réconciliation. Le matin, au réveil,il sera bon d’offrir notre journée par des prières adressées à la Sainte Trinité et à la Vierge Marie après le partage de l’évangile du jour. Puis la journée toute entière remplie par les choses et les affaires de ce monde, nous nous devrons de nous concentrer à prier sans cesse, sans jamais nous décourage r( Lc18,1) en faisant de chacune de nos activités un acte d’action de grâces, en faisant précéder chacune d’elles de cette intention « pour toi Seigneur ». Ainsi les petites colères qui naissent au cours de la journée seront très vite pardonnées et mieux vécues. Fredonner de petits chants de louange ou d’action de grâce pendant qu’on est à pieds, à moto ou en véhicule sur le chemin. Prier sans cesse ne veut pas dire de multiplier les actes ou moments de prières, mais cela exige de nous , de nous tourner intérieurement vers Dieu et d’orienter notre vie vers lui. Le soir, avant de se coucher, disons une courte prière en remerciant Dieu et en lui demandant pardon pour nos imperfections dans le travail, nos affaires, ainsi que pour nos infidélités et nos ingratitudes dans les actions menées. La prière individuelle ou personnelle est évidente et obligatoire car elle est une arme pour le chrétien ( Mt 26,36-44 ; Jn 17,1-26). « la prière est la force du chrétien et la faiblesse de Dieu » a dit Saint Augustin.

III- 2 – La prière conjugale

Avant même de prier avec les enfants, les époux sont invités à prier tous les deux ensemble. Très féconde, cette prière conjugale le semble plus souvent difficile qu’elle ne l’est réellement. A la question pourquoi les époux doivent prier ensemble, je répondrai que cela fait plaisir et fait la joie de Dieu qui voit ses enfants lui confier leurs projets, leurs joies et leurs peines. Et le Christ qui a contracté une alliance spéciale avec les époux le jour du mariage, est heureux de faire passer en leur cœur la louange de Dieu. Quand donc les époux refusent de prier ensemble, c’est désobéir à Jésus, c’est l’attrister. La prière étant une source d’unité quotidienne entre le couple, il est certain que si tous les couples chrétiens avaient une vie de prière quotidienne cohérente, la grâce de leur mariage faite de fidélité serait protégée de manière quasi absolue ; parce que prier ensemble sans les enfants nous rappelle que nous sommes d’abord époux avant d’être parents. Plus la prière conjugale est simple, plus elle a la chance de durer.

III-3- La prière familiale

De nos jours beaucoup de parents se plaignent de leurs enfants qui ne sont plus dociles, obéissant et sont réfractaires à la Parole d Dieu et à la prière. Sur la base de leur dignité et de leur mission, les parents chrétiens ont le devoir spécifique d’éduquer leurs enfants à la prière, de les introduire à la découverte progressive du mystère de Dieu et à l’entretien personnel avec eux… « C’est dans la famille chrétienne, riche des grâces et des exigences du sacrement du mariage, que dès leurs plus jeunes âges, les enfants doivent, conformément à la foi reçue du baptême, apprendre à découvrir Dieu et à honorer ainsi qu’à aimer le prochain » (F C n° 60, p : 107).

L’exemple concret c’est-à-dire le témoignage vivant es parents est un élément fondamental et irremplaçable de l’éducation à la prière des enfants : c’est seulement en priant avec leurs enfants que le père et la mère, tandis qu’ils accomplissent leur sacerdoce royal, pénètrent profondément le cœur de leurs enfants en y laissant des traces que les événements de la vie ne pourront et ne réussiront pas à effacer.

Ecoutons de nouveau l’appel que le Pape Paul VI a adressé aux parents : « Maman, apprenez-vous à vos enfants la prière du chrétien ? Les préparez-vous, en collaboration avec les prêtres, aux sacrements du premier âge ? Les habituez-vous, s’ils sont malades à penser aux souffrances du christ, à invoquer l’aide de la Sainte Vierge et des Saints ? Récitez-vous le rosaire en famille ? Et vous pères, savez-vous prier avec vos enfants, avec toute la communauté familiale, au moins quelques fois ? Votre exemple, accompagné de la droiture de votre pensée et vos actes, appuyés par quelques prières communes, vaut bien une leçon de vie… » (FC p 108 Discours audience générale du 11/08/1976 du Pape Paul VI).

Si les parents prient ensemble, en adoptant aussi certaines attitudes extérieures comme celles de s’agenouiller quand il le faut et se lever lorsqu’il est nécessaire, de faire le signe de croix avant ou après la prière, ou de prier avant ou après le repas, avant de sortir de la maison. Les enfants les imiteront les imiteront peu à peu. Ils voudront eux aussi se mettre à genoux, ils esquisseront un signe, balbutieront quelques mots sans en comprendre le sens, mais entraînés uniquement par l’exemple.

Plus tard, le moment viendra où ils pourront apprendre à prier avec des mots. Des prières très courtes aideront l’enfant dans son dialogue naissant avec Dieu. Puis au fur et à mesure qu’ils grandiront, les prières se feront plus précises. Les parents doivent prendre vraiment à cœur cette tâche. Car il n’est pas du tout chrétien et responsable lorsqu’on voit certains écarter leurs enfants de leur lieu de prière à la maison, ou les laisser à la maison pour venir aux offices seuls. Ils fuient ainsi leur responsabilité et ne font rien pour aider les enfants dans ce domaine. Alors que les enfants doivent être éduqués de sorte que chacun connaisse son devoir lorsqu’il y a prière familiale. A l’un d’apporter et d’allumer la bougie, à l’autre d’arranger et de mettre un bouquet de fleurs sur l’oratoire, de préparer les lectures et l’Evangile du jour à lire, s’ils sont d’un certain âge. Tout ceci contribue à l’éducation chrétienne des enfants à connaître progressivement Dieu, à l’aimer et à aimer les hommes.

Dans certains foyers, on voit des enfants sages se montrant particulièrement dociles et recueillis, entrant facilement dans ce que vous leur demandez à l’heure à l’heure de prière. Ce sont les fruits de témoignages de vie de leurs parents. D’autres ont l’air de s’en moquer, passent leur temps à rire et à jacasser. Ceux-ci sont moins pieux que les premiers. Ils rechignent à prier en famille. Que les parents restent paisibles, vigilants et prient pour eux.

Partant de la prière en famille, n’oublions pas la prière liturgique. Les parents doivent s’arranger pour la participation progressive de tous les membres de la famille à l’Eucharistie, surtout le dimanche et les jours de fête.

L’autre aspect qu’il ne faut pas oublier ou négliger, c’est la prière pour les défunts. N’hésitons pas d’inviter les enfants à prier pour tel ou tel membre de la famille décédé, en leur expliquant que c’est le plus beau cadeau qu’ils puissent offrir à ceux qu’ils aiment au-delà de la mort. Voici quelques repères pour rendre opérationnelle la prière en famille.

• Prendre la décision de prier • S’y mettre sans attendre • Déterminer la durée de la prière • Renoncer à évaluer sa prière • Persévérer dans la foi • Garder confiance envers et contre tout La prière étant un dialogue avec Dieu, il est impérieux de laisser Dieu nous parler.

Conclusion Le pardon est la plus haute forme de solidarité sans laquelle nos prières ne peuvent sans laquelle nos prières ne peuvent être exaucées. La famille chrétienne voulue et créée par Dieu ne peut vivre pleinement sa vocation sans une communion parfaite avec le Seigneur Dieu qui fait aboutir par le dialogue et l’échange avec Dieu c’est-à-dire la prière, source de réconciliation.

Daigne l’Esprit Saint susciter en nous une disposition permanente de vie de prière sans laquelle nous ne pourrons rien faire. Car la Parole montre où est le bien, seul l’exemple montre qu’il est possible de le vivre. Que la Vierge Marie, Mère des hommes et Reine des foyers, nous accompagne dans nos vies.

Enseignement proposé par le couple Joseph et Marie FONTON

Publié le 31 août 2009.