Les émissions "Chronique sacerdotale" sont initiées dans le cadre de l’Année Sacerdotale par la Radio Immaculée Conception d’Allada, radio catholique du Bénin (Afrique). Les émissions sont assurées par le Père Frédéric Serge KOGUE, tous les jours du lundi au vendredi à 11H45 et le samedi à 14H00. La radio en diffuse trois thèmes par semaine (un thème les lundis et mardis, un autre les mercredis et jeudis, un troisième les vendredis et samedis).
Il est beau de réfléchir au signe important dans lequel et par lequel le Sacrement de l’ordre est conféré ! Au centre du rituel de l’ordination, se trouve le très antique geste de l’imposition des mains, geste à travers lequel Jésus prend possession du prêtre. Car, dans le geste sacramentel de l’imposition des mains de la part de l’Evêque, c’est le Seigneur lui-même qui impose les mains au prêtre en lui soufflant au creux de l’oreille : « Tu m’appartiens. Tu es sous la protection de mes mains. Tu es sous la vigilance de mon cœur. Tu es préservé dans le creux de mes mains. Reste dans l’espace de mes mains et donne-moi les tiennes, donne-moi tes mains. Sois sans crainte ! Je suis avec toi ! Je ne te quitte pas, je ne te quitterai jamais !" » Ce signe sacramentel résume tout un parcours existentiel. Le Seigneur, du haut de sa grande bonté, prend le prêtre par la main et l’attire définitivement à Lui. Les mains du prêtre ont été ointes de l’huile, signe de l’Esprit Saint et de la force de l’Esprit Saint. Et pourquoi précisément les mains ? Parce que la main est l’instrument de l’action de l’homme, c’est le symbole de sa capacité à affronter le monde, précisément sa capacité à "le prendre en main" et à se prendre en main. Le Seigneur impose les mains au prêtre et veut avoir les mains du prêtre pour en faire dans le monde les mains de son action, pour en faire ses mains propres, les siennes propres. Le Seigneur voudrait que les mains du prêtre ne soient plus des instruments pour prendre les choses, les hommes ou encore le monde pour lui-même, au contraire, pour que les mains du prêtre transmettent son action divine, se mettant au service de son amour. Le Seigneur voudrait que les mains du prêtre deviennent instruments et outils de service, véritable expression de la mission de la personne tout entière qui devient dépositaire de la grâce qu’elle apporte aux hommes par l’opération de l’Esprit Saint. Quelle confiance et quel risque tout à la fois de la part du Seigneur qui pose et dépose sa main sur un prêtre, un être fragile qui dure peu ! Les signes essentiels de l’Ordination sacerdotale sont en tout cas, manifestations de cette prise en charge par le Seigneur : l’imposition des mains, la remise de la Parole entre les mains du prêtre, la prise entre les mains de la coupe à travers laquelle Jésus transmet le mystère le plus profond et le plus personnel qui fût... Le pouvoir de l’absolution qui se déploie dans la formule de l’absolution accompagnée du geste en lequel la main du prêtre bénit le pénitent fait également partie du dépôt. Dieu amène le prêtre à participer à une prise de conscience de la misère du péché et de toute l’obscurité du monde ; c’est ainsi que le Bon Dieu dépose entre les mains du prêtre la clé pour ouvrir à soi et aux autres la porte vers le bonheur qui vient du Père. Le prêtre devra toujours et constamment revenir à ce moment historique, mémorable et fondateur, au kaïros de ce geste de l’imposition des mains qui n’a rien de magique, symbolisme si riche et si plein de mystère. Dans la prière silencieuse qui l’accompagne, a lieu la rencontre entre deux libertés : la liberté de Dieu, qui agit à travers l’Esprit Saint, et la liberté de l’homme. L’imposition des mains exprime concrètement la modalité spécifique de cette rencontre : l’Eglise, personnifiée par l’Evêque debout les mains tendues, prie l’Esprit Saint de consacrer le candidat ; le diacre, à genoux, reçoit l’imposition des mains et se remet à cette médiation. L’ensemble des gestes est important, mais le mouvement spirituel, invisible, que celui-ci exprime est infiniment plus important ; un mouvement bien évoqué par le silence sacré, qui enveloppe tout à l’intérieur et tout à l’extérieur. Dieu soutient les siens. A eux de fixer le regard vers Lui, à eux de tendre les mains vers Lui. Laissons-nous prendre par sa main et nous ne coulerons pas, mais nous servirons la vie qui est plus forte que la mort, nous servirons l’amour qui est plus fort que la haine. Dieu nous y aide maintenant et pour les siècles des siècles ! Amen !
Père Frédéric Serge KOGUE