La fidélité du prêtre

6è émission

Jean-Paul II, Grand Pape s’il en fût, se plaisait à rappeler que la toute première fidélité demandée à un prêtre, c’est de continuer à croire à son propre mystère. Mystère de prêtre, mystère de fidélité. Car, à l’instar du juste qui vivra par sa fidélité (Ha 2, 4), le prêtre ne vit que par sa fidélité afin de continuer à chanter sans fin les merveilles du Seigneur (Ps. 88/89, 2).
Mystère de fidélité, fidélité du prêtre, fidélité du prêtre qui est avant tout fidélité à son Seigneur. Le Seigneur, lui, est toujours fidèle et sa fidélité demeure, se renouvelant d’âge en âge. Sa proximité est témoignage de la fidélité de l’amour éternel dont il aime sa création, dont il aime particulièrement l’homme, dont il aime plus particulièrement le prêtre dans son Fils, Grand Prêtre de l’Alliance Nouvelle. De plus, c’est une source de courage et d’abnégation pour le prêtre de savoir que la fidélité de son Dieu est un puissant allié, que son engagement personnel de sanctification et de fidélité contribue à l’efficacité de son ministère. La fidélité du Seigneur appelle la fidélité au Seigneur. Et la fidélité au Seigneur est fidélité à soi-même ; fidélité à soi qui est fidélité à l’appel reçu, fidélité aux convictions inaugurales. Du coup, en se faisant en tout fidèle au Christ, le prêtre devient conséquemment un peu plus fidèle aux divers ministères que l’Eglise lui confie ; fidélité difficile voire impossible sans une fidélité d’amour ardent au mystère de l’Eglise et à la redécouverte continuelle de sa dimension divino-humaine. En cette année de grâce, la problématique qui polarise les attentions est bien opportunément Fidélité du Christ, fidélité du prêtre !
La fidélité du prêtre est, à n’en point douter, fidélité à la foi, fidèle à sa foi, fidélité au contenu de la foi catholique ; elle incite à veiller à ne pas dénaturer l’Evangile, à ne pas s’annoncer dans son propre évangile taillé à la mesure de ses tripes personnelles, de ses travers et revers, à la mesure de ses incapacités, de ses limites et de ses incohérences. Le prêtre est convié à prolonger la présence du Christ, unique et souverain Pasteur, en retrouvant son style de vie et en se rendant peu ou prou transparent à lui au milieu du troupeau.
Il est atteint ici un point crucial de notre fidélité non seulement à l’Eglise mais à Jésus et à son message. C’est pourquoi le prêtre doit journellement remotiver en lui-même la mystique de sa vocation. Le service du prêtre apparaîtra toujours et à jamais comme un don joyeux qui attire l’amour et la bénédiction de Dieu. Il est heureux de prendre conscience de ce que les difficultés et les défis ne manqueront pas, de ce que ce ne sera guère aisé !
A chaque prêtre « a été donnée la grâce de construire le Corps du Christ. Soyons-y fidèles ! Soyons-y héroïquement fidèles ! Ne nous arrêtons devant rien ! Persévérons dans la fidélité au Christ ! La victoire est au Christ Jésus !

Merci ! Ave Maria !

Abbé Frédéric KOGUE

Publié le 26 février 2010.

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