La "Jeunesse" dans la Doctrine sociale de l’Eglise

La "jeunesse" ne saurait constituer un thème à proprement parler de la doctrine sociale de l’Eglise. Cependant, l’Eglise, toute attentive à ce qu’elle considère comme sa propre espérance et celle du monde, est riche d’enseignement à son propos, en particulier en ce qui concerne l’éducation. Quant aux jeunes d’aujourd’hui, quelque peu "déboussolés", elle cherche plus que jamais à leur transmettre son plus cher trésor, le Christ.

1. Attention de l’Eglise pour la jeunesse

A l’exemple du Christ

"Un trait caractéristique de la vie du divin maître est la particulière affection qu’Il témoigne à la jeunesse (...). S’inspirant de ce même esprit (...) l’Eglise n’a cessé dès l’origine de se montrer embrasée du même amour et animée du même zèle à l’égard des jeunes gens".
Pie XI, Singulare illud, 13 juin 1926.

"Le pape aime chaque homme et tous les hommes (...) mais il a une préférence pour les plus jeunes parce que ceux-ci avaient une place privilégiée dans le cœur de Jésus, qui désirait rester avec les enfants (Mc10, 14 ; Lc 19,21) et s’entretenir avec les jeunes (...). Jean, l’Apôtre le plus jeune, était son préféré".
Jean-Paul II, Aux enfants et aux jeunes, 8 novembre 1978.

Parce que l’Eglise est jeune elle aussi

"L’Eglise est toujours jeune ! Force et vertu de Dieu, (...) elle ne peut au cours des siècles succomber au poids de l’âge, mais, pure de toute erreur, elle vit une vie indestructible et retrouve toujours à nouveau sa vigueur juvénile...".
Pie XII, à l’action catholique italienne, 7 septembre 1947.

"Nous voudrions toujours être entouré par la jeunesse ! C’est bien à elle que s’adresse spontanément Notre sympathie et Notre confiance (...). C’est à elle, surtout, que s’adresse le génie de la religion (...). L’Eglise aime la jeunesse, comme un vieil arbre aime le printemps ; bien plus : l’Eglise elle-même est et se sent jeune, parce que les principes dont elle vit sont éternels".
Paul VI, Séminaire régional européen de la jeunesse, 23 juillet 1963.

Parce que la jeunesse est l’espérance du monde à venir

"L’enfant, l’adolescent est une « espérance », espérance pleine de promesses, pour la famille, pour la patrie, pour toute la société humaine, mais en même temps, précieuse espérance de l’Eglise, du ciel et de Dieu lui-même".
Pie XII, radio-message du 5 août 1951.

Cette jeunesse doit être formée et éduquée, car elle est "comme une fleur encore en bouton".
Jean XXIII, congrès de l’enseignement secondaire, 19 mars 1960.

"Vous êtes la promesse de demain. Vous êtes l’espérance de l’Eglise et de la société".
Jean-Paul II, discours aux enfants et aux jeunes gens, 8 novembre 1978.

2. Importance de l’éducation

"L’éducation, en effet, imprime aux âmes la première, la plus puissante et la plus durable direction dans la vie".
Pie XI, "Divini illius magistri", 31 décembre 1929.

"Quelle chose plus importante dans la vie de l’humanité que l’éducation ?".
Pie XII, radio-message du 5 août 1951.

Tout d’abord, comprendre la jeunesse

"(La) plainte d’incompréhension n’est pas nouvelle ; elle se rencontre à chaque génération et elle est réciproque : entre l’âge mûr et la jeunesse, entre les parents et les enfants, entre les maîtres et les élèves. (...) Cette incompréhension a comme conséquence, d’un côté, une réaction qui peut parfois dépasser les limites de la justice, une tendance à repousser toute nouveauté, un soupçon exagéré de rébellion contre toute tradition, de l’autre, un manque de confiance qui éloigne toute autorité et qui fait chercher des solutions et des conseils en dehors de tout jugement compétent".
Pie XII, allocution au congrès des religieuses éducatrices,1er septembre 1951.

"Prétendre réformer la jeunesse et la convaincre par la soumission, prétendre la persuader par la contrainte, serait inutile et pas toujours juste. Vous l’inciterez bien mieux à vous donner sa confiance, en vous appliquant à la comprendre et à vous faire comprendre par elle".
Pie XII, ibid.

"Promouvoir un humanisme plénier"

"Education physique qui fortifie les énergies du corps ; éducation intellectuelle qui développe et enrichit les facultés de l’esprit ; éducation morale et religieuse surtout, qui illumine et guide l’intelligence, qui forme la volonté et la rend vigoureuse, qui discipline et sanctifie les mœurs, et qui seule donne à l’image de Dieu sa ressemblance avec le modèle divin...".
Pie XII, radio-message du 5 août 1951.

"Il faut donc, en tenant compte des progrès des sciences psychologique, pédagogique et didactique, aider les enfants et les jeunes gens à développer harmonieusement leurs aptitudes physiques, morales, intellectuelles, à acquérir graduellement un sens plus aigu de leur responsabilité, dans l’effort soutenu pour bien mener leur vie personnelle et poursuivre la vraie liberté... ".
Vatican II, Gravissimus educationis momentum, 28 octobre 1965.

"C’est un humanisme plénier qu’il faut promouvoir. Qu’est-ce à dire, sinon le développement intégral de l’Homme et de tous les hommes ? (...) Il n’est d’humanisme vrai qu’ouvert à l’Absolu, dans la reconnaissance d’une vocation qui donne l’idée vraie de la vie humaine...".
Paul VI, "Populorum progressio", mars 1967.

"L’éducation consiste à ce que l’Homme devienne toujours plus Homme, qu’il puisse être davantage et pas seulement qu’il puisse avoir davantage, et que, par conséquent, à travers tout ce qu’il a, tout ce qu’il possède, il sache de plus en plus être Homme".
Jean-Paul II à l’UNESCO, 2 juin 1980.

Importance de la culture et du savoir humain

"Il serait erroné de considérer les disciplines du savoir humain comme de simples auxiliaires de la Foi et des moyens principalement orientés vers des fins apologétiques. L’enseignement scolaire doit tendre à faire acquérir à l’élève des techniques, des connaissances, des structures mentales et des méthodes intellectuelles, des aptitudes morales et sociales qui lui permettent de s’épanouir dans sa personnalité et de s’insérer dans la communauté humaine comme un membre utile".
Paul VI, "Le projet éducatif de l’Eglise catholique", 19 mars 1977.

"En effet, la culture est avant tout un appel, qui résonne au plus profond de la conscience et qui oblige la personne à s’améliorer elle-même pour améliorer la société".
Jean-Paul II, audience du 25 mars 1997.

3. Envoi en mission

"Il y a, parmi les jeunes, une très grande recherche de la vérité (...), une recherche du sens des choses, une recherche de projets, une recherche de valeurs".
Jean-Paul II, Turin, 3 septembre 1988.

Une jeunesse assoiffée dans un monde en crise

"Chers jeunes, combien de fois avez vous ressenti cette même perplexité et désillusion ! Le désespoir, la tentation de l’abandon ou de la fuite en face de l’énormité des problèmes du monde dans lequel nous devons vivre, de ceux de la société ou de notre propre vie personnelle, et lorsque vous vous rendez compte que les solutions ne sont ni simples ni immédiates".
Jean-Paul II, Bolivie, 11 mai 1988.

"Le monde dans lequel nous vivons est secoué de crises variées parmi lesquelles unes des plus dangereuses est la perte du sens de la vie. Beaucoup de nos contemporains ont perdu le vrai sens de la vie et en cherchent des succédanés dans la consommation effrénée, dans la drogue, dans l’alcool et dans l’érotisme. Ils cherchent le bonheur, mais le résultat est une profonde tristesse, un vide du cœur, et souvent le désespoir. Dans une telle situation, beaucoup de jeunes se posent des questions fondamentales : comment dois-je vivre ma vie pour ne pas la perdre ? Sur quelle base dois-je construire ma vie pour qu’elle soit vraiment heureuse ? (...) Ce sont des questions parfois vraiment dramatiques...".
Jean-Paul II, message aux jeunes, 13 décembre 1987.

"Le fait que beaucoup de jeunes aient peur de considérer leur propre vie comme un projet impliquant un choix définitif peut être imputé, en termes généraux, à cette culture au souffle court, propre aux pays riches. On y trouve une sorte de peur de penser, d’espérer, d’agir en grand. A cela, s’ajoute (...) la perte de l’amour créatif par un repli sur des satisfactions superficielles et réductrices : la société de consommation".
Jean-Paul II, Turin, 3 septembre 1988.

"Il ne manquera pas d’hommes pour vous présenter des solutions qui, en fait, résultent d’une fuite car elles laissent les vrais problèmes sans solutions. Ceux-ci ne seront pas résolus par les objectifs de plaisir que propage la société de consommation, où ce qui importe est ce que l’on "a" plutôt que ce que l’on "est" et dans laquelle la recherche égoïste du bien-être personnel rejette dans l’oubli les situations de marginalisation, de solitude et d’abandon qui peuvent exister autour de soi...".
Jean-Paul II, Bolivie, 11 mai 1988.

Une seule source d’eau vive : le Christ.

"Voilà ce que l’éducation fait avant tout ; voici ce qui donne le sens à la vie : connaître le Christ comme un ami..."
Jean-Paul II, au Madison square garden (USA), 3 octobre 1979.

"L’Homme ne peut vivre sans amour. Il demeure pour lui-même un être incompréhensible et sa vie est privée de sens s’il ne reçoit pas la révélation de l’amour (...). Et combien cette réalité vaut-elle pour les jeunes qui vivent une période particulière de responsabilité et d’espérance, de développement de la personne, d’aspiration à la vérité et aux voies de l’authentique bonheur ! ".
Jean-Paul II, message écrit ("Observatore romano" 48), 27 novembre 1986.

"La solution, vous la trouverez dans le dialogue avec Jésus de Nazareth qui, mort et ressuscité, nous indique un chemin, un chemin d’amour qui nous brûle le cœur et nous porte à nous consacrer au service de Dieu et des autres".
Jean-Paul II, Bolivie, 11 mai 1988.

Les jeunes, bâtisseurs de demain

"Le monde d’aujourd’hui est une grande terre de mission, jusque dans les pays d’ancienne tradition chrétienne. Partout le néopaganisme et le processus de sécularisation constituent un grand défi au message évangélique (...). A vous, les jeunes, revient d’une façon particulière la tâche de témoigner de la foi aujourd’hui et l’engagement de porter l’Evangile du Christ dans le troisième millénaire chrétien, de construire une civilisation nouvelle qui soit une civilisation d’amour, de justice et de paix".
Jean-Paul II, message écrit ("Osservatore romano" 52), 27 novembre 1988.

"Chers jeunes, je veux vous engager aujourd’hui à être des artisans de paix, par les chemins de la justice, de la liberté et de l’amour. Nous approchons du troisième millénaire : vous serez alors les principaux constructeurs de la société et les responsables premiers et immédiats de la paix (...). Soyez, à tous les moments et en toutes les circonstances de votre vie, des témoins de l’amour de Dieu, des semeurs d’espérance et des artisans de paix".
Jean-Paul II, Buenos Aires, 11 avril 1987.

"Jeunes, engagez-vous humainement et chrétiennement dans des actions qui méritent l’effort, le désintéressement et la générosité ! L’Eglise attend cela de vous et espère en vous !".
Jean-Paul II, à des élèves catholiques, 31 janvier 1979.

Extrait de Permanences n°388.

Publié le 21 août 2009.

Le coin des familles