Les émissions "Chronique sacerdotale" sont initiées dans le cadre de l’Année Sacerdotale par la Radio Immaculée Conception d’Allada, radio catholique du Bénin (Afrique). Les émissions sont assurées par le Père Frédéric Serge KOGUE, tous les jours du lundi au vendredi à 11H45 et le samedi à 14H00. La radio diffuse trois thèmes par semaine (un thème les lundis et mardis, un autre les mercredis et jeudis, un troisième les vendredis et samedis).
Le prêtre est un homme, un fils d’homme, fils de l’homme et de la femme. Le prêtre ne sort pas du marbre ou du granite. Le prêtre n’est pas issu d’un rocher pas plus qu’il n’est sorti d’un arbre. Le prêtre n’est pas taillé dans un bois différent de celui des autres hommes. Il porte toujours et encore le poids et le fardeau de son humanité blessée, humanité sociale et collective, mais aussi humanité personnelle et individuelle ; humanité que le Rédempteur n’arrête de sauver en lui ! Le plus clair du temps, tout le monde attend du prêtre infiniment plus qu’il ne peut donner. Tous désirent le voir réalisant ce que personne, humainement parlant, ne saurait, ne pourrait réaliser : on lui crée le destin d’un surhomme et d’un super homme, d’un messager extraordinaire qui d’une parole, déplacerait montagnes et vallées, le destin d’un thaumaturge dont le remède doit être efficient et efficace à tous les coups, le destin d’un grand exorciste dont la parole fasse tomber les malades et les maladies.
Pour étrange que cela puisse paraître, le prêtre est un homme fragile, un homme frêle, un homme vulnérable qui avance à tâtons, avec crainte et tremblement, porté par le mystère de sa consécration, le mystère de Celui qui le guide ! Monseigneur Dominique Rey écrit que le prêtre, chaque jour dans sa prière, devra redire en se frappant la poitrine : « Seigneur, aie pitié de moi, pauvre pécheur ! Seigneur, je crois, mais viens au secours de ma foi. » A la vérité, le Christ n’a jamais appelé des supermen ni des héros inaccessibles, Jésus-Christ a toujours fait choix des pécheurs entre les mains de qui il remet son œuvre de salut. C’est pourquoi l’apôtre Paul a raison de constater avec justesse que ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile.
Le prêtre est un être fragile, comme les autres chrétiens, comme les autres hommes ! Si le prêtre nous exhorte à la vie parfaite, il peut, pour sa part, avoir lui-même de la peine à vivre une vie parfaite ! Si le prêtre nous invite à pardonner, il peut être surpris en flagrant délit de refus de pardonner ! Si le prêtre nous annonce la foi, il peut avoir, malgré lui, ses heures de doute, ces heures où sa foi vacille en donnant l’impression d’une flamme qui s’éteint ! Si le prêtre nous parle de l’Amour qu’est Dieu, il peut être connu comme celui qui est loin d’en témoigner dans sa vie !
Chaque prêtre en est là, conscient des efforts qu’il fait et des efforts qu’il ne fait pas ! Dieu se sert même de la fragilité humaine du prêtre pour réaliser son œuvre propre. Mais la fragilité n’est pas une carte blanche pour la médiocrité, prétexte pour le refus de l’effort et de l’effort coûteux. En toute vérité, il faudra regarder en face les lieux et les nœuds de sa fragilité, les affronter et ne point prétendre les dissimuler ; sinon tôt ou tard, ils réapparaîtront au grand jour de façon plus incisive, de façon plus accablante parce que plus dramatique. Il faut consentir à se remettre en cause, il faut consentir à exercer sur soi un regard critique. Alphonse Quenum exhorte à la lucidité sur soi-même, lucidité nécessaire pour ne pas sombrer sinon dans la complaisance du moins dans l’indifférence vis-à-vis de ses propres fragilités !
Père Frédéric Serge KOGUE