
La beauté du prêtre tient à la beauté de la grâce sacerdotale déposée en lui, elle tient à cette incomparable configuration unique du prêtre à l’Unique Prêtre, à l’Unique Grand Prêtre, à Jésus-Christ. Cette beauté n’a rien de ressemblant à une quelconque esthétique physique ou encore à une quelconque proportion des formes du visage. La beauté du prêtre dépasse le visible, elle passe le saisissable, elle transcende l’humainement touchable. Du coup, la beauté du prêtre devient inaltérable, du fait même du caractère indélébile dont l’être est frappé. Elle est inscrite dans la durée, dans la persévérance, dans le pour-toujours en sorte que les pires des pires revers de l’existence ne sauraient l’entamer. Tenez ! Mgr Dominique Rey raconte qu’un jour, on signala au Pape Jean-Paul II, que l’on avait rencontré et reconnu, place Saint Pierre à Rome, un prêtre devenu mendiant. En conclusion d’une vie gagnée par l’errance, atteinte par la déchéance, ruinée par la mélancolie et mise en lambeaux par l’alcoolisme, ce prêtre avait claqué les portes de son ministère sacerdotal. Jean-Paul II affaibli par la nouvelle, fit chercher et rechercher le misérable dans tout Rome. Celui-ci fut accueilli au Vatican et le Pape se mit à genoux et se confessa à lui. Jean-Paul II venait de ressusciter définitivement en cet homme la dignité perdue de son sacerdoce, il le poussa à retrouver la beauté que Dieu avait mise en lui au jour de l’ordination.
La beauté du prêtre tient aussi à chacun de ses actes ministériels qui nous rajeunit, nous transfigure, nous incorpore à la vie du Dieu qui est et qui ne change pas.
La beauté du prêtre est enfin action de grâce parce que logée dans la permanence du Fiat, du Me voici, du Oui à l’appel reçu, un Oui porté par la prière, un Me voici soutenu par tant et tant d’efforts, un Fiat entretenu par moult bras et quantité d’investissements ; action de grâce parce que beauté façonnée par toutes les personnes rencontrées, certainement servies -peut-être desservies-, beauté façonnée par les drames humains dont le prêtre est le confident, beauté façonnée par les multiples signes de la Providence dont il est le témoin privilégié, par les œuvres du Seigneur dont il est l’instrument.
Suprêmement, ultimement, la beauté du prêtre tient de la beauté du Christ et la beauté du Christ éclate dans sa passion. C’est en effet ce qui en lui a été le plus défait que Dieu a rendu le plus parfait. La vraie beauté est donc sacrificielle, entendu qu’elle est pascale puisqu’elle révèle le don en même temps qu’elle relève du don et de l’offrande de soi. Elle assume la douleur de la croix en laquelle elle s’accomplit, elle ne peut pas prétendre éviter le tragique du ministère, le tragique de l’existence, le tragique de la vie.
Prêtre, n’oublie pas ta beauté. Elle est la splendeur du vrai. Le monde a besoin de beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance.
Merci ! A bientôt ! Ave Maria !
Père Frédéric KOGUE