L’étape d’Agoué

Le jubilé a commencé

Plus de 10.000 fidèles catholiques venus de tous les diocèses du Bénin ont vécu dans la prière à Agoué le dimanche dernier le lancement de la commémoration des 150 ans d’évangélisation du Béni. L’occasion d’ordonner les 11e, 12e, 13e, et 14e prêtres sma béninois.

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Procession d’entrée

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Le couple présidentiel

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Les ordinands au cours de la prostration

« Faites sonner de la trompette dans le pays. Exultez ! Que résonnent le cor et nos instruments de musique. Car voici que s’ouvre pour nous l’année du jubilé des 150 ans de l’évangélisation de notre mère patrie ». C’est par ces mots que Mgr Antoine Ganyé, président de la conférence épiscopale du Bénin, célébrant principal de l’Eucharistie de ce dimanche 18 avril 2010, ouvre l’année de grâce accordée par le Seigneur. Mgr Ganyé est entouré de 7 autres évêques béninois et de 167 prêtres. Pendant environ 5mn, a résonné le son des cornes de bélier utilisées comme trompettes, accordé au son d’autres instruments locaux, faisant éclater la joie du peuple chrétien du Bénin, rassemblé en cette solennité à Agoué. A la suite du célébrant principal, l’ouverture du jubilé a été proclamée et chantée en chœur aussi bien en mina, en fon, en yoruba qu’en dendi par la demi-douzaine de milliers de fidèles venus de tous les diocèses, participer à cette fête du jubilé. De Copargo, N’Dali, Gbozoumè, de Djidjè, Akodéha, Sagon, Savè, de Parakou, Malanville, Natitingou, des milliers de fidèles sont venus seuls ou en groupe, rendre grâce, unis en Eglise. Sainte Famille de Djidjè, par exemple, a envoyé une importante délégation de l’Amicale Sma de la paroisse. La veille, certains fidèles en pèlerinage à Agoué se sont préparés spirituellement à l’évènement. Les fidèles du doyenné d’Agoué, ainsi qu’une forte délégation de la paroisse Ste Bakhita de Calavi, ont fait une retraite aux flambeaux à travers la ville d’Agoué dont la paroisse plus que centenaire s’était parée de ses beaux atours.

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Les membres du gouvernement

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Les religieuses au cours de la messe

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P. André en interview

La célébration de l’annonce officielle du jubilé à Parakou, en décembre dernier, a renfermé plusieurs signes : l’arrivée au trot d’un cavalier signalé par un griot, le griot portant le livre des Saintes Ecritures qu’il a transmis à Mgr Ganyé qui, à son tour, l’a remis aux mains d’une famille, après l’avoir montré à toute l’assemblée qui l’a accueilli par un chant ; le second symbole au cours de cette célébration de l’annonce le 5 décembre dernier a été la déclamation du texte d’annonce du jubilé par un autre griot, habillé en tunique bariba et jouant de son tambour. Le texte a ensuite été repris en français, en fon, nago, ditamari, dendi, mina et en goun. A Agoué, au son des trompettes, symbole du jubilé, s’ajoutent deux autres symboles qui ont retenu l’attention et donné un cachet particulier à la célébration de ce dimanche : l’ordination de quatre nouveaux prêtres de la Société des missions africaines, ( Sma) cette société-même qui est venue annoncer la Bonne Nouvelle dans notre pays, il y a de cela 149 ans, signe évocateur d’un nouveau départ de l’évangélisation, signe aussi mémorable des noces et de l’action de grâce de deux sœurs aînées de Notre-Dame des apôtres. Pour tant de motifs de joie et de fête, Agoué passe également l’étape propice pour rendre hommage aux sœurs missionnaires de Notre-Dame des apôtres, dont plusieurs reposent dans son cimetière, reliques visibles et indélébiles d’une mission toute accomplie. Située dans la commune de Grand-Popo, Agoué jadis ville florissante, est très connue pour avoir été un pôle missionnaire, avant l’arrivée des Pères sma le 18 avril 1861 à Ouidah. Mgr Victor Agbanou, évêque du diocèse de Lokossa, dans son mot de bienvenue, au début de la célébration, a rappelé avec insistance que l’ouverture de l’année jubilaire à Agoué est « un retour aux sources, un pèlerinage sur les lieux mêmes qui ont vu la foi chrétienne naître chez nous ». Cette foi chrétienne, des générations de missionnaires, hommes et femmes, l’ont entretenue et soutenue.

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Les nouveaux prêtres avec leurs croix de mission

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sœurs Laurinda Amorin et Justine Djiffa, respectivement consacrées à Dieu depuis 76 et 50 ans

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Procession d’entrée

A la suite de ces annonceurs de la Bonne Nouvelle du salut, des milliers de Béninois se sont rendus en pèlerinage en ce grand jour sur la terre que ces missionnaires ont foulée de leur pied et arrosée de leur sueur et de leur sang. La plupart d’entre eux n’ont pas survécu sur cette terre de mission où ils ont marché, ils sont morts très jeunes, dans la fleur de l’âge. Comme l’a souligné Mgr Agbanou, « ils ont annoncé l’Evangile au prix de nombreuses tribulations et épreuves et même au prix de leur sang qui a arrosé et fécondé cette terre… » Désormais, ils sont nombreux, les chrétiens de toutes générations, de tous les coins du Bénin, à marcher sur cette terre où, en ce jour, le ciel et la terre se rejoignent et exultent. L’une des images qui frappent en cette journée est celle où l’Eglise du ciel et celle militante sur terre se rejoignent entre la chapelle d’Agoué, le cimetière où reposent certains missionnaires, et la plage qui les a vus débarquer pour l’aventure missionnaire. Et le Père Michel L’Hostis, supérieur régional des Sma s’en réjouit, témoignant avec ferveur : « s’il est possible de pleurer de joie au ciel, Mgr Brésillac et tous les missionnaires évoqués sont joyeux car cette journée est belle ! » Les missionnaires venaient pour ne pas repartir, comme l’indique ce cantique d’envoi en mission des sœurs Nda : « Partez mes sœurs, Adieu pour cette vie ! Portez plus loin le nom de Notre Dieu ». Mais le travail n’a pas été vain, retient l’évêque de Lokossa. Car plusieurs vocations sont nées sur cette terre de mission et, en ce jour de grande communion et de souvenirs, quatre autres fils du Bénin sont consacrés et envoyés eux aussi à l’aventure comme ceux qui nous ont apporté la Parole de Dieu. A ce titre, le Père L’Hostis exhorte tous les chrétiens à être solidaires de nos missionnaires et à soutenir leur engagement apostolique ; car ceux qui étaient venus ici étaient soutenus par leurs communautés chrétiennes d’origine. Les Pères Valentin Fadégnon et José Florent Kakpo sont envoyés au Nigeria, Désiré Salako en Tanzanie et Anselme Yonlonfoun en République centrafricaine. A ces jeunes missionnaires munis d’une croix et revêtus chacun d’une chasuble beige avec une palmature ornée, au-devant, du logo de la Sma, et au dos, du logo du jubilé, le supérieur régional recommande de ne jamais oublier leurs racines et de ne pas faire la comparaison. Et il insiste pour finir : « si ça ne va pas mieux, dites que c’est pour cela qu’on m’a envoyé ». Quant aux sœurs Laurinda Amorin et Justine Djiffa, respectivement consacrées à Dieu depuis 76 et 50 ans dans la congrégation des sœurs de Notre-Dame des apôtres, elles rendent grâce à Dieu pour elles-mêmes et pour tous ces missionnaires qui ont donné leur vie afin que naissent en terre béninoise de nombreuses vocations pour perpétuer l’héritage reçu, il y a 150 ans. Les fils du terroir venus de Cotonou et d’ailleurs se sont beaucoup investis pour que cette fête de reconnaissance, d’action de grâce et de souvenir soit belle.

Satisfaits et unis dans la même foi, les nombreux fidèles chrétiens ont exprimé leur joie et leur allégresse à l’issue de cette grand’messe d’ouverture par des chants et danses populaires. Au cours des agapes fraternelles sur la plage d’Agoué, le Seigneur a multiplié le pain et le poisson pour nourrir la grande foule des croyants, comme Il a nourri Pierre et les autres disciples sur la berge du lac de Tibériade ; d’ailleurs, fort providentiellement, l’Evangile de ce dimanche (Jn 21, 1-19 ) y est revenu ; c’est aussi un signe de Dieu pour l’Eglise au Bénin qui exprime sa gratitude au Dieu de toute bonté et prie pour les missionnaires qui ont rejoint la Patrie céleste.
Sur le banc des invités. Il y avait le président de la République, Boni Yayi et son épouse, le ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki et une forte délégation gouvernementale. On notait aussi la présence de Me Robert Dossou, président de la Cour constitutionnelle et fils de la commune de Grand-Popo. Comme eux, tous les fidèles sont présentés à Dieu, Maître de l’histoire, au moyen du rônier, symbole de l’espérance que porte notre Eglise dans le temps et son désir ardent d’être toute à tous.

Sr Valérie Zinsou

Publié le 26 avril 2010.

P.S. : Nous vous offrirons bientôt l'album photo du lancement du Jubilé

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