L’IDENTITÉ DU PRÊTRE

4ème émission

De façon immuable, le prêtre trouve toujours la source de son identité dans le Christ Prêtre. Ce n’est pas le monde qui fixe son statut, au gré des besoins ou des conceptions, au gré de l’air d’un temps

De façon immuable, le prêtre trouve toujours la source de son identité dans le Christ Prêtre. Ce n’est pas le monde qui fixe son statut, au gré des besoins ou des conceptions, au gré de l’air d’un temps fuyant, au gré des revendications sociales. Le prêtre est marqué du sceau du Sacerdoce de Jésus-Christ, pour participer à la fonction de Celui-ci, Unique Médiateur et Unique Rédempteur. C’est eu égard à ce lien fondamental et fondateur que s’ouvre au prêtre le champ immense du service des âmes, pour leur salut dans le Christ et dans l’Église, service axé sur la ressemblance au Christ qui offre sa vie pour ses brebis, Dieu veut en effet que tous les hommes soient sauvés, qu’aucun de ces petits ne se perde.
Consacré pour agir au nom du Christ-Tête, pour faire entrer les hommes dans une vie nouvelle en dispensant les mystères sacrés, la Parole, le pardon, le pain de Vie ; rassembler femmes et hommes dans le Corps du Christ, les aider à se former du dedans, à vivre et à agir selon le dessein salvifique de Dieu. In fine, l’identité du prêtre se manifeste dans le déploiement "créatif " de l’amour pour les âmes, inspiré et communiqué par le Christ Jésus lui-même.
Le prêtre devient ainsi témoin et dispensateur d’une vie autre que la vie terrestre sans oublier de se faire très proche des soucis humains. Il est celui qui d’ici indique un ailleurs, celui dont l’identité, essentielle à l’Eglise autant qu’au monde, doit être sauvegardée surtout en sa dimension verticale.
Ainsi, en raison de sa double appartenance, configuration au Christ et solidarité avec ses frères en humanité, le prêtre ne sera jamais celui qui se contente d’accomplir rituellement les actes d’un ministère quelconque, de jouer les pièces d’un spectacle multiséculaire jamais déphasé, d’être le héros d’un scénario spirituel qui n’engagerait que la périphérie de son être ; il est tout entier impliqué, entièrement concerné, totalement…. C’est en définitive tout son cœur, tout son être et toute sa vie qu’il tente de conformer au Christ : la prière en est l’âme, l’amour en est la sève, le renoncement à soi en est le moteur.
Car, par son ministère, le prêtre ne peut qu’éclairer les personnes, les guider au for interne, les accompagner à l’externe, leur administrer les sacrements qui sont plutôt les actes du Christ ; l’efficacité de ces actes, rappelons-le, n’est d’aucune façon diminuée par l’imperfection ou l’indignité du ministre ; mais, en revanche, cette efficacité se trouve grandement favorisée par la sainteté personnelle du prêtre, par son témoignage perceptible, comme aussi par le mystérieux échange des mérites dans la communion des saints.
Vivement qu’une plus vive conscience ravive notre joie d’être prêtres ; vivement que cette conscience attise notre désir de l’être plus profondément !

Abbé Frédéric KOGUE

Publié le 18 février 2010.

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