Jeudi 30 Septembre 2010

Frères et soeurs en Christ, chers amis,

Job se revèle à nous aujourd’hui comme un homme de grande espérance. "Mon rédempteur est vivant, je le verrai". Il n’a pas fait de procès à Dieu pour ses biens perdus, mais sa vie est plus importante que ses biens, et la véritable amitié pour lui , c’est celle avec Dieu et non celle avec les hommes, ses amis qui viennent lui prouver leur perversité en lui démontrant que jamais l’innocent ne souffre. Il sait, lui, Job, que son rédempteur est vivant et il demande que cette espérance forte qu’il porte en lui soit écrite non avec de l’encre qui s’efface avec le temps, mais soit sculptée sur le roc pour toujours : "Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin, il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même, je le verrai, et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas." Job ne célèbre pas le deuil, il célèbre l’espérance.
Et c’est justement pour ancrer cette forte conviction d’espérance dans le coeur de ses soixante douze disciples et dans le coeur de ceux vers qui ils sont envoyés, que Jésus leur demande de ne pas emporter argent, sandales et sacs et qu’il les envoie comme des agneaux au milieu des loups. Lorsque vous manquez d’espérance, vous vous rendez justice à vous-même, vous vivez comme un loup. Lorsque vous possédez l’espérance, vous vous comportez comme un agneau qui s’en remet à la seule justice de Dieu. Allez-y comprendre quelque chose :" Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups" et ayez en écho le message lointain d’Isaïe : "Le loup habitera avec l’agneau". L’espérance tranforme le loup en agneau. L’espérance engendre en nous simplicité et innocence.
Il est remarquable, ce fait que le Seigneur les a envoyés deux à deux ; et non un à un ; il faut bien être deux pour que l’exercice de la charité soit effective, il faut bien quelqu’un en face (Dieu ou le prochain) pour que notre amour ou charité soit effective. Et ces hommes d’espérance sont envoyés en ambassadeurs de la paix qui ne devront pas sacrifier la prédication de l’évangile aux intérêts du siècle (salutations, flatteries, verbiages, etc..) "Ne vous attardez pas en salutations". La grande consolation de ces hommes d’espérance, c’est encore cette espérance qu’ils portent en la toute-puissance de celui qui les a envoyés.
Que l’Esprit-Saint fasse de chacun de nous des véritables témoins d’espérance et de sérieux ambassadeurs de la paix. Que saint Jérôme nous y aide.

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU
Saints Pierre et Paul AGLA-LES-PYLONES
COTONOU

Publié le 30 septembre 2010.

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