Jeudi 30 Décembre 2010

1re lecture : 1Jean2, 12-17 ; Evangile : Luc 2, 36-40

« Si quelqu’un aime le monde, il n’a pas en lui l’amour du Père » Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, la liturgie de la parole en ce jeudi de l’octave de Noël nous rappelle qu’il n’y a pas de vie de foi sans des convictions fermes. La vie chrétienne a besoin de repères, de convictions sûres qui servent de références à tout chrétien quel que soit son âge ou son degré de perfection. Voilà le message que saint Jean nous donne dans la première lecture.
« Si quelqu’un aime le monde, il n’a pas en lui l’amour du Père », déclare saint Jean. Il appelle « le monde » « les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l’orgueil de la richesse ». L’amour du monde désigne ainsi le péché qui retient l’homme en dehors de l’Alliance avec Dieu, qui brise en lui l’amour pour le Père. L’évangéliste recommande donc : « n’ayez pas l’amour du monde, ni de ce qui est dans le monde », c’est-à-dire n’ayez pas de compromission avec le péché ni d’inclination envers ce qui y conduit.

Saint Jean oppose au « monde avec ses désirs » « celui qui fait la volonté de Dieu ». Or faire la volonté de Dieu veut dire imiter le Seigneur Jésus, car « ce que fait le Père, le Fils le fait pareillement » (Jn 5). « Celui qui fait la volonté de Dieu » est donc celui qui se soumet à la volonté conjointe du Père et du Fils et la met en pratique. C’est pourquoi il « demeure pour toujours », selon ce que Jésus avait dit : « telle est la volonté de mon Père : que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle » (Jn 6). Saint Jean nous enseigne ainsi que l’expérience du commandement nouveau laissé par le Seigneur Jésus nous fait entrer dans la vie éternelle.

Cet humble « faire la volonté de Dieu » constitue le quotidien de la vie cachée à Nazareth et explique comment « l’enfant grandissait et se fortifiait » : il était « tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui ». Le rapprochement de ces deux lectures montre ainsi que la volonté de Dieu pour ses enfants est de vivre au cœur du monde sans compromission avec l’esprit du monde, pour apprendre l’obéissance au Père et pour transformer le monde de l’intérieur. Telle est l’imitation de Jésus-Christ à laquelle nous invite le temps de Noël.

Enfants de Dieu, nous sommes quel qu’en soit notre âge, notre degré de perfection ou notre niveau social appelés à cette rectitude de notre conduite. Constatons simplement que depuis Noël, selon l’évangéliste Luc, ce ne sont pas les autorités officielles, prêtres et scribes qui reconnaissent Jésus, mais de petits gens obscurs, des pauvres ou presque des inconnus sociaux. Que cela attire notre attention !

Père Janvier AZONHAHIN

Publié le 30 décembre 2010.

Repères