MEDITATION DU JEUDI 28 OCTOBRE 2010
Saints Simon et Jude, Apôtres : Fête
1re lecture : Ephésiens 2, 19-22 ; Evangile : Luc 6, 12-19
« Dieu qui nous a conduits à la connaissance de ton nom par la prédication des Apôtres, fais qu’à la prière des saints Simon et Jude, ton Eglise ne cesse de grandir en accueillant toujours de nouveaux croyants. » Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, voilà la prière d’ouverture de la célébration eucharistique de ce jour 28 octobre, où l’Eglise fête les saints Apôtres Simon et Jude. Cette prière résume pour nous les textes du jour et nous relance dans notre marche. Dieu nous a conduits à la connaissance de son nom par la prédication des Apôtres. C’est la mission que Simon le Zélote et Jude appelé Thaddée, deux apôtres moins connus mais célébrés au même titre que les autres membres du collège des douze ont reçu. Par leur prière (le collège des douze), l’Eglise ne cesse de grandir en accueillant toujours de nouveaux croyants, elle est donc apostolique, c’est-à-dire fondée sur les Apôtres.
C’est pourquoi l’évangile qui est adressée à l’Eglise en cette fête nous montre Jésus dans le choix des douze. Ce choix de Jésus qui est aussi un appel, une vocation, représente un événement solennel ; il est précédé d’une nuit de prière, il semble que le Christ ait muri cette élection décisive dans un face à face avec son Père. Jésus porte dans sa prière ceux qu’il aime le plus. Le succès de sa mission dépendra d’eux ; la foi des autres reposera sur eux. Jésus ne veut pas que leur vocation, leur appel vienne de lui : avant de les appeler il veut être sûr, par sa prière, que telle est la volonté du Père. Ici Luc nous fait voir deux aspects complémentaires de l’œuvre de Jésus. D’une part il s’adresse à quiconque veut l’entendre, proclamant aux foules que les temps nouveaux ont commencé. D’autre part il prépare son Eglise ; elle sera avant tout une communauté, ou une communion de communautés. De l’immense foule qui l’accompagnait, le Fils de Dieu a pris l’initiative de mettre à part douze hommes tout ordinaires, pour en faire des apôtres. Ils sont devenus prophètes de la bonne nouvelle. Et toi, et moi, ordinaires aussi, peut-être plus que les Apôtres, qui sommes de part notre baptême non seulement prophètes mais aussi prêtres et rois, qu’avons-nous fait et que faisons-nous de l’appel de Dieu que nous avons reçu et qui a fait de nous des membres de la grande famille des enfants de Dieu, donc des hommes et femmes à la suite de Jésus comme les douze.
Saint Paul dans la 1re lecture nous rappelle cette option fondamentale de la vie chrétienne. De la condition de païens à la dignité de chrétiens, quelle différence ? « Frères, maintenant, dans le Christ Jésus, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu… » Voilà une vision grandiose de L’Eglise et de notre unité dans l’Eglise qui étonnera peut-être bien des chrétiens d’aujourd’hui qui sentent plus habituellement leurs responsabilités vis-à-vis du monde qu’il faut rendre vivable. Mais de quel Esprit serons-nous porteurs, et ferons-nous l’œuvre de Dieu, si nous ne sommes pas appuyés par une communauté ?
Mon frère, ma sœur, Simon, Jude, Pierre, Matthieu ou tout autre nom que tu portes, sais-tu que le Seigneur a passé la nuit en priant avant de te choisir et de te mettre là où tu es aujourd’hui ? Que fais-tu de ce choix que Jésus de concert avec le Père a porté sur toi ? Sais-tu que ce ne sont pas seulement les prêtres, religieux, religieuses ou tous les consacrés en général qui sont seulement appelés, mais nous tous dans le même Esprit pour des fonctions diverses ?
Père Janvier AZONHAHIN