Jeudi de la 29e semaine du temps ordinaire Année C1re lecture : Ephésiens 3, 14-21 ; Evangile : Luc 12, 49-53« Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… » Chers frères et sœurs dans le Christ, bien-aimés de Dieu, Dieu nous appelle et chaque jour sa parole nous interpelle. Dans la 1re lecture de ce jour, saint Paul tombe à genoux donc il passe tout naturellement de son exposé sur le salut de Dieu en Jésus Christ à l’élevation à Dieu le Père : à la prière. Il nous montre le chemin de l’homme intérieur qui ne doit pas seulement se contenter de penser à Dieu ou de parler de Lui, comme s’il était un objet. L’Esprit préserve en l’homme intérieur la conscience de cette présence qui lui donne la vie. Comme le disait sainte Thérèse : « Je porte partout le cœur de mon Dieu, et le Dieu de mon cœur », ce Dieu qui est Père, origine de toute patrie, de toute famille céleste. Notre société a beaucoup dévalorisé « le père », tout comme la patrie, avec l’obssession d’une autorité qui étoufferait la personnalité de ses enfants. Saint Paul n’en est pas là : il s’émerveille devant celui qui seul est sans origine et rappelle que chaque famille a reçu de lui son nom, c’est-à-dire son identité et sa dignité. Jésus ,qui a le pouvoir de réaliser en nous par sa puissance infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même imaginer, nous annonce sa passion dans l’Evangile comme un feu qu’il allume et par lequel tous ses disciples doivent se purifier. Nous pouvons rester à l’image du feu qui purifie, qui brûle tout ce qui est vieux, qui rechauffe et favorise la vie. Ainsi, la mort de Jésus met en lumière ce qui restait caché au fond des cœurs, révèle le mensonge et la violence qui habitent notre société, tout comme cela avait été le cas dans la société juive de son temps. Jésus inaugure les temps qui verront une réfonte de toutes de toutes les réalités humaines ; toutes les frontières seront brisées, toutes les cultures remises en question : cela ne peut pas se faire sans le feu et la souffrance. C’est pourquoi les personnes de la même famille seront divisées comme nous le voyons d’ailleurs aujourd’hui mais trouveront toujours les ressources nécessaires par la force venue d’en haut pour affronter l’adversité. Le mot baptiser signifiant plonger, Jésus est le premier de ceux qui vont affronter la mort comme passage nécessaire vers la résurrection. Que l’amour du Christ qui nous est donné sans mesure, nous pénètre au point que nous entrions avec lui et par lui dans la plénitude de vie et que le baptême nous fasse mourir avec le Christ et entrer dans le feu dont il veut embraser le monde. Acceptons-nous toujours d’être brulé de ce feu purificateur ?
Père Janvier AZONHAHIN