Jeudi 19 Août 2010

Frères et sœurs en Christ, chers amis,

L’alliance nouvelle et définitive, que Dieu veut nouer avec l’humanité et que pressent le prophète Ezéchiel en 1ère lecture, a ceci de sérieux qu’elle comporte une part de renouvellement ou de rajeunissement spirituel « un cœur nouveau et un esprit nouveau ». C’est ce cœur nouveau et cet esprit nouveau qu’on attend de celui qui s’approche de l’Eucharistie, parce que son existence au contact de Jésus Eucharistie devient une existence pro Deo, une existence toute orientée vers Dieu. Celui qui a un cœur nouveau et un esprit nouveau a une nouvelle attitude face aux choses du monde. C’est ce qui a manqué peut-être à ceux-là qui ont trouvé quelque prétexte pour ne pas répondre à l’appel de la fête. Ne pas être avec Dieu ou refuser d’être avec lui, c’est comme si l’on choisissait délibérément de mourir de faim devant une assiette pleine de nourriture ou encore comme si l’on choisissait volontairement de mourir de soif devant la boisson que l’on aime le plus.

Le drame dans la parabole de l’évangile du jour n’est pas tant dans l’appel ou l’invitation que Dieu lance à tous sans exception, preuve de sa bonté, mais dans la réponse peu gentille donnée à cet appel. Mais qu’est-ce qui explique cette grande indifférence des invités ? Certainement qu’ils ne manquaient pas des biens de ce monde. Ils couvrent leur indifférence ou négligence en évoquant des soucis d’ambition du monde, comme cet homme occupé par son champ, comme cet autre par les embarras du commerce, par le désir de l’argent.

Mais Dieu ne se décourage jamais, il envoie encore des serviteurs aux carrefours/ « Allez donc dans les carrefours ». Les carrefours, quand on est à un carrefour, c’est qu’on n’est pas encore sur la bonne route, on est là à hésiter à emprunter le bon et sûr chemin. Donc ceux-là qui erraient à la croisée des chemins remplirent la salle des noces. Et il s’en trouve un qui ne portait pas le vêtement de noces mais qui était aux noces ; par quel tour de passe ? Celui qui n’a pas le vêtement de noces, c’est celui-là qui porte peut-être le beau nom de chrétien mais qui persévère dans la mauvaise voie (mensonge, médisance et autres vices), c’est celui-là qui connaît les préceptes du Seigneur, mais qui manque de charité.

Que faire pour être en tenue de noces ? S’ouvrir à l’appel de Dieu, accueillir cet appel et vite comprendre et saisir une fois pour toutes que :

- Personne n’est élu à l’avance, par favoritisme ou par caprice divin

- Personne n’est sauvé sans sa propre participation, sans engager sa liberté

- Nous devrons œuvrer personnellement et collectivement au salut que Dieu nous donne en son Fils Jésus et que ce salut n’est pas automatique.

La multitude des hommes est appelée, mais peu sont élus. Ce n’est pas que du ministère sacerdotal ou de l’appel à la vie consacrée qu’il s’agit en ces termes, il peut s’agir aussi des autres sacrements, du baptême par exemple, la multitude des hommes est appelée au baptême mais peu sont baptisés ou peu acceptent se faire baptiser ; la multitude des hommes est appelée au mariage, mais peu se marient religieusement…

Que Dieu nous accorde son Esprit Saint et que cet Esprit crée en nous un cœur véritablement pur où règnent foi et pureté des mœurs.

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 19 août 2010.

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