Accueil > Repères > Homélies > Jésus enseigne avec autorité et guérit un possédé. Homélie du Mardi 1er Septembre : Lc 4, 31-37

Jésus enseigne avec autorité et guérit un possédé.
- La parole de Dieu guérit
La mission du Christ, chez Luc, commence vraiment avec son enseignement. Son auditoire reconnaît l’autorité de sa parole. « Sa parole était pleine d’autorité ». Les gens sont d’autant plus étonnés que cet homme appelé Jésus, qui n’est passé par aucune école rabbinique, parle « en maître ». C’est qu’à la différence des scribes, le Christ n’est pas seulement un commentateur des Ecritures. Il est le Verbe, la Parole même de Dieu qui se manifeste à nous ; une Parole qui fait donc autorité par elle-même. Et le fait que cette Parole accomplisse des miracles de guérisons nous montre non seulement qu’elle est de source divine, mais qu’elle est vivante au sens où elle accomplit en actes ce qu’elle dit. Elle est une Parole qui agit, une Parole qui recrée le bien que le mal, le péché ont anéantit ; une Parole qui s’est faite chair parmi nous pour accomplir les Ecritures, c’est-à-dire pour nous apporter réellement, efficacement, et définitivement le Salut ; une parole qui guérit et qui sauve.
Silence sors de cet homme !
A Capharnaüm où il enseignait, le premier à reconnaître la toute-puissance de la
Parole du Christ, c’est Satan lui-même. Face à la venue de la Lumière, le Prince des ténèbres se sent menacé, voire démasqué. Il est à découvert. La simple présence du Christ le fait reculer : « es-tu venu pour nous perdre ? » vocifère-t-il, en se servant de la voix de ce pauvre homme dont il a pris possession. Satan sait très bien que Jésus est le fils de Dieu : « Je sais fort bien qui tu es – lui dit-il- : tu es le Saint, le Saint de Dieu ! ». Si Satan réagit si brutalement, c’est qu’il sait que le Christ est venu sur la terre pour reprendre possession du cœur de l’homme, et donc pour en chasser l’intrus, l’Adversaire, celui que les psaumes appellent « l’étranger » (Ps 80, 10 ; 118, 150), celui qui a usurpé sa place. Car Dieu a créé le cœur de l’homme pour l’habiter. Et il n’y a pas de cohabitation possible entre la Lumière et les ténèbres, entre la Vérité et le mensonge, entre l’Amour et la haine. Alors que nous assistons à cette confrontation brutale entre notre Libérateur et le Menteur, nous voyons qu’une simple Parole de la bouche de Jésus suffit à dévoiler son jeu : « Silence ! sors de cet homme » ; lui dit-il. Pour le dire autrement « Ta gueule ! » ; « Arrête son cirque ». Ceci est un ordre non négociable. Il n’y a pas une alternative possible. Aussi Satan laisse-il toute la place à Celui qui est la Lumière du monde. Saint Jérôme nous dit que lorsque Jésus lui ordonne de sortir, c’est comme s’il lui disait : « Sors de ma maison. Que fais-tu dans ma demeure ? Laisse l’homme. Il m’appartient. Il est à moi et je suis pour lui. L’homme est ma demeure. J’ai pris moi-même un corps humain. J’habite l’homme. Ce corps que tu possèdes est quelque chose de mon corps. Va-t-en de l’homme ! » (PLS 2, col 139)
Est-ce que nous avons conscience de la richesse et de la beauté du cœur de l’homme pour qu’il soit ainsi l’objet et de la convoitise du diable et du désir brûlant de l’amour jaloux de Dieu ? Le Christ est venu pour jeter dehors le Prince de ce monde (Jn 12, 31), pour libérer
notre cœur, et nous redonner la vraie liberté des enfants de Dieu !
Serge GOUGBEMON, sscc