Homélie du Jeudi 17 Septembre 2009

JEUDI XXIV SEMAINE ORDINAIRE B

Jésus est invité à manger chez un pharisien. Survint une femme, une pécheresse, une prostituée dont l’insolite présence ne peut qu’embarasser tout le monde. Elle s’y est soigneusement préparée : elle a apporté son vase plein de parfum précieux. Elle ne dit rien. Elle pose des actes, des actes de repentance et d’adoration (verse les larmes, essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y verser du parfum). En Israël, surprendre une femme qui se sert de ses cheveux pour essuyer les pieds d’un homme autre que son mari, était déjà une raison suffisante pour la répudier. Mais elle n’avait plus rien à craindre. Elle se savait damnée et n’a d’autre langage d’expression d’adoration et d’amour pour le Fils de Dieu que son geste plus fort que sa parole. Elle se sait pécheresse. Mais croit profondément que seul Jésus peut encore quelque chose pour elle. Quand tout espoir humain est perdu, Jésus-Christ ne devient-il la seule solution ? Cependant, contrairement à la pécheresse qui reconnaît en Jésus celui qui peut la sauver, le grand Rabbi Simon, grand pharisien qui a l’honneur d’accueillir Jésus à sa table, doute : « Si cet homme était prophète, il saurait qui était cette femme... ». La parabole qui suit et dont Jésus se sert pour répondre et instruire Simon, porte la charge non seulement du don et du pardon accordés mais surtout celle de l’immensité du sentiment d’Amour du Seigneur pour cette femme. Quand l’homme vient à la lumière, fait la vérité en son être et confesse sincèrement ses péchés, quand l’ego se met nu devant le Seigneur et le choisit pour seul recours, la grâce du salut est accordé. Là où le péché a abondé, la grâce inattendue du pardon peut surabonder pour faire naître une vie nouvelle (conversion). C’est l’amour qui efface les péchés et recrée l’homme quelque soit sa situation ou son état. En sommes-nous conscients ? A travers la femme pécheresse, Dieu opère la révélation complète de Jésus, Christ et Seigneur et de son mystère d’Amour. A chaque Eucharistie, Jésus-Christ flamme vive de cet Amour, se donne à nous. Ne négligeons pas ce don de Dieu qui est en nous comme le recommande Saint Paul (1 Tim 4,12-16). Le disciple peut et doit l’entretenir à travers la lecture des saintes écritures pour un enseignement sûr et une conduite conséquente. En agissant ainsi, nous obtiendrons le salut pour nous-mêmes et pour tous ceux que nos préjugés ont condamné.

Abbé Chelbin-Alfred Wanyinou HONVO

Publié le 17 septembre 2009.

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