Homélie de la messe de 08h 30 à l’occasion des obsèques de Soeur Delphine TOSSA GBEGO

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit Amen.

Seigneur notre Dieu, dans ta Providence, ouvre nos cœurs à ta Parole pour que nous y trouvions lumière dans notre tristesse, certitude dans nos doutes et forces pour vivre cette heure.

Tout en réitérant mes condoléances à chacune de vous, je voudrais remercier toute la Communauté qui, à travers sa Supérieure, Mère Marie Victoria DAGBA et son Conseil, a voulu que je préside cette Eucharistie.

Bien-aimées du Seigneur, C’est Dieu, oui c’est Dieu, ce n’est pas la mort, c’est Dieu qui nous rassemble en ce jour autour des dépouilles mortelles de notre chère et regrettée Mémé, sœur Delphine Cica TOSSA GBEGO. Et c’est dans la foi en ce Dieu, dont les desseins sont insondables pour notre intelligence, mais dont l’amour indéfectible est sans mesure pour nous, que j’ose prendre la parole en cette heure pathétique où mon cœur filial meurtri voudrait me réduire au silence. Mais, si une lueur d’espérance subsiste encore en moi et me donne jusqu’ici la force d’accepter au moins dans la foi, ce que mon intelligence refuse de comprendre, je la dois au Christ, vainqueur de la mort. Sa Résurrection soutient notre foi en celle de Mémé dont la mort nous a tous surpris.

Mémé, si ta mort nous a surpris, elle ne t’a pas surpris, toi. Car inspirée par l’Esprit Saint, dès le 21 septembre 2009 à 16h37mn, en ma présence tu as ouvert ton dossier funèbre (il s’agit en autres des images devant figurer sur le faire-part). J’ai fait l’effort de t’en dissuader comme les autres fois, mais cette fois ci, j’ai du me soumettre à ta volonté en me rappelant l’une de tes phrases : wili tu es têtu… Ce jour-là, l’idée me vint de tout enregistrer, mais je n’avais pas mon enregistreur sur moi. Mais j’avais pris bonne note. Chaque fois que je passais te saluer, tu me demandais : tu as fini le dossier ? Et je répondais : non. Le mercredi 07 avril 2010, ayant reçu ton appel pressant par le biais de tes nièces qui étaient venues te voir, je me suis dépêché pour être là. Tu venais de manger et te préparais à aller à la sieste. Au cours de notre entretien (le dernier), tu me disais : comment vas-tu et ta santé ? Tu as déjà mangé, tu as fini mon dossier ? N’oublie pas la trentaine de messe pour moi et pour les parents des orphelins et pour la bonne marche des activités de la maison Fifamè ? Dernière question : auras-tu le temps pour m’amener à Allada ? Je veux aller saluer les enfants et prendre certaines choses. J’ai promis venir te confirmer le départ le Dimanche 11 avril au soir. Or voici que le dimanche matin, on me mit au courant de ta mort. Oh quelle mort, quel départ ? Je n’avais pas su que ce voyage sur Allada préfigurait et préparait un autre : tu étais réellement allée à Allada. Mémé, personne ne s’attendait à ton départ si tôt. Même-moi le benjamin de tes fils spirituels, je le rejetais loin, très loin compte tenu de la place que tu occupes dans la vie de chacun de nous, spécialement dans la mienne. Mémé, tu es décédée le 11 et le Conseil a retenu le 21 avril comme jour de tes obsèques. Même les chiffres parlent : exactement 8 mois tu te préparais pour ce jour. Quand on veut donner une très bonne note à un enfant qui a bien travailler, on lui dit tu as 21/20. De même à l’image du bon serviteur, le Seigneur t’invite à entrer dans la joie de ton Maître. Car tu as fait la volonté de Celui qui t’a envoyé en essayant de ne perdre aucun de ceux qu’il t’a donnés. Tu es venue à Jésus, tu as cru en Jésus, tu as essayé d’ajuster ta vie à son Evangile, en te convertissant, en te laissant transformer par son attitude de miséricorde envers tous et toutes et par son esprit d’ouverture et d’accueil même envers les étrangers. Mémé tu n’es pas loin du Royaume des cieux. Soixante douze ans pour les plus vigoureux. Tu as été vigoureuse à tous les points de vue. Vaillante athlète et pour te récompenser, le Seigneur n’a pas voulue que ta vie soit corrompue par le travail du diable dans le monde, de même, il n’a pas voulu que le reste de ta vie ne soit pas peine et misère. Mais joie, allégresse, jubilation et action de grâce auprès de lui éternellement.

Mémé, ton jour de naissance a permis à tes parents de te donner le nom de Cica : l’or. Ce nom, tu l’as incarné et de fait, ton vécu quotidien a laissé des empruntes à tous les niveaux dans le cœur de chacun de nous. Ton séjour terrestre nous rappelle que le bien n’est pas seulement quelque chose à penser, à dire, à faire ; le bien, c’est avant tout Quelqu’un à aimer, c’est-à-dire, Dieu lui-même et le prochain.

A vrai dire, comme Véronique tu as redonné aux enfants que le Seigneur a placés sous ta garde un visage radieux et humains. Raison pour laquelle il t’a associée à la passion de son Fils Jésus-Christ, ton Fidèle époux, dès le vendredi après Pâque pour que tu traverses ton agonie avec lui et meure en lui, pour bénéficier des grâces de la Rédemption et de la Divine Miséricorde, en vue de ta résurrection pour continuer le travail que tu as commencé sur cette terre. Quelle merveille ? Frères et sœurs, nous qui sommes appelés à nous consacrer au Christ, c’est encore le lieu pour nous de nous interroger sur notre relation avec lui, sur notre engagement à le suivre. Même si nous devons compter sur la grâce d’état, celle que le Seigneur accorde pour chaque situation de ministère, disons-nous qu’il faut toujours se préparer. Se préparer aujourd’hui pour nous, c’est, par de fréquents cœur à cœur avec le Seigneur et notre assiduité à écouter les battements de son cœur pour les hommes. Pendant qu’il est encore tant, détachons-nous des biens matériels, des plaisirs superficiels et éphémères et abandonnons-nous résolument à Dieu en esprit d’humilité, car un attachement trop étroit à la création partage. Mémé, maintenant, tu n’es plus limitée ni par le temps ni par l’espace. Croyant à la communion des saints nous savons désormais que tu n’es qu’une lampe temporairement éteinte par le vent de la mort. Tu as rejoint tes amis de la Sainte Famille : Jésus, Marie, Joseph sans oublier saint Augustin, patron ta communauté religieuse. Au nom de notre foi et de notre espérance nous croyons fermement, que si Dieu t’a rappelée à lui, c’est pour que tu rallumes ta vie au feu de la rédemption de son Fils et de sa Providence. Dans sa bonté, Il t’a rappelée à lui durant ce temps pascal, un dimanche, jour de la résurrection de son fils, dimanche de la Divine Miséricorde pour participer à l’Eucharistie éternelle que tu as commencée sur cette terre. Confiants en sa Miséricorde, nous nous réjouissons avec toi et demandons humblement au Seigneur de jeter son filet de Miséricorde pour te pêcher. Une fois dans les bonnes grâces de ton Dieu et notre Dieu, intercède pour chacun de nous.

Amen.

O mon doux Jésus, pardonnez-nous nos péchés, preservez-nous des feux de l’enfer, conduisez les âmes au ciel, spécialement celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Amen

Publié le 22 avril 2010.

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