Au cours des siècles, les Chrétiens ont attribué beaucoup de titres à Marie. Une de ces invocations traditionnelles qui remonte au Xème ou XIème siècle est celle de Marie, Sedes Sapientiae, Trône ou Siège de la Sagesse.
Quelques siècles plus tard, en 1442, De Bruyne réalise dans l’église de saint Pierre à Louvain, une sculpture dénommée Notre Dame « Sedes Sapientiae (Trône de la Sagesse) ». La statue porte ce nom parce que l’enfant Jésus est assis sur les genoux de sa mère comme sur un trône. Or, selon l’Evangile, Jésus est la Sagesse incarnée. Jésus est un sage, un maître de sagesse. Il est accessible aux petits, comme la sagesse personnifiée. Pour toutes ces raisons, Marie est cette admirable mère de Jésus qui mérite que l’on l’appelle « Trône de la Sagesse ».
C’est à juste titre que le Pape Jean-Paul II, à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, a eu cette inspiration de mettre tout le monde universitaire sous le patronage de Notre-Dame, Trône de la Sagesse. Il affirme à ce sujet que « c’est plus qu’un symbole, c’est un sceau de fidélité aux origines du monde universitaire et le gage d’une espérance pour ses tâches universitaires de demain ».
La perspective de la Sagesse dont il s’agit ici est à la fois celle du bonheur, celle de la Vie et de l’intelligence, celle de l’inspiration, du discernement et du jugement. C’est la Sagesse qui vient de l’Esprit Saint. Jésus est Maître de la Sagesse ; et c’est à ce titre que celle qui a mérité de former et de porter cette Sagesse en lui est invoquée depuis un millénaire par tous ceux qui sollicitent la sagesse pour eux-mêmes et pour ceux qui leur sont proches, et par les étudiants et les enseignants qui viennent lui offrir leurs remerciements et leurs prières.
En 2005, le Pape Benoît XVI a offert aux universitaires et universités du monde entier une icône de Marie, Sedes Sapientiae. L’expression de son visage lacéré révèle à quel point elle est lourde, la mission qu’elle porte avec courage ; une mission qui est plus qu’un sacrifice, c’est un martyr. L’artiste rend compte du glaive qui transpercera le cœur de Marie par la couleur rouge-sang dominante de son vêtement. Un examen averti de cette icône montre que, malgré son impressionnante ressemblance avec sa mère, le fils a le visage éclairé et lumineux, et se revêt d’un rouge différent de celui de Marie, d’un rouge pourpre qui renvoie à sa passion et à sa mort d’une part, et à la présence en lui de l’Esprit Saint d’autre part, mais aussi d’une couleur or qui exprime dans l’iconographie traditionnelle l’identité royale de personnage concerné. Par ailleurs, Jésus tient en sa main gauche le Rouleau de la Connaissance, et de sa main droite, il accomplit le geste qui fera de lui le seul vrai Maître de toutes les sciences.
Merveilleuse icône à qui le Pape assigne la vocation de circuler sur tous les continents, de passer de pays en pays et d’université en université, en vue d’affirmer la nécessité d’une nouvelle évangélisation du monde universitaire.
Après l’Europe, les Etats-Unis et l’Australie, l’icône a été remise au continent africain par le Pape Benoît XVI à Rome, le 17 décembre dernier. Son accueil continental africain a été célébré à Ibadan le 20 décembre 2009 ; et depuis le 21 décembre, elle est au Bénin, premier pays de la tournée africaine, et elle est célébrée par les différentes institutions et villes universitaires du pays :
accueil national à la Cathédrale Notre-Dame de Cotonou,
accueil et célébration à l’UAC,
accueil et célébration à la Cathédrale de Porto-Novo,
accueils et hommages divers par les instituts supérieurs de Porto-Novo (Séminaire de Ouando, INJES et Nadjo),
accueil et hommage à l’Institut Jean-Paul II,
accueil et hommage à l’UCAO UU-Bénin,
hommages par divers groupes et mouvements marials…
Que Notre-Dame, Siège de la Sagesse, nous apprenne à nous émerveiller de notre double vocation : parfaire la création dont Dieu nous a confié la gestion, et reconnaître dans tous les hommes le visage de son Fils ressuscité.
fr. Innocent GBETEGAN, op.
Aumônier principal de l’UAC
et des Institutions para-universitaires