
Question n°1 : Pourquoi une retraite internationale des prêtres à Ars ?
Réponse n°1 : C’est d’abord dans l’élan de la première retraite organisée à Ars en 2OO5 que cette nouvelle retraite a été organisée. Ensuite c’est dans la mouvance de l’année du sacerdoce au cours de laquelle le St Père nous invite à faire de cette année de grâce une occasion propice pour croître dans l’intimité de Jésus qui compte sur nous, ses ministres pour diffuser son amour et sa vérité. Et enfin c’est à l’occasion du 150e anniversaire de la mort du St curé d’Ars, déclaré Patron universel des prêtres, que la retraite sacerdotale internationale s’est tenue à Ars-sur-Formans près de Lyon en France du 27 septembre au 03 octobre 2009.
Question n°2 : Parlant justement du Curé d’Ars pouvez-vous nous faire un bref aperçu sur sa vie et sa pastorale à Ars ?
Réponse n°2 : Jean-Marie Vianney, le 4e enfant d’une famille de six, est né en 1786 à Dardilly, près de Lyon en France. Les Vianney sont des cultivateurs et des chrétiens très pieux (surtout sa mère). Ils ont souffert de la tourmente de la révolution française si bien que le petit Jean-Marie a dû suivre le catéchisme et faire sa première communion clandestinement. A 17 ans, il confie à son père son désir d’être prêtre : pour gagner des âmes au Bon Dieu". Il est ordonné prêtre en 1815. D’abord nommé vicaire à Ecully, dans le Rhône, il est envoyé à Ars trois ans plus tard. Il arrive à Ars le 13 février 1818. Pendant 41 ans, Jean-Marie Vianney va toucher les cœurs de ses paroisses en leur révélant la miséricorde de Dieu et la joie d’être enfants de Dieu. Il y réveille la foi par ses prédications simples et radicales, sa fervente prière et sa pauvreté évangélique. Il confessait jusqu’à 17 heures par jour. Il restaure et embellit son église, fonde un orphelinat – La Providence – et pend soin des plus pauvres. Très rapidement, sa réputation de confesseur attire des milliers de pèlerins. Il meurt le 04 août 1859 à l’âge de 73 ans. Sa dépouille mortelle est conservée dans la Basilique et son cœur dans une chapelle à Ars. Béatifié le 8 janvier 1905 ? Il sera canonisé en 1925 par le Pape Pie XI, et proclamé "patron de tous les curés de l’univers". A l’occasion du 150ème anniversaire de sa mort, le pape Benoît XVI a redonné Jean-Marie Vianney comme patron aux prêtres du monde entier.
Question n°3 : Quelle était la participation béninoise ?
Réponse n°3 : Parmi les 1200 prêtres de 75 nationalités, le Bénin en comptait 29. La délégation béninoise était la plus importante en effectif de toute l’Afrique. Elle est conduite Son Excellence Mgr Marcel Agboton, Archevêque de Cotonou et le seul évêque africain présent à la retraite jusqu’à l’arrivée du Cardinal Tumi, archevêque de Douala au Cameroun le Jeudi 1er octobre. Parmi les 29 prêtres béninois présents à Ars, 21 sont de l’archidiocèse de Cotonou, 4 du diocèse de Porto-Novo, 3 du diocèse de Lokossa et 1 du diocèse de Dassa.
Question n°4 : "La joie d’être prêtre : consacré pour la salut du monde" était le thème général de la retraite. Que peut-on retenir de ce thème ?
Réponse n°4 : C’est le Cardinal Claudio Hummes, Préfet de la Congrégation pour le clergé qui dans son intervention, a donné le fondement de la joie d’être prêtre en huit points :
Maintenir la lectio divina (lecture spirituelle) : méditation à partir des textes spirituels
Aimer Dieu et se laisser aimer de Lui
La dévotion à la Vierge
La célébration quotidienne de l’Eucharistie
Le recours régulier au sacrement de réconciliation
Etre l’homme de la fraternité, du pardon et de bonté
Etre solidaire envers les pauvres
Etre en communion parfaite avec le St Père
Question n°5 : C’est au Cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne en Autriche qu’a été confiée la prédication de cette retraite. Que peut-on retenir de ses enseignements ?
Réponse n°5 : A travers ses six enseignements donnés en Français et traduits en huit autres langues (Anglais, Allemand, Espagnole, Portugais, Italien, Chinois, Polonais, Chèque), le cardinal Schönborn a resitué le prêtre dans son ministère sacerdotal dans lequel il exerce la miséricorde de Dieu que lui-même expérimente à travers prières et combats spirituels à l’image du St curé d’Ars. La célébration eucharistique et la charité pastorale, exercées au profit du peuple, doivent être pour le prêtre le déploiement d’une vie d’oraison intense. Dans l’exercice de ce ministère de sanctification et d’enseignement, la Vierge Marie prend une place de choix. Le Cardinal a souligné que le sacerdoce ministériel loin d’être considéré comme supérieur au sacerdoce commun des fidèles, est un des moyens pour atteindre la finalité qu’est la sainteté. Plus le prêtre est conscient de ses faiblesses, moins il sera enclin à la tentation du cléricalisme. Plus il est humble et simple, mieux il sera heureux d’être prêtre. Par ailleurs, il importe pour le prêtre agissant in persona Christi de comprendre comment s’exerce la divine miséricorde. Partant de Mc 6, l’Archevêque de Vienne souligne que la divine miséricorde se traduit d’abord par l’enseignement suscité par notre ignorance des Ecritures. "Jésus eu pitié de la foule…" Ensuite elle s’obtient par un acte de foi. L’exemple de la Cananéenne est très éloquent en Mt 15. Le prêtre, témoin de la miséricorde divine est aussi témoin de la prière tout comme le St Curé d’Ars et le pape Jean-Paul II. Avec l’abandon de la prière, la vie du prête perd vite sa valeur. Cet abandon est souvent au profit des NTIC. Pour combattre ce danger le prêtre a besoin d’une vie d’oraison. Ce n’est pas un délit de surprendre le prêtre en prière devant le tabernacle. Il a aussi besoin de l’amitié sacerdotale. Son combat est soutenu par la prière des fidèles. L’Eucharistie qui est la source de la vie du prêtre participe énormément à ce combat. Malheureusement cette source est peu abordée et peu abordable. "On ne connaîtra la valeur de la messe célébrée qu’au ciel" disait le St Curé d’Ars. A ce sujet, le Cardinal a abordé la question de la préparation à la messe. Les prières en revêtant les vêtements sacerdotaux ne sont plus connues. L’action de grâce après la communion qui doit être favorisée par le temps de silence est remplacée par le chant de la chorale. La joie d’être prêtre ne doit pas se limiter seulement à la réussite du ministère du prêtre, mais doit être vécue dans la perspective eschatologique. "Réjouissez-vous plutôt parce que vos noms sont inscrits au ciel" Lc 22,22. La joie du prêtre rejoint celle de la Vierge dans son magnificat puisque son oui englobe le oui de tous ses enfants. "Qu’elle est grande la joie d’être prêtre".
Question n°6 : A part le Cardinal prédicateur, d’autres prélats et même laïcs sont intervenus pendant la retraite à Ars.
Réponse n°6 : Si les six matinées de la retraite ont été occupées par les enseignements du prédicateur et souvent par la célébration de l’Eucharistie, les après midis ont été des moments de témoignages d’évêques, de prêtres et de laïcs. Mgr Guy-Marie Bagnard, évêque de Belley-Ars a décrit aux participants les traits caractéristiques qui font du St Curé d’Ars un témoin de la miséricorde, même si ce ministère de la miséricorde s’est imposé petit à petit à Ars. En effet à partir de 1835, le St Curé d’Ars confesse environ 400 pénitents de 6h à 22h, soit plus de 15h de présence par jour.
Parlant d’Ars comme terre de grâce, le Père Philippe Caratgé, Modérateur de la Société Jean-Marie Vianney n’a pas manqué de souligner les 41 ans de présence du St Curé à Ars, son amour pour son lieu de mission et pour ses paroissiens ; sa pastorale ordinaire centrée sur l’Eucharistie dominicale, l’adoration pour les hommes et le rosaire pour les femmes.
L’affectivité du prêtre a été abordée à la fois par Mgr Joseph Grech, évêque de Sandhurst en Australie, Mme Emmir Nogueira, cofondatrice de la Communauté Catholique Shalom au Brésil et Mme Patti Gallagher Mansfield, du renouveau Charismatique aux Etats-Unis. Cette affectivité est d’abord l’expression de l’amour sponsal et éternel pour le Christ. Il est appelé chasteté et est un don du St Esprit et une vertu. Il est le sacrifice exigé pour demeurer intègre. Car sans sacrifice et sans victime, le feu n’est pas tombé du ciel (cf. l’épisode d’élie). La victime du sacrifice est l’oubli de soi, le renoncement au don de vivre.
L’intervention de M. Jean Vanier, fondateur de "l’Arche" en France a été une introduction au lavement des pieds. Le sens du lavement des pieds est selon M. Vanier non seulement l’expression de l’autorité et la gratitude du Maître aux disciples pour avoir accepté de continuer son œuvre avec le secours de son Esprit Saint.
Question n°7 : Comment s’est effectué ce lavement des pieds ?
Réponse n°7 : C’était le Jeudi 1er octobre 15h. Installés en cercle de 12 personnes sur la paierie du sanctuaire, les 1200 prêtres retraitants se sont lavés les pieds les uns des autres. Chaque prêtre pose le geste de Jésus au soir de la dernière Cène, à son confrère qui est à sa droite et reçoit, a genoux en retour, la bénédiction de ce dernier. Ces gestes ont été posés dans un silence de recueillement malgré le grand nombre des retraitants avec un arrière fond musical "Urbi et Caritas" Après ce geste d’autorité et de gratitude, la procession s’est ébranlée vers la Basilique Notre-Dame de la Miséricorde pour la messe au cours de laquelle les prêtres ont renouvelé leurs promesses sacerdotales. Aux trois questions traditionnelles du Cardinal président, ce sont succédés les trois "Volo" (je le veux) des concélébrants. A la fin de cette liturgie eucharistique, eu lieu la grande procession du St Sacrement sous le regard priant des villageois d’Ars.
Question n°8 : La retraite a connu aussi des soirées culturelles.
Réponses n°8 : La première soirée culturelle a été offerte aux fidèles par les habitants d’Ars à travers une méditation sur la vie du St Curé d’Ars. Une vie toute donnée à Dieu qui a pu obtenir de Celui-ci la conversion de tout le village d’Ars et la promotion humaine. La seconde soirée fut celle du sacerdoce offerte par les prêtres eux-mêmes pour leur propre plaisir. Une soirée faite d’animation autour d’un repas de fête avec la présence de la petite Thérèse à travers les bouquets de roses distribués à chacun des prêtres.
Question n°9 : Que pouvez-vous nous dire des célébrations eucharistiques ?
Réponse n°9 : Elles ont été des moments de prédications d’adoration et de sanctifications. A la messe d’ouverture le Cardinal Claudio Hummes, Préfet de la Congrégation pour le Clergé a mis un accent sur la figure du prêtre du XIXe siècle qu’est Jean-Marie Vianney. Il est le model d’une résistance faite de prières. A la fête des Sts Archanges Michel, Raphaël et Gabriel le Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, souligne que le prêtre joue le rôle des anges sur la terre, cette terre qui n’est pas dissociée du ciel. Partant de l’évangile du choix des 72, le Cardinal Schönborn fait remarquer le cri de cœur de Jésus-Christ qui invite l’humanité à prier le Père d’envoyer des moissonneurs dans le monde. Ces moissonneurs, au-delà de leur appartenance au Christ, ont besoin d’une appartenance à une famille fraternelle, sacerdotale, spirituelle. La foi en l’existence d’un monde visible et invisible a été le point de départ de la prédication du Cardinal Christian Tumi, Archevêque de Douala, en la fête des Saints Anges Gardiens. "Là où l’Eucharistie est célébrée, le ciel est présent. Et là où le ciel est présent, les anges sont là" a-t-il fait remarquer. Les anges tout en étant au ciel, nous apprennent à vivre sur terre de manière à ce que le règne de Dieu advienne. Cependant, le St Curé d’Ars a donné la préséance à un prêtre par rapport à un ange et même par rapport à la Vierge. "Oh que le prêtre est quelque chose de grand" s’est-il exclamé un jour. A la messe de clôture, le Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon et Primat des Gaules a invité l’assemblée des prêtres à retrouver la source de leur joie d’être prêtre dans la magnifique exultation du Grand Prêtre en Lc 10,21. La joie du Grand Prêtre n’est pas une autosatisfaction, mais une pédagogie de la joie du prêtre. C’est la joie du prêtre pauvre et humble. C’est aussi la joie de Marie, l’humble servante du Seigneur dans le Magnificat. La joie d’être consacré et associé à l’œuvre du Bon Samaritain qui paiera la différence à son retour.
Question n°10 : Y-a-t-il une démarche jubilaire pour bénéficier de l’indulgence plénière pendant le retraite ?
Réponse n°10 : Démarche jubilaire proposée en vue de bénéficier de l’indulgence plénière pour soi-même ou pour un défunt :
1- Passer la Porte Sainte en pèlerin (Avec le Christ, passer de la mort à la vie)
2- Recevoir le sacrement de réconciliation à Ars ou dans les jours qui entourent mon passage
3- Participer à l’Eucharistie et communier (se laisser aimer et nourrir par Dieu)
4- Vivre un temps de prière (entrer dans l’amitié avec Dieu et la communion des saints) comprenant : une prière aux intentions du Saint-Père – la prière du "Notre-Père" et du "Je crois en Dieu" – une prière à Marie : invocation, chapelet…
5- Poser un acte concret de charité (vivre et témoigner de l’amour de Dieu)