Jubilé des 150 ans d’Evangélisation au Bénin

Discours d’accueil à Son Eminence Philippe Cardinal BARBARIN

Messe commémorative de l’arrivée des premiers Missionnaires SMA

Excellence Monsieur le Président de la République
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale

Messieurs les anciens Présidents de la République

Messieurs et Mesdames, Présidents et membres des institutions de la République

Messieurs et Mesdames les ministres du Gouvernement, Honorables Députés

Messieurs les Maires

Autorités politiques, administratives et religieuses

Chers confrères dans l’Episcopat

Chers Pères SMA et chères Sœurs NDA

Chers concélébrants

Honorables invités

Chers fidèles,

Soyez les bienvenus à ce grand rassemblement de prière devant cette Porte par laquelle nous est venue la Bonne Nouvelle du Salut il y a 150 ans. Permettez-moi de saluer ici parmi nous Son Eminence Philippe Cardinal BARBARIN, Archevêque de Lyon et Primat des Gaules, qui préside cette Eucharistie.

Eminence,

Au nom de la Conférence Episcopale et au nom de toute l’Eglise du Christ au Bénin je vous souhaite la bienvenue sur cette terre qui ne vous est pas inconnue. En effet, en janvier 2006, vous aviez honoré son Eminence Bernardin Cardinal GANTIN d’une visite fraternelle à Cotonou. Quoique bref et discret, ce séjour du Primat des Gaules au premier Doyen Emérite du Sacré Collège venu d’Afrique n’était pas sans signification ecclésiale majeure. En plus de la sollicitude fraternelle, expression de communion profonde au sein du Collège Cardinalice, que cette visite traduisait, elle s’était faite en 2006, année où la Société des Missions Africaines de Lyon fêtait ses 150 ans de fondation. Cette année-là, le Diocèse de Lyon qui avait vu partir les premiers missionnaires pour le Dahomey, avait également axé sa réflexion pastorale sur la mission afin de discerner les voies pour une nouvelle évangélisation dans cette Eglise dont les racines pourtant s’enfoncent dans la terre des illustres Pères comme St Irénée et surtout ont été arrosées par le sang des martyrs de Lyon. C’est le signe que la mission est de toujours.
Eminence, en venant chez nous cette année où nous commémorons dans la joie et l’action de grâce les 150 ans de notre évangélisation, vous avez voulu vous mettre sur les traces des Pères de Lyon. Ce que Mgr Melchior de Marion BRESILLAC a vu en espérance, lui qui devait mourir peu de temps après la fondation de la Société, ce que le Père PLANQUE a soutenu au milieu de moult difficultés, a porté du fruit. Vous êtes là au milieu de nous, parce que nul mieux que vous ne mérite de contempler l’œuvre de vos prédécesseurs. Vous êtes là comme sont présentes aussi des délégations de la Société des Missions Africaines, venues d’Afrique et d’Europe, et tous reconnaissent que tout est parti de Lyon.
Notre rassemblement de ce jour sur cette plage de Ouidah où débarquèrent le 18 avril 1861 les deux premiers Pères de la jeune Société missionnaire, Francesco BORGHERO et Francisco FERNANDEZ est l’expression d’une profonde gratitude au Seigneur qui a inspiré une telle œuvre. Elle se veut également une célébration de reconnaissance à nos Pères dans la foi. Ils étaient partis de Lyon avec au cœur la flamme brûlante d’un Evangile qu’ils ne pouvaient garder pour eux seuls. Ils croyaient fermement à la mission et leur espérance n’a pas été déçue.
Rassemblés de tous horizons, des dix diocèses du Bénin et des pays environnants et amis, Evêques, prêtres, religieux et religieuses, fidèles laïcs de toutes langues, unis sans distinctions ethniques, nous voulons tous, à l’exemple de ces témoins de la foi, repartir pour une nouvelle aventure de la foi, à la suite du Christ, qui veut être connu et aimé de tous les hommes.
Nous vous remercions de venir nous conforter dans cet engagement missionnaire. Comme membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, vous avez beaucoup à nous enseigner sur la manière dont nous avons à assurer la relève missionnaire, dans une fidélité inventive. Notre Eglise est encore jeune et a besoin pour son enracinement de l’expérience des Eglises aînées. La vie consacrée, en pleine floraison, a aussi besoin de la riche expérience de l’Eglise pour accueillir avec fruits les divers charismes dont le Seigneur veut l’enrichir. Vos quatre années au Madagascar, comme Fidei Donum, où vous enseigniez la théologie au Grand Séminaire de Fianarantsoa, cumulativement avec vos charges pastorales, ainsi que vos liens avec le Maghreb et l’Amérique Latine, font de vous un Prélat averti des enjeux du dialogue des cultures, surtout dans leur rencontre avec la Lumière de l’Evangile.
En acceptant la charge pastorale de l’Archidiocèse de Lyon, vous avez choisi comme devise la dernière prière de Jésus « Qu’ils soient un » (Jean 17, 22). Dans le tsunami tumultueux des guerres fratricides qui ravagent notre Continent, nous appelons de tous nos vœux la réalisation de cette prière. Que tous les enfants de l’Afrique se reconnaissent frères et sœurs, et que nos Etats s’édifient dans l’unité. Telle est notre prière ; et c’est tout l’enjeu de la Deuxième Assemblée Spéciale du Synode des Evêques pour l’Afrique. Que tous les fidèles de l’Eglise se mettent au service de la réconciliation, de la justice et de la Paix. Et quel honneur ! Quelle charge pour notre Eglise locale choisie dans toute l’Afrique pour abriter la cérémonie de remise de l’Exhortation Apostolique post-synodale par sa Sainteté le Pape Benoît XVI ! Nous n’en doutons pas, c’est une mission ; et votre deuxième devise nous y encourage. En effet, la mission pour laquelle nous voulons tous nous engager d’une façon renouvelée est une course de fond, un marathon pour Jésus-Christ, le Bon Pasteur qui sait laisser les quatre-vingt dix-neuf brebis pour aller à la recherche de la seule égarée. Ce n’est donc pas étonnant que le coureur de marathon que vous êtes ait choisi comme devise pour le cardinalat « Toi, suis-moi » (Jean 21, 22). C’est cette invitation du Ressuscité à Pierre qui est au cœur du thème de notre Jubilé. Nous n’avons pu trouver meilleure référence pour nous propulser vers l’avant. Nous avons choisi d’axer notre méditation sur l’héritage reçu de nos prédécesseurs, afin de mieux déployer nos ressources dans le champ toujours plus étendu de la mission, avec l’impératif de rendre compte de notre espérance. « Suis-moi, nous dit Jésus ». Notre objectif est de pouvoir repartir du Christ pour explorer de nouveaux horizons où implanter l’Evangile, dans nos cultures, dans nos mentalités, dans nos comportements, dans la Cité. De cela, nos jeunes venus nombreux à cette célébration jubilaire, veulent plus que jamais se rendre conscients. Nous savons que l’ancien aumônier de jeunesse que vous êtes saura mieux que quiconque leur communiquer l’ardeur de la nouvelle évangélisation.
Eminence, en vous remerciant encore d’être venu partager notre espérance jubilaire, je vous invite, au nom de tous les Evêques, et au nom de toute l’Eglise Famille de Dieu ici réunie, à présider cette Eucharistie, et à prier pour qu’elle porte des fruits d’un profond renouveau pour notre Eglise.

+ Antoine GANYE
Président de la CEB

Publié le 11 avril 2011.