Dans l’évangile de dimanche dernier, Jésus s’adressait à ses compagnons de table, invités comme lui chez un pharisien pour leur dire la parabole des invités déclassés au dernier moment. A la parabole du festin du Royaume raconté autour de la table d’un pharisien succède aujourd’hui l’appel à se lever pour se mettre en chemin, à la suite de Jésus. De grandes foules faisaient route avec Jésus. Les grandes foules préfigurent déjà les disciples à venir. Le chemin avec le Christ doit toujours à nouveau être "inventé", découvert et défriché tout à la fois. Il exige de l’initiative et du jugement mais il est aussi suivance. Jésus précède les foules qui font route avec lui. Il se retourne pour les enseigner. Il est l’horizon de leur chemin.
En s’adressant aux foules, il s’adresse aussi à nous pour nous laisser trois consignes. Il s’agit des trois renoncements auxquels doivent se préparer tous ceux et toutes celles qui veulent devenir ses disciples, à savoir :
Savoir replacer tous les liens affectifs, quels qu’ils soient, sur l’axe de la réponse au Christ ;
Accepter de porter sa croix personnelle, c’est-à-dire le réel de sa vie ;
Etre prêt à lâcher tout ce qui est de l’ordre de l’avoir.
Les deux paraboles qui ont illustré son enseignement permettent de fixer davantage notre attention sur l’essentiel :
La parabole de l’homme qui veut bâtir une tour, et
Celle du roi qui veut partir en guerre.
Ces paraboles nous montrent bien qu’il faut de la sagesse (première lecture) pour apprécier les ressources dont nous disposons pour suivre le Christ (Evangile).
Suivre le Christ n’est pas une sinécure. Cela demande de la prudence, de la détermination, de la cohérence, le témoignage, du recul par rapport à toute chose qui pourrait être notre obstacle en ce sens que Jésus est l’absolu. Là est la radicalité du discours par rapport à toute chose y compris la famille, c’est-à-dire tout ce que nous avons de plus cher.
Ainsi s’explique la nécessité de porter la croix, comme Jésus l’a fait avec détermination. Chacun d’entre nous a sa croix. Mais l’eucharistie nous en donne le courage nécessaire.
Frère Théodore LOKO, Ambassadeur du Bénin au Vatican