Les textes de ce jour nous donnent un enseignement sur l’argent d’iniquité et résument tout l’enseignement de Jésus sur l’argent.
Le riche propriétaire a confié ses biens à un homme de confiance, lui a donné le « pouvoir » de dépenser son argent, de signer les chèques. Mais l’intendant a dissipé ce qui lui est confié, et perd la confiance qui lui avait été faite. Il risque, par son attitude, de ruiner son maître, d’être au chômage bientôt, et avec lui, d’emporter ses collègues de travail. L’intendant est pris la main dans le sac et doit rendre les comptes à son patron. Mais cette parabole ne parle pas seulement de la gestion de l’argent que Dieu nous donne et qu’il nous confie, mais de la gestion de tout ce que Dieu nous confie. Jésus s’adresse aux disciples et aussi à nous. Jésus se sert de l’exemple des injustes pour stimuler le zèle des croyants. Il faut nous rappeler que Dieu nous confie la gestion des biens terrestres : l’argent, la nature, le temps, l’église.
Voici en quelques points résumé l’enseignement de Jésus.
1- Tout d’abord l’argent doit servir à nous faire des amis, qui nous accueilleront comme des frères dans la vie future, là où l’argent ne sera plus nécessaire, ni pour nous, ni pour eux. Cela rejoint peut-être une autre parole de Jésus : « Amassez-vous des trésors dans le ciel » (Mt 6,19).
2- Jésus souligne ensuite que notre honnêteté dans les choses de la terre permet à Dieu de nous faire confiance pour les intérêts du Royaume. D’abord gérants des biens de ce monde, nous devenons peu à peu associés de Dieu dans le grand travail de la rédemption. Voilà « le bien véritable », notre bien, celui des fils et des filles, héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ.
3- Enfin, dit Jésus, « aucun serviteur ne peut servir deux maîtres ». C’est doublement impossible : parce qu’on n’a pas le temps et parce que pour l’un des deux le cœur n’y sera pas. La mise en garde de Jésus est générale : les deux maîtres sont peut-être aussi bien Dieu et la gloriole humaine, Dieu et l’amour-propre, Dieu et l’égoïsme, Dieu et la jouissance, Dieu et la vie facile, ou encore Dieu et la volonté de puissance, Dieu et les sécurités immédiates.
L’important est « qu’au milieu des changements de ce monde nos cœurs s’établissent fermement là où sont les vraies joies » (Oraison du XXIe dimanche)
Frère Théodore LOKO, Ambassadeur du Bénin au Vatican