Dans la liturgie de ce jour, Jésus insiste sur la prière à partir d’une situation difficile car la prière est pour nous une épreuve. Se mettre en prière c’est se tourner vers Dieu et lui dire ce que nous avons sur le cœur.
Nous pouvons apprendre à prier en regardant Jésus prier.
Du Christ, durant son ministère, les évangélistes ont retenu deux prières plus explicites. Or elles commencent chacune par l’action de grâces. Dans la première (cf. Mt 11, 25-27 et Lc 10, 21-23), Jésus confesse le Père, le reconnaît et le bénit parce qu’il a caché les mystères du Royaume à ceux qui se croient doctes et l’a révélé aux " tout petits " (les pauvres des Béatitudes). Son tressaillement " Oui, Père ! " exprime le fond de son cœur, son adhésion au " bon plaisir " du Père, en écho au " Fiat " de Sa Mère lors de sa conception et en prélude à celui qu’il dira au Père dans son agonie. Toute la prière de Jésus est dans cette adhésion aimante de son cœur d’homme au " mystère de la volonté " du Père (Ep 1, 9).
La seconde prière est rapportée par S. Jean (cf. Jn 11, 41-42) avant la résurrection de Lazare. L’action de grâces précède l’événement : " Père, je te rends grâces de m’avoir exaucé ", ce qui implique que le Père écoute toujours sa demande ; et Jésus ajoute aussitôt : " je savais bien que tu m’exauces toujours ", ce qui implique que, de son côté, Jésus demande d’une façon constante. Ainsi, portée par l’action de grâce, la prière de Jésus nous révèle comment demander : Avant que le don soit donné, Jésus adhère à Celui qui donne et Se donne dans ses dons. Le Donateur est plus précieux que le don accordé, il est le " Trésor ", et c’est en Lui qu’est le cœur de son Fils ; le don est donné " par surcroît " (cf. Mt 6, 21. 33).
En ce qui nous concerne, Jésus dit :
« Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »
Demandons à Dieu la grâce de la prière.
Demandons à Marie de nous aider ! Dans la plus grande épreuve que l’humanité n’ait jamais portée, le sacrifice de la croix, elle a tenu bon dans la prière, dans l’abandon à Dieu, acceptant la volonté de Dieu avant tout. Elle a su souffrir pour que le bien ne soit jamais perdu.
Frère Théodore LOKO, Ambassadeur du Bénin au Vatican