Les textes de ce jour nous parlent de la miséricorde de Dieu.
Jésus disait cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et en perde une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis, celle qui était perdue ! » Je vous le dis : c’est ainsi qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »
Jésus s’adresse aux chefs religieux à travers l’image du berger. Ne sont-il pas sensés imiter le comportement du berger ?
Jésus entend révéler les sentiments de Dieu envers son peuple. Chacun compte pour lui. Le berger laisse tout son troupeau au désert et part à la recherche de cette unique brebis égarée. La parabole joue sur la tension entre le multiple et l’unique, les quatre-vingt-dix-neuf et celle qui s’est perdue. Au groupe marginal des collecteurs d’impôts et des pécheurs, Jésus oppose le troupeau de ceux qui n’ont pas besoin de conversion. Celui que l’on perd a toujours visage unique et est cause d’une souffrance unique.
Jésus a dit en tout trois paraboles de miséricorde bâties sur le même modèle : quelqu’un perd une partie de ce qu’il possède, la retrouve et se réjouit en faisant la fête. La troisième parabole est plus intense que les deux précédentes. En effet, bien qu’elles évoquent toutes la tristesse de l’objet perdu et la joie de celui retrouvé, il ne s’agit plus, dans la troisième parabole, d’une brebis ou d’un drachme, mais bien d’un fils. Par la grâce de Dieu, ce dernier réalise le mal qu’il a fait. En plus, il retrouve l’espoir. Il ne met plus son espoir en lui-même. Il sait que son père est un homme bon, un homme de grande compassion ; il le prendrait bien comme ouvrier. Il retournera à sa maison, malgré la perspective de l’humiliation et de la honte. Ce qu’il n’a pas compris, mais qu’il expérimentera bientôt, c’est que dans le cœur de son père il a toujours été son fils. Le père ne l’a pas réprouvé quand il a quitté la maison. Il ne l’a pas oublié pendant son absence. Quand son père l’a vu enfin, il a couru l’embrasser. Son cœur était ému de voir son fils dans ce triste état. Il ne le condamne pas. Il ne le rejette pas.
Frère Théodore LOKO, Ambassadeur du Bénin au Vatican