Des milliers d’emplois pour les jeunes !

Face à la poignante et douloureuse réalité du manque d’emploi qui affecte le plus les jeunes, le Père Rodrigue GBEDJINOU, Aumônier Diocésain de la Jeunesse, par cette réflexion veut aider les jeunes à créer eux-mêmes leurs emplois. C’est à partir d’une histoire qu’il esquisse quelques traits majeurs pour l’auto-emploi.

L’une des préoccupations majeures de la jeunesse de notre temps est le souci de l’emploi. Le problème de l’emploi angoisse à raison les cœurs. Que de jeunes, après de studieuses études assorties de brillants diplômes, se retrouvent sans emploi ? A quoi auront donc servi tous ces investissements humains, matériels ? Le spectre du « sans emploi » n’épargne pas le rang des élèves et les étudiants qui n’arrêtent pas de se demander « A quoi toutes ces années d’études ? » L’Eglise ne peut rester indifférente à l’angoisse de tous ceux qui sont sans emploi. Cette angoisse est aussi la sienne et elle le vit dans la prière et dans l’action. Combien de personnes ne travaillent-elles pas dans ses structures ? Combien d’hommes et de femmes, de toutes conditions et de toutes religions n’a-t-elle pas aidé à trouver de l’emploi ? Combien de jeunes n’ont-ils pas découvert, à l’issue d’un cheminement, la porte de l’emploi s’ouvrir devant eux ? Cette solidarité avec nos frères et sœurs sans emploi me porte à leur témoigner la sollicitude de l’Eglise par cette histoire. Cette petite histoire est susceptible de faire générer des milliers d’emplois au sein de la jeunesse.

Un chômeur postule pour un poste de déboucheur de W.C. chez Microsoft. Le Directeur des Ressources Humaines le convoque pour l’entretien, puis lui fait passer un test (avec une ventouse toute neuve). Il lui dit : « Tu es engagé, donne-moi ton email et je t’enverrai le formulaire rempli ainsi que la date et l’heure auxquelles tu devras te présenter pour commencer ton travail. » L’homme désespéré, répond qu’il ne possède pas d’ordinateur, et donc pas d’email. Le Directeur des Ressources Humaines lui dit alors qu’il est désolé, mais que s’il n’a pas d’email, cela signifie que virtuellement il n’existe pas ; et comme il n’existe pas, il ne peut pas avoir de job. L’homme sort, désespéré, sans savoir que faire avec seulement 10 dollars en poche. Alors il décide d’aller au supermarché et d’acheter une caisse de 10 kg de fraises. Il fait donc du porte à porte pour vendre ses fraises au kilo, et en moins de deux heures, réussit à doubler son capital. Il répète l’opération encore trois fois et revient chez lui avec 60 dollars. Alors il réalise qu’il pourrait survivre de cette manière. Il part de chez lui tous les jours plus tôt et revient chez lui plus tard, et ainsi triple ou quadruple son argent chaque jour. Peu de temps après, il achète une charrette, puis l’échange contre un camion ; et peu de temps après, il se retrouve avec une petite flotte de véhicules de livraisons. 5 ans passent… L’homme est maintenant propriétaire d’un des plus grands réseaux de distribution alimentaire des Etats-Unis. Il pense alors au futur de sa famille, et décide de prendre une assurance vie. Il appelle un assureur, choisit un plan d’assurance et quand la conversation prend fin, l’assureur lui demande son email pour lui envoyer la proposition. L’homme dit alors qu’il n’a pas d’email ! Curieux, l’assureur lui dit : « Vous n’avez pas d’email et vous êtes arrivé à construire cet empire. Imaginez où vous seriez si vous aviez un email. » L’homme réfléchit et répond : « Je serais déboucheur de W. C. chez Microsoft. »

Cette histoire peut avantageusement nous aider à :

- développer la spiritualité de l’humble commencement : elle est celle du semeur. Il y faut de la patience et de la modestie. Nous n’avons pas besoin de réunir toutes les conditions avant de nous engager. Les menus moyens, s’ils sont portés par une grande motivation peuvent donner de grands résultats. Ce qui a l’apparence négligeable porte les germes d’un succès remarquable. Avec ce qui n’est rien, nous pouvons réaliser des merveilles. N’attends pas de tout avoir avant d’entreprendre.

- vaincre la peur d’entreprendre : nous avons peur de tout et tout nous fait peur. La peur paralyse notre esprit de créativité et d’imagination. La peur nous enferme dans un complexe d’infériorité. Nous devons avoir confiance aux nombreuses potentialités que Dieu a enfouis en nous et qui n’attendent que notre volonté pour éclore. Entreprendre est un risque, mais la jeunesse n’est-elle pas l’âge du risque ?

- purifier notre vision de l’emploi : il y a encore beaucoup de chômeurs parce que la conception ambiante confond l’emploi au fonctionnariat et à la bureaucratie. Le sans-emploi est alors celui qui n’a pas été recruté par l’Etat. Nous pouvons et nous devons créer notre emploi, malgré la pauvreté de nos moyens. S’auto-employer est un gage d’avenir. Le développement de nos pays dépend de ceux qui auront compris la nécessité de l’auto-emploi et s’y seront effectivement engagés.
Nous devons développer ces convictions, même depuis les années d’étude. Mais il n’est jamais trop tard de les acquérir.

Jeune, que peux-tu créer aujourd’hui ?
Les espaces de créativité s’étendent devant toi, à perte de vue... Regarde l’immense étendue des terres vierges…. Que de chances pour la production agropastorale ou agricole ! Evalue toute la gamme de ressources dont regorgent nos pays... Que d’opportunités pour la transformation des produits ! Estime toute la demande que requiert la circulation des personnes aujourd’hui : que d’horizons pour t’investir dans la distribution des biens ! Il suffit d’avoir la volonté, de choisir un domaine et de s’y investir vraiment, avec tous les réflexes de ce temps. Les ressources sont en toi. L’Eglise peut aider à les découvrir…
Bonne chance à toi ! L’avenir te sourit. Vas-y !
Dieu te bénisse.

Abbé Rodrigue GBEDJINOU

Publié le 13 octobre 2009.