
Revenu de Rome, Mgr Antoine Ganyé, revêtu du pallium, préside la première célébration eucharistique dans sa cathédrale. Une action de grâce pour les fidèles de Cotonou.
Jeudi 7 juillet 20011. A 18h45, le hungan tonne et rythme l’arrivée des fidèles.. A 19h 30, commence le chant de la solennelle procession. Elle est constituée d’une soixantaine de prêtres, de Mgr René Marie Ehouzou, évêque de Porto novo. Mgr Antoine Ganyé, archevêque de Cotonou, préside la célébration eucharistique. Au début de la messe , le Père Philippe Kinkpon, vicaire général salue l’Archevêque et le félicite pour son pallium. Il lui offre au nom du clergé de Cotonou une belle mitre sous les ovations des fidèles. Une délégation gouvernementale conduite par le 1er Ministre, M. Irénée Koukpaki, et M. Albert Tévoedjrè, Médiateur de la République participe aussi à la célébration.
« Le pallium est tout simple, c’est sa symbolique qui est redoutable » affirme Mgr Ganyé dans son homélie. Le pallium en effet exprime non seulement la nécessité d’aller à la recherche de la brebis égarée, mais aussi le devoir pour le pasteur de suivre le Christ en donnant sa vie en sacrifice et, il est surtout l’image du joug du Christ que doit porter ce bon berger.. La réception du pallium doit d’abord provoquer chez son bénéficiaire un “zèle apostolique’’ incomparable. A l’image des deux colonnes de l’Eglise, saints Pierre et Paul, l’archevêque est appelé à s’occuper de toutes les composantes du peuple de Dieu. Ce zèle doit être communicatif, c’est-à-dire qu’il doit constituer un tremplin pour tout le presbyterium. Par delà ce zèle, le pallium fait aussi appel à l’“humilité apostolique’’. « L’humilité du pasteur laisse la place au Seigneur pour agir tandis que l’orgueil efface le Seigneur. Le pasteur doit donc s’en remettre au Seigneur sans orgueil, sans fierté aucune ». Inscrite enfin dans cette dynamique d’humilité, l’autorité de l’archevêque devient un service, un sacrifice, une course à la recherche de la brebis perdue.
A son arrivée le 4 avril à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin , Mgr Ganyé a insisté sur ce sens symbolique du pallium « Le pallium n’est pas un pouvoir qu’on reçoit pour écraser les fidèles. Non ! Le pallium est un symbole de service que le Christ vous confie par l’entremise du Pape. C’est un pouvoir service, une autorité- service » « Le sentiment qui pourrait animer toute personne, archevêque métropolitain qui reçoit ce pallium, indique l’Archevêque de Cotonou, c’est le sentiment de pouvoir se préparer pour servir le Christ dans l’Eglise, pour être utile à nos frères et nos sœurs dans l’Eglise. Ce n’est pas pour autre chose. C’est pour mieux rendre service, pour que nous puissions tous vivre ensemble et faire l’Eglise ensemble, marcher ensemble ».
En réalité, toute autorité n’a de sens et de valeur que dans le service ; car, « c’est quand on sert que l’on commande mieux ». Il invite à cet effet les citoyens et surtout les responsables socio- politiques à soumettre leur autorité au devoir de servir. Tout ce cadre ne s’obtient que dans la mesure où l’“Autorité-Service’’ s’enracine dans la foi, la vraie foi, celle de l’Eglise. Il ne suffit évidemment pas de l’avoir, il faut la partager. La foi est un don spirituel qui ne s’accroît que lorsqu’elle est proclamée. L’ambiance de joie de tous a manifesté le nouvel élan que cette eucharistie a apporté.
ASSOGBA Romulus et NOUWAGOVI Richedor, Séminaristes