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Le dimanche 13 mai 2012, date commémorative du 4ème anniversaire du décès du cardinal Bernardin GANTIN, une messe à été célébrée à la Paroisse Saint Michel de Cotonou pour le repos de son âme. Cette messe présidée par l’Archevêque de Cotonou, son Excellence Monseigneur Antoine GANYE et concélébrée par une douzaine de prêtres, a connu la présence d’une foule de fidèles ainsi que les membres du gouvernement et à leur tête, le chef de l’Etat, le Docteur Thomas Boni YAYI.
A l’ouverture de la célébration, Monseigneur l’Archevêque, après avoir salué toute l’assemblée, a remercié chacun des participants à cette messe qui rappelle la mémoire de ce prélat béninois qui a servi l’Eglise universelle pendant des années et dont les œuvres et le dévouement continuent de faire la fierté de toute la nation.
Après les lectures et la proclamation de l’évangile, le vicaire général, le Père Philippe KINKPON a fait l’homélie. Une homélie essentiellement centrée sur « le véritable amour » comme le stipulent la deuxième lecture (1Jn4, 7-10) et l’évangile (Jn15, 9-17). Il a expliqué que l’amour est un mystère car l’amour c’est Dieu Lui-même. Et si Dieu nous demande de nous aimer les uns les autres, c’est qu’il nous appelle à le regarder, à le connaître. Donc la première démarche de l’amour vrai, c’est la recherche de Dieu, la connaissance de Dieu. L’exemple que Dieu nous donne de l’amour, c’est qu’il s’est révélé à nous en se donnant totalement. Pour connaître donc le Vrai Amour, il faut regarder le Christ. Le Christ, comme le dit Saint Paul, « n’a pas revendiqué le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est anéanti en prenant la condition de serviteur » en allant mourir sur la croix ; Jésus a tout donné. Devant la volonté de son père il a mis la sienne entre parenthèses ; il n’a pas cherché à faire prévaloir sa volonté, mais celle du Père. Tout ce qui le préoccupe c’est de contenter son Père et c’est là la démarche fondamentale de l’amour : rendre celui qu’on aime heureux. Le Christ a accepté et la volonté de son Père et celle des hommes qui ont voulu le faire mourir. C’est cela l’amour. C’est sur cette voie que Dieu nous engage. Pour aimer il faut laisser de côté sa propre volonté. Lorsque nous nous estimons être important nous n’allons pas aimer vraiment. « Aimer, c’est s’abandonner. Abandonner ses commodités, sa volonté et laisser celle de l’autre (la personne que l’on aime) d’être ». Mais quand l’homme s’observe, il se rend compte que c’est un peu difficile car nous tenons trop à nous-même ; nous tenons trop à nos intérêts alors que dans la démarche de l’amour, il faut les sacrifier pour l’autre. Le Christ en nous invitant à nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés, il veut que nous nous enracinions en lui ; car l’homme par ses propres moyens humains ne peut jamais aimer comme le Christ. Pour connaître l’homme et l’aimer vraiment il faut commencer par faire une place de choix au Christ dans son cœur. Si nous ne partons pas du Christ pour aller vers l’autre, nous allons nous projeter nous-même sur l’autre. Et tout en ayant l’illusion de l’aimer, c’est plutôt nous-même que nous voudrions voir à travers lui : c’est une démarche contraire à l’amour. Pour regarder l’autre, il faut d’abord regarder le Christ, c’est cela le vrai amour.
Après l’homélie, la célébration a suivi son cours jusqu’à la prière postcommunion. Avant le renvoi final, Monseigneur l’Archevêque a pris la parole pour expliquer qu’il s’en voudrait fort bien de ne rien dire avant la fin de la célébration, surtout compte tenu de ce qui le lie au cardinal. En effet c’est lui, le cardinal, qui l’a ordonné prêtre et évêque ; il y a donc un lien fort entre eux. Après avoir évoqué ce que le cardinal fut pour lui et pour l’Eglise Universelle, il nous a invités à ne jamais enterrer nos morts avec leurs vertus ; car pour lui, chaque être humain a des vertus qu’il ne faut jamais enterrer avec la personne, mais au contraire ces vertus nous devons les sauvegarder et à en faire nôtres.
La messe a pris fin aux environs de 12 heures avec le « Ite, missa est ».
René AGAINGLO