3 Novembre 2010

31ème SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE

« De la même façon, quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qui lui appartient, ne peut pas être mon disciple. L’expression est arrivée trois fois dans des contextes différents mais pour signifier la même chose : il s’agit de renoncer au monde, à sa famille et même à soi. Il s’agit au fond de n’être la propriété, l’otage de rien et de personne, de n’appartenir à rien, même pas à soi, mais seulement au Christ, en tant que son disciple. Beaucoup, en découvrant ce passage évangélique, en en faisant une lecture pour le moins fondamentaliste, ont pris leur famille et leurs proches comme les handicaps de leur évolution dans la vie spirituelle. L’Evangile de ce jour n’en dit absolument rien. Si le Christ a voulu naître dans une famille pour grandir et être soumis à l’autorité parentale, c’est parce que la famille est une chance pour la vie chrétienne.

L’Evangile de ce jour nous demande de nous asseoir pour évaluer les tenants et aboutissants de nos décisions, motivations et choix avant leur mise à exécution. Les exemples donnés par le Christ nous convainquent à souhait. Construire aujourd’hui n’est pas œuvre banale et aller en guerre suppose la mobilisation des moyens adéquats. De la même façon, choisir de suivre le Christ et le Christ est une décision lourde de portée. A travers ces deux exemples, le Christ souligne que pour vivre chrétiennement, pour construire l’édifice de notre vie chrétienne, il nous faut aller en guerre contre la précipitation. Il faut prendre le temps de s’asseoir, de réfléchir et de planifier. Choisir de suivre le Christ suppose que l’on vienne, entre autres commandements, à la messe dominicale. Il est certain qu’au lieu de se joindre à la communauté chrétienne, on peut aller jouer au ballon, faire du sport, dormir ou faire du magasinage. Par contre, venir à l’Eglise semaine après semaine est une façon de montrer que l’écoute de la Parole et la rencontre eucharistique ont une importance capitale pour nous. Celui qui se rend à la messe malgré ses nombreuses activités, malgré l’indifférence du milieu, témoigne du sérieux de son choix du Christ.

Malheureusement, beaucoup de nous chrétiens et chrétiennes n’ont pas encore choisi le Christ pour lui-même. Nos parents étaient chrétiens et nous ont transmis cette foi au biberon. Nous la pratiquons vaille que vaille, dans la foule de ceux qui suivent le Christ en ignorant que lui porte sa croix. Nous suivons le Christ pour nos intérêts et sommes prêts à l’abandonner dès la première difficulté. J’aurais tellement de cas concrets à partager avec vous, mais ce ne me semble pas le plus important. Nous devons mes frères et sœurs réactualiser notre foi en motivant notre adhésion au Christ et en ne suivant que lui seul. Suivre le Christ suppose qu’on s’asseye pour évaluer les moyens. Le plus puissant est l’Esprit du Seigneur que élève les humbles et rabaisse les humbles.

Il faut s’asseoir pour ne pas se mettre à genoux par la suite devant les idoles qui ont pour noms vitesse, performance, relativité, concurrence, paraître, superficialité, artifice, faux-semblant. S’asseoir pour prendre la mesure de soi-même et pour rechercher les ressources dans les pas de Jésus. Que l’Esprit nous tienne en son amour et dans sa vérité pour que fidèles au Christ malgré les épreuves de la route, rien ne nous éloigne de ce même Jésus, modèle de constance sur le chemin de la croix. Amen

P. Jean OUSSOU-KICHO

Publié le 3 novembre 2010.

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