
Ces derniers temps, sa santé faiblissait, sa démarche s’alourdissait. Pour ceux qui l’ont vu quitter Cotonou le 1er mars, ce n’était qu’un au revoir.
Tous le croyaient partir pour Rome, la Ville éternelle, alors qu’il partait pour le voyage éternel. Aujourd’hui 25 mars, solennité de l’annonciation, anniversaire du jour où il fonda les Servantes de l’Amour rédempteur du Christ, près de 400 prêtres, un millier de religieuses, 11 évêques du Bénin et du Togo, de nombreuses dignitaires et autorités de la ville de Porto-Novo, du diocèse et du Bénin et plusieurs milliers de fidèles, parents et amis ont entouré ses précieux restes à la cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception. Chacun passe dans son cœur le film du souvenir.
Certains se rappellent qu’après la messe des 10 ans du décès de Mgr Robert Sastre, le samedi 16 janvier 2010 à Lokossa,
Mgr Mensah est allé le dimanche 17 février à Azowlissé pour la fête des Wémènou.
La sœur Augustine Godonou, Sarc, se rappelle que le 24 février, elle est allée lui rendre visite dans sa résidence privée à Agoué. Mgr avait ce jour-là, quelques difficultés à entendre. Pourtant, il passe deux heures à prodiguer des conseils à la sœur sur l’éducation des filles en formation pour la pieuse association.
Malgré sa fatigue, le samedi 27, il présida une messe d’enterrement à Ifangni. A son retour, son frère, Saturnin Mensah et les sœurs de sa maison à Agoué, sœurs Marcelle Tchéhouénou, Gisèle Vignon et Rolande Bognanho, ont dû lui prendre un rendez-vous chez le Dr Médji pour une consultation. Mgr était content de retrouver son ouïe et sa gaité.
Le dimanche 28 février, veille de son départ, il mit, à ranger ses affaires dans sa chambre, un soin qui n’est pas de ses habitudes. Il était dans la joie, content de voyager. Il appelle les sœurs de sa maisonnée et leur parle longuement. Pourtant de temps à autre, il ponctue l’ambiance d’un air pensif rempli d’émotion. « Si en mon absence, un évêque venait à passer par ici, recevez-le avec ce gâteau et ces boissons qu’on nous a offerts », préconisa-t-il en entourant les sœurs de beaucoup d’affection. « Tout nous surprenait », confient les trois sœurs. Avant de nous séparer ce soir-là, nous sommes restés un moment à prier devant la statue de la Vierge Marie.
Le lundi matin, en partant, il dit aux sœurs : « Gardez bien la maison ; fermez bien le portail et les portes ». Puis il ajoute : « Au- revoir ».
C’est de chez son frère Saturnin qu’il parti ce soir-là pour se rendre à l’aéroport. Il fit le vol Cotonou-Paris avec Mgr René-Marie Ehouzou. Arrivés au petit matin à Paris, les deux prélats eurent l’opportunité de célébrer l’eucharistie du mardi 2 mars avec Mgr Yves Riochreux, dans une chapelle de Roissy, avant que Mgr Mensah ne poursuive sa correspondance vers Rome. Selon les dire de Mgr Riochreux, sa fatigue ne lui permit pas de participer entièrement à la réunion des Foccolari. Il est retourné le 9 mars à Paris pour se faire accueillir par ses neveux. Et le lendemain 10 mars au soir, il rendit l’âme dans la simplicité, assis dans une chaise, son bréviaire en main ouvert. Le 20 mars à Paris, une messe a été dite sur le coprs de Mgr avant que ses précieux restes ne soient rapatriés à Cotonou le mercredi 24.
Jeudi 25 mars 2010. 13 h 35. Le cercueil de Mgr Vincent Mensah descend dans le caveau de la cathédrale Notre-Dame de Porto-Novo. La dépouille mortelle de Mgr Mensah vient ainsi d’être mise en terre. Les évêques, l’un après l’autre bénissent la tombe du prélat défunt. Ils sont relayés par quelques prêtres et fidèles. Ainsi finit la célébration des obsèques de Mgr Mensah en sa cathédrale.